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Affichage des articles du 2022

Panda Bear & Sonic Boom - Reset

" Reset " ? Pas vraiment aurait-on tendance à penser de prime abord. On reconnaît tout de suite Panda Bear dès les premières notes et le chant si caractéristique. Le génie mélodique derrière Animal Collective, c'est lui. Le style de Sonic Boom apparaît ici plus diffus, en filigrane. Les quelques arrangements psychés, c'est lui. Il faut dire que derrière le foisonnement sonore de Noah Lennox, le nom à la ville de notre Panda, difficile de se faire une place. Après le retour inespéré de son groupe à un niveau d'excellence avec " Time Skiffs " paru en février dernier, il en profite pour sortir un disque avec un ami de longue date. Les deux artistes se connaissent depuis plusieurs années, en tant que réfugiés en terre portugaise. L'ancien membre de Spacemen 3 n'a pas connu le même succès que son ex-compère parti formé Spiritualized pour le bonheur que l'on sait. La musique de Peter Kember est plus modeste que celle de Jason Pierce, mais ce n'

Nick Cave & The Bad Seeds, Kraftwerk, The Liminanas, Los Bitchos, DIIV, Aldous Harding, etc - Festival Rock en Seine - 26 août 2022

On ne pouvait pas finir l'été sans un festival. Bon ok, on avait été au Harbour Bristol Festival, mais celui-là était en plein centre ville, on n'y retrouvait pas vraiment l'ambiance d'un festival classique. On a donc joué au plus court de chez nous : Rock en Seine au parc de Saint-Cloud. D'autant que la programmation, cette année, était plutôt alléchante. On sentait que les programmateurs voulaient rattraper ces deux années perdues en raison du COVID. Le jeudi était dédié au rock pour "jeunes", même si peu d'entre eux écoutent encore du rock, avec la jeune garde britannique, Yard Act, Fontaines DC, Idles et comme tête d'affiche les valeurs sûres d'Arctic Monkeys. On avait plutôt choisi avec maman, le rock pour "vieux", avec la date du vendredi. Et oui, on assume complètement notre âge. On est arrivé presqu'à l'ouverture, en tout cas pour les premiers concerts. Les Bretons de Gwendoline - un rennais, un nantais, pour la paix

Aldous Harding - Warm Chris

On approche à grands pas de la rentrée et je n'ai pas encore eu le temps de faire une pause pour revenir sur les sorties musicales de 2022 dont je n'ai pas encore parlé. Heureusement, la programmation des festivals d'été permet parfois de réécouter des disques trop vite négligés. Je le dis déjà mais avec maman nous avons réservé de longue date notre journée du 26 août à Rock en Seine. Nick Cave et Kraftwerk pour le même prix, difficile de faire la fine bouche. D'autant qu'à côté de ces deux valeurs sûres, il est aussi prévu les Liminanas, Diiv et... Aldous Harding. Cette dernière a sorti en mars dernier son quatrième album intitulé " Warm Chris ", recueil de dix petits bijoux de pop soignée et déviante. On pense à une Cate Le Bon d'apparence plus légère. On s'inquiète en se demandant bien ce que ces miniatures pourront bien donner sur la grande scène du parc de Saint-Cloud. On les aurait plutôt écoutées dans l'écrin d'un lieu plus intimiste

Working Men's Club - Fear Fear

En ce moment, j'enchaîne les posts : un peu de temps libre mais une volonté surtout de rattraper le retard accumulé par les vacances. Et puis, l'actualité musicale est pour une fois loin d'être calme avec, en pleine période estivale,  quantité de nouvelles sorties. Si hier, je vous parlais de la claque Viagra Boys, aujourd'hui, c'est une deuxième sommation avec l'électro-rock aux rythmiques martiales de Working Men's Club. Si le premier album des mancuniens avait déjà créé le buzz avec quelques titres bien sentis et efficaces, il avait tendance à s'éparpiller, les amateurs de post-punk et de dark wave avaient parfois du mal à s'y retrouver totalement. Ce deuxième disque plus homogène, mieux produit, les propulse direct parmi les formations qui comptent. Pas de morceaux plus faibles ici, un son qui tabasse sévère mais plus subtil qu'il n'y paraît, très travaillé avec plusieurs couches de guitares et de synthé superposées.  En deux jours, voici

