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A.S. Fanning - Take Me Back To Nowhere

Apres ER Jurken, voici A.S. Fanning. Autre artiste dont le prénom de scène a été réduit en abréviation de deux lettres. Autre artiste que je suis depuis son précédent album et dont je suis l’un des rares à le faire. Si la voix de ER est douce et mélodique, celle de A.S. est grave et profonde, en mode crooner. On pense beaucoup à Matt Berninger, le chanteur de The National. La musique est par contre nettement plus synthétique. "Take Me Back To Nowhere" nous ordonne-t-il sur ce nouveau disque. J’espère que ce n’est pas à cause de son insuccès chronique : le pauvre n'a même pas une centaine de vues sur Youtube. Quelle époque peut infliger un tel affront à un tel artiste ? Jusqu'à quel niveau va-t-on pousser le curseur de l'injustice ? Pourtant, si "Mushroom Cloud" avait une pochette avec fond rouge vif, celui-ci présente un bleu intense.  Le bleu est souvent synonyme de gaieté, de bonheur, d'avenir radieux. Sauf que le titre même de l'album va à l'encontre de cette image. A moins que pour Fanning, le bonheur ne soit tout simplement possible nulle part, ou un idéal toujours inatteignable. 
Si "Today is For Forgetting", le chanteur avoue être amoureux ("Now I'm in Love" ou "Romance"), même ça n'est pas facile tous les jours (ce besoin de "Western Medicine", l'excellent et rythmé "Idiot Leader"). Cet amour - peut-être le bleu de la pochette au final - lui donne envie de "Stay Alive". Mais si tout cela n'était qu'un mirage, un rêve dans lequel nous nous parlons à nous-mêmes ("Talking to Ourselves") ? Comme l'indifférence dont fait preuve A.S. Fanning ? L'envie en tout cas de continuer à soutenir encore et encore ce classieux irlandais.


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