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Collection Discogonie "The Idiot" de Iggy Pop et "Closer" de Joy Division

Dis donc, ça faisait longtemps que je ne vous avais parlé de cette formidable collection de petits livres sur le rock et sur ses disques cultes. Ça s’appelle Discogonie et il y a déjà eu plusieurs dizaines de bouquins sortis sur des albums allant de Melody Nelson à Rage Agains The Machine en passant par The Queen is Dead ou Pornography. Ces livres, compléments idéaux des disques, retracent le contexte qui a vu la naissance de l’oeuvre musicale, décrivent ensuite chacune des chansons, tant d’un point historique, sonore ou textuel pour finir par parler de la réception et la postérité de l’album. Ils ont aussi l’avantage de pouvoir être lus le temps de l’écoute ou presque. J’ai donc récemment complété un peu plus ma collection - de nouveaux qui s’annoncent passionnants sortiront d’ici la fin d’année "Blackstar" de Bowie, "Homogenic" de Björk ou "Forever Changes" de Love. Je me suis dit que je pouvais rassembler dans une même chronique "The Idiot" de Iggy Pop et "Closer" de Joy Division. Le point commun ? Tout amateur de rock qui se respecte sait - non ? - que Ian Curtis écoutait ce disque de l’iguane le soir de son suicide. Palem Candilier et Marc Besse n’en sont pas à leur premier ouvrage dans la collection Discogonie. Le premier est responsable des numéros sur l’album blanc des Beatles et le "In Utero" de Nirvana; le second, ancien journaliste aux Inrocks de la grande époque, sur "The No Comprendo" des Rita Mitsouko. 
Le livre sur Joy Division constitue avant tout un rappel toujours nécessaire de l’incroyable talent d’écriture de Curtis. Il me donne aussi envie de me replonger dans les films "Control" du photographe Anton Corbijn ou "Twenty-Four Hour Party People" de Michael Winterbottom, magnifiques témoignages fictionnelles d’une époque et d’une scène musicale inoubliables. Le premier film raconte en noir et blanc - forcément - le parcours météorite mais déchirant de Ian Curtis et son groupe. Le second, plus léger, englobe toute la scène de Manchester de la fin des années 70 au début des années 90, du label Factory Records à la salle de concert mythique de l’Hacienda, à travers la vie du journaliste Tony Wilson devenu héros local. 
Le livre sur Pop parle de la conversion de l’ex-chanteur des Stooges à tout un pan de la culture européenne par l’entremise de son ami Bowie : l’enregistrement aux studios du chateau d’Hérouville en France, la participation de deux musiciens français Laurent Thibault (Magma, Higelin) et Michel Santangeli (Dan Ar Braz, Higelin), le titre en référence au roman du même nom de Dostoievski, la pochette au tableau "Roquiarol" de Erich Heckel, l’influence musicale de Kraftwerk, etc. Iggy Pop s’intellectualise, sa musique se fait moins direct, on est loin des Stooges. Quelques mois plus tard, avec un Bowie un poil moins présent, il enregistrera un autre album, plus rock, magnifique pont entre les deux univers : "Lust for Life". Alors que la carrière d’Iggy était alors au point mort, "The Idiot" représente cette bascule, cette prise de risque, ce saut dans l’inconnu, quand on n’a plus grand chose à perdre et qu’une seule voie nous apparaît possible. Ian Curtis l’a malheureusement pris au pied de la lettre, de manière plus dramatique et définitive. 

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