Viagra Boys - Cave World

Les Viagra Boys sont devenus en l'espace d'à peine deux ans - depuis le second disque " Welfare Jazz " sorti au début de l'année 2021 - l'un des meilleurs groupes de rock actuel. Ni plus ni moins. Si leur précédent album montrait déjà une belle maîtrise, mais avec des influences encore très marquées et assez dans l'air du temps, le revival "post-punk", " Cave World " est un incroyable bon en avant, une claque comme on en reçoit peu. Un truc qui pourrait rappeler tout de même le " Fun House " des Stooges, un rock complètement débridé, qui cavale à toute berzingue, en se fichant bien mal des étiquettes. Les Viagra Boys sont déjà sur le papier un groupe à part : un leader américain, Sebastian Murphy, ultra charismatique, tatoué de la tête au pieds, qui emmène une bande de suédois frapadingues, plus âgés qu'il n'y paraît. Leurs concerts sont paraît-il des expériences en soi, véritables déluges sonores, emportant tout sur l

Ghost Woman - Ghost Woman

Après avoir rattrapé mon retard au niveau des comptes-rendus de concerts, me voilà replongé dans les nouveautés musicales de 2022. Le premier album de Ghost Woman, alias le Canadien multi-instrumentiste Evan Uschenko est sorti au tout début du mois précédent. C'est un disque de pop psychédélique, à la cool, mais au son chaud très soigné. Je pourrais presque m'arrêter là et vous dire tout simplement de l'écouter. En plus, l'été est propice pour ce genre de musique. Mais je vais quand même développer un peu. Uschenko a pas mal roulé sa bosse au sein de différentes formations, notamment celle de son compatriote Michael Rault. Il a lentement peaufiné sa musique. On pense pas mal au son des guitares, à la voix de Deerhunter. Les titres sont dans l'ensemble plutôt tranquilles avec quelques explosions passagères, comme le tonitruant et trop court " Dead and Gone ".  En plus du mystérieux pseudonyme (pourquoi Ghost Woman?), la pochette est intrigante, elle évoque

Dean Wareham plays Galaxie 500 "On Fire" (+ Pam Risourié) - Paris, Petit Bain - 19 juillet 2022

On continue les revues de concerts. Celui-là, c'est peu dire que ça fait longtemps qu'on l'attendait - enfin surtout moi. 2 ans de dates constamment décalées. Il faut croire que Dean Wareham tenait vraiment à venir jouer à Paris. Beaucoup d'autres ont finalement fini par annuler face aux vagues successives de COVID. On a cru souffrir au Petit Bain un mardi 19 juillet de canicule. Mais point du tout ou si peu, la salle était climatisée. Ces trois heures furent donc une agréable parenthèse de fraîcheur même si le chanteur et son groupe ne sont plus de première jeunesse. Comment, d'ailleurs, fait Britta Philips, bassiste et compagne de Dean pour paraître naturellement si jeune ? Comment l'ancien leader de Galaxie 500 a-t-il réussi à garder sa voix d'adolescent plus de trente ans plus tard ? Mais avant le concert tant attendu, on eût droit à une formation française de shoegaze, Pam Risourié. Je ne m'appesantirai pas sur le groupe et sa musique. Les gars ont

The Blue Aeroplanes - Bristol, Bristol Harbour Festival - 16 juillet 2022

On continue la revue de nos concerts de l'été, avec le lendemain de la belle soirée en compagnie de Django Django et Belle and Sebastian, nous passions une heure dans l'après-midi et au même endroit avec les locaux de Blues Aeroplanes. Cette fois-ci, c'était gratuit et le public était plus hétéroclite. Ce groupe-là, je ne le connais vraiment que depuis quelques temps, mois seulement. J'avais déjà écouté quelques titres qui ne m'avaient pas transporté plus que ça et puis il a fallu que je jette une oreille à " Jacket Hangs" et ses guitares pour que je change considérablement d'avis sur eux. Bien sûr, plus de trente ans plus tard, la formation menée par Gerard Langley a pris un sacré coup de vieux, tant physiquement que dans le son un peu daté. Ce qui les rend différents, comme les Happy Mondays en leur temps, c'est que le groupe dispose en la personne de Wojtek Dmochowski, d'un danseur attitré sur scène et que c'est lui qui officie depuis le

