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Michel Houellebecq & Frédéric Lo - Souvenez-vous de l'homme

On ne présente plus le premier, l’un des écrivains français les plus traduits au monde, controversé, aimant la provocation, jusqu’à flirter avec l’extrême droite ou tourner dans un porno amateur. On l’avait déjà retrouvé sur disque lors d’une collaboration avec Bertrand Burgalat pour le brillant et culte " Présence humaine " en 2000. Ses textes poétiques se marient bien avec la musique, ils ont leur mélodie, même s’ils sont juste déclamés. On connait un peu moins le second. Pourtant, c’est lui qui fut à l’origine du renouveau artistique de deux chanteurs attachants et en perte de vitesse, au bout du rouleau : d’une part, Daniel Darc, l’ex Taxi Girl avec le bien nommé " Crève coeur " en 2004, grand disque de chanson d’ici, et d’autre part, Pete Doherty, l’ex Libertines qui peinait à se renouveler avec un album élégant, à la classe délicieusement désuète. Les deux se seraient mis d’accord à l’écoute du " Psaume 23 " repris par Darc sur l’album susnommé. Houe...
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Geese + Westside Cowboy - La Cigale, Paris, le 7 mars 2026

La musique à papa s’inscrit un peu en mode vacances en ce moment. Mais je n’ai pas pour autant fait l’impasse sur le concert - ou plutôt les concerts puisqu’au regard du remplissage rapide une date et un lieu supplémentaire ont dû être rajoutés - des bobos New-Yorkais de Geese, annoncés presque partout comme l’avenir du rock. En première partie, on eût droit aux mancuniens de Westside Cowboy. On est arrivés un peu tard, loupant quelques minutes et pour une fois, je dois dire que j’ai regretté. Ça fait belle lurette que je n’avais pas vu et entendu une telle première partie, les 4 jeunes anglais dégagent une énergie et une maîtrise bluffantes. Une partie du public a l’air d’être venus aussi pour eux, à moins que ça soit simplement parce qu’en l’espace de quelques minutes, ils ont réussi l’exploit d’embarquer l’audience parisienne souvent réputée comme blasée. C’est évident que ce groupe va faire parler de lui, on n’assiste pas à une telle révélation tous les jours. Lors du dernier morce...

Gorillaz - The Mountain

Petite pause sur ce blog pour cause de vacances et retour avec, pour moi, l’un des disques les plus attendus de l’année. En effet, j’ai pris mes billets pour les aller voir pour la première fois lors du festival We Love Green qui aura lieu en juin prochain, tout près de chez moi. " The Mountain " est le neuvième album de Gorillaz, le meilleur depuis " Plastic Bleach ", ou au moins depuis " Song Machine ". Là où la plupart de leurs disques, à force de partir dans tous les sens, mariant quantités d’influences disparates, avaient souvent tendance à tourner en rond, celui-ci se montre nettement plus homogène avec une tonalité indienne prédominante et des thèmes recentrés autour de la mort. Il faut dire que la paire Jamie Hewett - l’homme derrière l’aspect graphique - et Damon Albarn - l’homme derrière la musique - ont tous deux perdus leur père récemment. Ils ont aussi tous deux été subjugués par un voyage en Inde. Le premier morceau éponyme purement instrumen...

Hen Ogledd - Discombobulated

Ils m’avaient enthousiasmés en 2020 avec le très copieux et complètement barré " Free Humans ". L’album s’était placé à la troisième place de mes disques de l’année , derrière les non moins frappadingues Dan Deacon ou The Avalanches. Et oui, en 2020, pour moi, la folie et l'énergie étaient de mise. En 2026, il faudra encore plus pour supporter une actualité pour le moins révoltante. Heureusement pour moi, les Abba (et oui, deux hommes, deux femmes aux tenues chamarrées) du prog folk sont de retour et ils sont toujours aussi givrés et imprévisibles. " Discombobulated " (déconcertés), c’est le groupe de Richard Dawson face au monde de post vérité (le superbe " Death in a post-truth world ") qui l’entoure.  " Discombobulated " c’est nous par rapport à leur musique, qui mélange des influences tellement variées qu’elles paraissent complètement noyées dans le maelstrom sonore. Hen Ogledd a inventé un style qui n’appartient qu’à eux. Ce nouvel album...

Luke Temple - Hungry Animal

Je me rends compte que je ne parle pas assez de ce chanteur, Luke Temple, ancien leader de Here We Go Magic. Depuis la fin (définitive?) de son groupe, j'avoue que j'ai quelque peu décroché sur sa carrière solo commencée il y a pourtant plus de vingt ans. Surtout qu'à l'écoute de cet excellent " Hungry Animal ", son huitième (!), je dois dire que je retrouve immédiatement le style de Here We Go Magic : cette propension à mettre en avant et soigner la rythmique, cette douce voix, ces mélodies limpides et enveloppantes. Comme des Talking Heads - inspiration revendiquée - en version chill, au groove souple. La qualité principale de Luke Temple, c'est ce talent naturel pour tricoter de jolis canevas sonores pour ses chansons. On garde le fil tout le long de ce nouveau disque, qui s'écoule facilement, bien agréable à l'oreille, même s'il perd progressivement en énergie. Pour nous amener vers le repos et la volupté.  En tout cas, voilà encore un albu...

Nashpaints - Everyone Good is Called Molly

Attention, voici un disque différent, étonnant. Déjà, le titre " Everyone Good is Called Molly ". Comme Molly Malone, poissonnière célébrée dans la chanson du même nom, hymne officieux de Dublin et repris par quantités d’artistes : The Dubliners , U2 ou Sinead O'Connor et même chez nous Renaud ou Hugues Aufray . Ça tombe bien puisque Nashpaints ou plutôt Finn Carraher McDonald - puisque c’est essentiellement cet homme qui se trouve derrière ce pseudo - est originaire de la même ville. Ensuite, il y a cette pochette floue d’une femme qui se maquille devant son miroir - Molly sans doute. La photo est dupliquée avec deux lumières différentes, les deux images se faisant face, comme dans un vrai miroir. Laquelle ment ? Laquelle dit la vérité ? Enfin, il y a cette musique tout aussi éthérée, brumeuse qui rapelle celle de My Bloody Valentine, autre groupe dublinois mais aussi plus récemment la pop lofi de Cindy Lee et de son brillant " Diamond Jubilee ". Il y a auss...

A.S. Fanning - Take Me Back To Nowhere

Apres ER Jurken, voici A.S. Fanning. Autre artiste dont le prénom de scène a été réduit en abréviation de deux lettres. Autre artiste que je suis depuis son précédent album et dont je suis l’un des rares à le faire. Si la voix de ER est douce et mélodique, celle de A.S. est grave et profonde, en mode crooner. On pense beaucoup à Matt Berninger, le chanteur de The National. La musique est par contre nettement plus synthétique. " Take Me Back To Nowhere " nous ordonne-t-il sur ce nouveau disque. J’espère que ce n’est pas à cause de son insuccès chronique : le pauvre n'a même pas une centaine de vues sur Youtube. Quelle époque peut infliger un tel affront à un tel artiste ? Jusqu'à quel niveau va-t-on pousser le curseur de l'injustice ? Pourtant, si " Mushroom Cloud " avait une pochette avec fond rouge vif, celui-ci présente un bleu intense.  Le bleu est souvent synonyme de gaieté, de bonheur, d'avenir radieux. Sauf que le titre même de l'album va à...