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Articles

Affichage des articles du mai, 2024

Fat White Family - Forgiveness Is Yours

Pendant que les plus chanceux - dont je faisais partie, j'en parlerais très bientôt - des amateurs de rock indépendant parisiens allaient tous à la grand messe de retour de la discrète prêtresse Beth Gibbons à la salle Pleyel, les autres se rabattaient sur le concert des frappadingues de Fat White Family à la Cigale. Je n'ai pas encore eu l'occasion d'assister à une de leurs prestations mais ce groupe est connu pour ses lives déments où presque tout semble pouvoir se produire. A défaut de pouvoir le vérifier, je vais donc continuer à parler de leur production discographique avec le dernier album en date, le dénommé " Forgiveness is yours ", plus maîtrisé et plus varié que jamais. Ceux qui croyaient - comme moi, j'avoue - que Fat White Family était juste un énième groupe de petits branleurs anglais bas du front sans talent particulier dont la carrière n'allait pas faire long feu, se sont bien trompés. On ne compte aussi plus les groupes parallèles (Inse

DEHD - Poetry

J'avais flashé sur DEHD - raccourci de Dead Eagles, Heavy Dreams, les précédentes formations des deux leaders Jason Balla et Emily Kempf - en 2019 sur la foi d'un clip complètement déjanté, " Lucky " et de son principal protagoniste, le flamboyant et hautement barré Alex Grelle, acteur de la plupart des réjouissantes vidéos du groupe. La chanson est de celles qui vous trottent immédiatement dans la tête, d'une efficacité remarquable. Et puis, le trio de Chicago a enchaîné avec d'autres disques, pas déplaisants mais dans lesquels je ne retrouvais pas la même fraîcheur. " Poetry ", déjà cinquième album de DEHD, est donc arrivé sans crier gare, en catimini. La formation est restée cantonnée à ce qu'elle sait faire : ces petites chansons pop courtes, bancales, aux mélodies souvent irrésistibles, mélange de quantités d'influences.  Pourvu que ça sonne et tant pis si c'est parfois kitsch. Sans renouveler ce qui est devenue leur marque de fabriq

Beth Gibbons - Lives Outgrown

Si on ne sait jamais quand - le dernier vrai album studio date de 2002, une éternité ! - on sait que la qualité sera forcément au rendez-vous. " Lives Outgrown " est une merveille et c'est une évidence que de le dire. On s'en doutait avant même de l'écouter. S'il fallait encore s'en persuader, les quelques morceaux jetés sur la toile avant sa sortie achevèrent de le faire. " Floating On A Moment " nous rappelle combien la voix de la chanteuse est un aimant à chaire de poule, même si son disque live où elle chantait la 3eme symphonie de Gorecki avait pu nous montrer les limites de ses capacités vocales. Beth Gibbons est une chanteuse de l'intime, elle n'est pas faite pour les foules, la grandiloquence, l'emphase, à l'image de sa discrétion et de sa timidité. Elle n'a pas son pareil pour nous toucher car on a cette irréfutable impression qu'elle chante uniquement pour nous, personnellement, venant nous susurrer ses chansons

The English Teacher - This Could Be Texas

Un groupe qui s'appelle English Teacher, il m'était presque impossible de ne pas en parler. Bah oui, c'est le métier de maman... Mais trêve de plaisanterie, le premier album de ce nouveau groupe britannique mérite évidemment bien mieux que ce clin d'oeil personnel. Mais pourquoi nommer son disque " This could be Texas " alors que toutes les influences semblent venir d'outre-Manche ? On y entend un peu de quelques nouveaux groupes récents : beaucoup de Black Country, New Road pour ses constants changements de rythmes et pour ses arrangements soignés (" Mastermind Specialism " et la plus évidente " This Could be Texas "), un peu de Dry Cleaning pour ce chanté-parlé un poil nonchalant et ses guitares acérées (" I'm not crying, you're crying ", " R'n'B "). Ça fait déjà un moment qu'English Teacher font parler d'eux - ils étaient chez nous, à la Route du Rock hiver 2022 - sortant régulièrement des

Vampire Weekend - Only God Was Above Us

Je profite cette fois des jours fériés et ponts du mois de mai pour rattraper mon retard de nouveautés. Vampire Weekend ? Voilà un groupe de pop qui fait une unanimité quasi générale, toute génération confondue. Parce que leur musique est lisse, sans danger, les mélodies sont faciles à retenir. Et on pourrait s'arrêter là, Ezra Koenig est aussi agaçant avec son physique de gendre parfait. Mais ce n'est pas si simple. Une fois n'est pas coutume, je vais parler d'actualités et de la guerre Israélo-Palestinienne, sujet glissant s'il en est. Les membres de Vampire Weekend sont des juifs New-Yorkais, leur précédent " Father of the Bride " parlait en sous-texte de la question actuelle de judéité. Sous ses abords polis et faciles, les textes de Koenig cachent en réalité plusieurs niveaux de lecture, en témoigne cet article . On y voit un juif questionnant la pertinence du mouvement sioniste, réflexion vite taxée chez nous d'antisémitisme, comme ici . Comment

Jessica Pratt - Here in the Pitch

Je vous avoue que j'ai un peu perdu le rythme ces derniers temps. Je me passionne moins pour les nouveautés et même pour la musique en général. Ça m'arrive parfois. Du coup, je suis moins régulier dans mes posts. Et je sais que ça me fait perdre les quelques rares lecteurs que je peux encore avoir. Car sur les réseaux sociaux et sur internet de manière globale et cela plus qu'ailleurs, il faut rester "visible" et pour ce faire, il faut publier encore et encore. Je préfère écrire quand l'envie me vient réellement et pour le nouvel album de Jessica Pratt, c'est le cas. Impossible de rester de marbre à son écoute. " Here in the Pitch " est son quatrième disque et plus ça va, plus sa musique se rapproche de l'épure totale. Impossible de connaître l'époque de ces chansons-là. Elles ont une classe folle et la classe n'a pas d'époque. On pense au Nick Drake de " Pink Moon " avec le son de Phil Spector. Jessica Pratt ressemble à

Lime Garden (+ Ha The Unclear) - Le Hasard Ludique, Paris - le 27 avril 2024

  C'est mon groupe du moment : les néo zélandais de Ha The Unclear - merci à William Peel pour la découverte. En plus d'écouter leur premier album, le réjouissant " A Kingdom In A Cul-de-sac ", il me fallait voir la formation en concert pour savoir si en live, le rendu musical était aussi bon. Nous ne fûmes pas déçus avec maman :  ces gars dégagent un capital sympathie naturel. Leur musique est un tourbillon de fraîcheur. Et pour une fois, on se rend compte que nous sommes allés à un concert pour la première partie. Bien sûr, la prestation fut bien trop courte. On se dit qu'on retournera assurément les voir si l'occasion se représente. En tout cas, cela nous a permis de découvrir aussi la salle du Hasard Ludique - oui, je sais, c'est un peu la honte tellement la programmation du lieu correspond pourtant à la musique que j'écoute, temple notamment de l'indie pop avec le festival Paris Popfest mais isolé du reste de l'offre culturelle, aux limite