Belle & Sebastian (+ Django Django) - Bristol, Harbour Bristol Festival - 15 juillet 2022

Beaucoup de comptes rendus de concerts en retard, en attendant d'écouter des nouveautés musicales. Le weekend du 14 juillet, nous sommes partis avec maman à Bristol, loin des réjouissances nationales et du sempiternel défilé de démonstration de nos forces françaises. Nous sommes tombés en plein festival, le Bristol Harbour Festival. La soirée d'ouverture, la seule payante, rassemblait une belle affiche, avec Django Django suivi des écossais de Belle and Sebastian, tout ça en plein centre-ville, sur une scène montée exprès pour l'occasion et tournant le dos au port. Étant en vadrouille toute la journée, nous avions dans notre sac quelques victuailles du cru, histoire de tenir le coup, surtout avec cette chaleur qui montera crescendo tout le weekend, atteignant à la fin des températures jamais atteintes ou presque là-bas. Bref, comme dans beaucoup de festival désormais, toute forme de nourriture et de boisson était prohibée sur le site. On a juste eu le temps de prendre nos j

Bertrand Belin - Paris, Festival FNAC Live - 1er juillet 2022

  Encore un post écrit bien longtemps après. Il faudrait tout noter à chaud, pour ne pas oublier. Ce dont je me souviens, c'est que c'était le jour de la fête de l'école primaire de notre fils, qu'on a dû tenir un stand, condition indispensable de participation imposée par l'intransigeante directrice. Je me rappelle aussi qu'on a dû quitter ensuite en vitesse notre poste pour filer à l'hôtel de ville de Paris. C'était dans le cadre du festival Fnac Live que nous avions rendez-vous avec l'ami Bertrand Belin. Nous avions pris les places trois jours avant, dès l'ouverture de la billetterie dans le magasin Fnac le plus proche de chez nous. Nous y étions allés tous les deux avec maman pour obtenir aussi des places pour les enfants, le nombre était limité à deux invitations par personne. Car oui, le festival est gratuit, idéal pour ne pas grever tout de suite le budget des vacances estivales. Le chanteur était le troisième artiste de la journée à se

Flasher - Love is yours

" Love is yours " est le deuxième disque de Flasher et j'avoue être passé complètement à côté du premier, " Constant Image ", sorti en 2018. Depuis, le bassiste a quitté la formation et le groupe se retrouve seulement un duo : la batteuse Emma Baker et le guitariste Taylor Mulitz. Leur musique s'est aussi adoucie, plus pop avec moins de guitares sales. Encore un groupe de dream-pop me direz-vous et ceux-ci ont en plus la chance d'évoluer chez Domino Records, label de rock indépendant majeur qu'on ne présente plus. Ça aide pour se faire remarquer. Sauf que Flasher a un talent indéniable pour trousser en deux-trois minutes des petites mélodies qui vous trottent dans la tête et des groupes qui sont capables de tenir sur la longueur d'un disque, il n'y en a pas des tonnes. Le groupe venant de Washington DC, ils en ont profité pour faire un clip pour illustrer le titre éponyme en mode DIY ("Do It Yourself") bien sûr où on les voit voler

The Dream Syndicate - Ultraviolet Battle Hymns and True Confessions

Le syndicat du rêve, voilà un joli nom de groupe. Celui-là existe depuis plus de quarante ans, a connu une longue période d'accalmie pendant les années 90/2000, et est revenu aux affaires il y a environ une décennie. Comme les rêves, on ne s'en souvient pas toujours. Ils sont parfois marquants, comme lorsque la formation est apparue au début des années 80 - le classique indé " The Days of Wine and Roses " - à Los Angeles, pas franchement la terre des fans du Velvet Underground, influence majeure revendiquée par Steve Wynn et sa bande. Puis, progressivement, ils ont disparu avec le courant musical, le Paisley Underground (Rain Parade, The Bangles), dont ils avaient été à l'origine. " Ultraviolet Battle Hymns and True Confessions " est déjà le quatrième disque de la deuxième vie du Dream Syndicate - dans l'intervalle, Steve Wynn s'était lancé dans une carrière solo plutôt discrète.  Il fait penser aux albums récents de Dean Wareham : mêmes influenc

Yard Act (+ Marcel) - Paris, le Trabendo - 11 juin 2022

C'est toujours difficile d'écrire un compte-rendu d'un événement plusieurs jours après. Les souvenirs ne sont plus aussi frais, immédiats. Les détails se sont parfois effacés, ont été oubliés. Or, chacun sait que c'est dans les détails que... Bref, Yard Act, nouvelle formation anglaise atypique, pas forcément pour leur musique influencée par le post-punk, comme beaucoup d'autres, mais pour leur parcours. Même si " The Overload ", paru en début d'année, est le premier album, les membres de Yard Act ne sont plus si jeunes. Ils font partie de ces trentenaires, quadras qui ont décidé un jour de quitter un boulot de bureau, souvent pour des multinationales. En quête de sens, ils ont subitement eu envie de vivre leur véritable passion. Ici, le rock. Et contrairement aux autres formations du genre, ils ont donc le recul avec ici pas mal de second degré. C'est maman qui, a eu l'envie, la première, de lâcher les enfants pour un soir. Pour une fois, on n

Genesis Owusu (+ Monjola) - Paris, le Badaboum - 7 juin 2022

Cette soirée fut la soirée des premières. Première fois au Badaboum, petite salle de concert pourtant proche de chez nous. Première fois qu'on assistait avec maman à un concert de rap (bah oui). La première partie, Monjola, était en effet un rappeur... Irlandais. (Et oui, ça existe). Il est arrivé sur scène après près d'une heure d'attente. Bon sang, si on avait su, on aurait mangé tranquilles à la maison avant de partir. Surtout que bien que gentille et sympa comme tout, la musique de Monjola, de manière prévisible, ne nous transporte pas des masses. Derrière une énorme table de mixage, on retrouve son frère (?) : pas d' (autres?) instruments - ça sera d'ailleurs la même chose pour le concert suivant. Le set dure à peine 30 minutes, le temps de quelques " Can I get a "yeah yeah " ?" ou "Can I get a f... you". Le public, autour de nous, a pourtant l'air emballé. Il faut dire qu'on fait grimper aisément la moyenne d'âge. Le

Horsegirl - Versions of Modern Performance

Et si Horsegirl était la réponse américaine à l'improbable buzz autour des anglaises de Wet Leg, dont on parle dans absolument tous les magazines de France et de Navarre jusqu'à des titres aussi inattendus que Okapi (et oui!) ? Bon, les photos du trio de filles de Chicago parlent d'elles-mêmes : on devine qu'elles n'ont pas le même charisme que leurs homologues britanniques, qu'elles paraissent introverties, moins affirmées. Comme leur musique, encore un peu amateur, moins produite, plus brouillonne. Pas étonnant qu'elles aient été signées sur Matador Records, label de Pavement ou Yo La Tengo, chantres éternels du lofi. " Versions of Modern Performance " est leur premier album, un peu bancal mais contenant quelques fulgurances comme " Anti-Glory ", " Dirtbag transformation (still dirty) ", " World of Pots and Pans ", des titres aux influences évidentes - en plus des deux groupes précités, on pourrait rajouter Sonic Yo

The Smile - A Light For Attracting Attention

Tiens donc, Thom Yorke qui monte un groupe avec Jonny Greenwood, fabuleux guitariste et comparse de toujours au sein de Radiohead, alias le plus grand groupe de rock de ces 30 dernières années et Tom Skinner, batteur des aventureux Sons of Kemet. On ne se pose même pas la question de la qualité musicale du résultat. Les gars ne sont pas habitués à décevoir. The Smile, drôle de nom, pour des artistes pas franchement connus pour la gaudriole. Vous entendrez tout à propos de ce " A Light For Attracting Attention " : que c'est le meilleur disque des membres de Radiohead en dehors de Radiohead, que c'est carrément le dixième disque de Radiohead. C'est sans doute vrai, mais peu importe. L'essentiel est de tenir une fois de plus, un compagnon au long cours, car même si on finit par connaître par coeur cette musique, elle continue de nous subjuguer et il faut y revenir de nombreuses fois pour en saisir toutes les subtilités - écoute au casque obligatoire. La productio

Suede - Paris, Salle Pleyel - 17 mai 2022

On ne va pas se le cacher : " Coming Up " n'est pas le meilleur album de Suede mais c'est le meilleur sans Bernard Butler. Le départ du guitariste prodige a scellé la fin du succès et de l'inspiration des deux leaders originaux de Suede, " Coming Up " excepté. Car, sans être aussi excitant que les deux précédents, le troisième album du groupe reste une remarquable usine à tubes glam-rock. Le concert du 17 mai à Paris à la salle Pleyel, plusieurs fois reporté en raison du COVID - bah oui, on l'aurait déjà presque oublié celui-là - était une soirée consacrée à ce disque, le premier dans la configuration actuelle du groupe avec le claviériste Neil Codling et le guitariste Richard Oakes en remplacement du seul Butler donc. Il est désormais assez habituel que d'anciennes formations en perte de vitesse et d'inspiration, se décident ainsi pour rameuter leurs vieux fans de rejouer un de leurs disques les plus unanimement partagés en intégralité. On n

Kevin Morby - This is a photograph

Celui-là, je l'ai délaissé depuis un moment, n'arrivant pas à retrouver dans ses albums successifs, l'émotion ressentie à l'écoute de " Singing Saw ", son meilleur disque de 2016. Pas de titres aussi forts que " I Have Been To The Mountain " ou " Dorothy ". Et puis, j'écoute " This is a photograph ", la chanson, sans trop y croire et c'est la claque. L'envie d'y revenir encore et encore. Un truc irrésistible, qui court, file droit au but, dès les premières notes et ne vous lâche plus pendant trois minutes trente. Bien sûr, les neuf autres morceaux ne sont pas au même niveau et on se surprend rapidement à en sauter quelques uns. Le disque n'a sans doute pas la constance de " Singing Saw " mais les deux autres titres disponibles en vidéo sur Youtube, " A Random Act Of Kindness " et " Rock Bottom " sont aussi très efficaces. Pas étonnant qu'il soit à la programmation de la prochai

Bertrand Belin - Tambour vision

2.13.0.0 Je l'ai déjà dit, je le redis : Bertrand Belin est tenu en très haute estime à la maison. Chacun de ses disques est donc attendu avec impatience par toute la famille. Le premier titre disponible sur le net, le génial " Que dalle tout ", avait de plus accentué cette impatience. Alors ? Quel est le verdict, après de nombreuses écoutes, car un album de Bertrand Belin ne s'apprécie qu'après une certaine maturation. Dans la continuité du précédent mais avec davantage de claviers, " Tambour vision " est un nouvel épisode passionnant de la carrière du chanteur, navigant à la fois en terrain connu et à la découverte de nouveaux horizons. Qui, dans la chanson française, peut faire rimer " Alléluia " avec " Be Bop a Lula " sans que cela sonne faux ou ridicule ? Qui, pour faire référence dans le même morceau à Magritte puis Beckett sans que cela fasse élitiste ? Si les paroles peuvent paraître une fois de plus absconses au premier abor

Fontaines D.C. - Skinty Fia

Je vous l'avais dit lors de mon compte rendu de leur concert au Bataclan il y a quelques temps : je n'attendais plus rien du troisième album des Irlandais de Fontaines DC, annoncés un peu partout comme le renouveau du rock, voire carrément comme le meilleur groupe de rock au monde, rien que ça. Leur deuxième disque m'ennuyait déjà, passé l'enthousiasme du premier essai " Dogrel " paru en 2019. Le nouveau a de nombreux arguments à faire valoir, c'est d'abord leur album le plus éclectique et le plus arrangé. Il contient au moins un simili tube avec " Jackie Down The Line " où le chanteur se met dans la peau d'une personne volontairement mauvaise. On retrouve aussi les références habituelles à leur terre natale. " Skinty Fia " et sa pochette évoquent l'extinction d'une variété de cerfs ayant vécu en Irlande et qui a disparu il y a longtemps, sans doute en raison de facteurs environnementaux : comme une métaphore de l'a

Grandaddy & The Lost Machine Orchestra - Paris, le Trianon - 20 avril 2022

Enchaînement de concerts avec un quatrième en trois semaines. Celui-là, je l'avais coché il y a quelques temps déjà. Mais maman n'étant pas grande amatrice du groupe, je l'avais mis en " stand-by " (" Bye-Bye ..."). Et puis, il aura fallu qu'au détour d'une soirée entre parents le sujet soit mis hasardeusement sur la table pour qu'on prenne nos places, à la dernière minute ou presque. Grandaddy, c'est la période bénie de la pop américaine au mitan des années 90-2000. Avec les Flaming Lips (le groupe existait bien avant mais leurs meilleurs disques sont sortis à ce moment-là), Mercury Rev et Sparklehorse. Un quatuor pour l'éternité et au moins quatre chefs d'oeuvres de suite : " Deserter's songs " en 1998, " The Soft Bulletin " en 1999, " The Sophtware Slump " en 2000, " It's a wonderful life " en 2001. On pourrait même rajouter Wilco en 2002. Ce soir-là, au Trianon, magnifique écrin

Dead Can Dance - Paris, le Grand Rex - 13 avril 2022

  Ce concert, ça fait longtemps qu'on l'attendait, surtout maman, je dois dire, en tant que fan de la première heure ou presque. Dead Can Dance, j'y suis venu beaucoup plus tard. C'est seulement la découverte assez récente de leurs disques des années 80, surtout de leur chef d'oeuvre de 1987, " Within the Realm of the Dyin Sun ", celui où la pochette correspond à la tombe d'un certain Raspail au cimetière parisien du Père Lachaise qui m'a fait changer d'avis. J'étais jusqu'ici assez hermétique à leur univers gothique et new age. La voix de Lisa Gerrard sur " Cantara " ou " Summoning of the Muse ", irréelle, semble venir d'un autre monde. Elle vous transperce, vous charrie d'émotions. Il est difficile d'y résister. Dead Can Dance donc, au Grand Rex, salle plus connue comme "plus grand salle de cinéma en Europe" que comme lieu de concerts. Un groupe qui perdure après quarante ans d'existence e

Daniel Rossen - You Belong There

  Grizzly Bear est sans aucun doute l'un des meilleurs groupes de rock indépendant apparu ces 20 dernières années, habitué à l'excellence depuis " Yellow House " en 2006. Malheureusement, le groupe est aussi de moins en moins productif, du moins ensemble, la durée entre deux disques ne cessant de s'accroître au fil du temps. On ne sait d'ailleurs pas s'il survivra au départ d'Ed Droste, ce dernier arrêtant carrément la musique pour devenir... thérapeute. De son côté, Chris Taylor est producteur à ses heures perdues (Dirty Projectors, Twin Shadow ou les regrettés The Morning Benders). En plus, après avoir monté un groupe parallèle, Department of Eagles, voilà Daniel Rossen, autre membre, qui s'essaie carrément en solo. Et le résultat, réalisé presqu'entièrement seul, est impressionnant de maîtrise, " You Belong There " est une petite merveille de folk symphonique.  On y retrouve le style Grizzly Bear, pas étonnant car Rossen, en plus d

Fontaines D.C. - Paris, Le Bataclan - 12 avril 2022

Parmi la pléthore de concerts actuels, rattrapage obligé de mois de confinement et d'interdiction de rassemblement, ce n'est pas forcément le groupe qu'on aurait été voir en priorité. Mais c'est un ami bien intentionné qui m'a transmis l'information : les Irlandais de Fontaines D.C. passaient en concert au Bataclan dans le cadre de l'émission de radio de Michka Assayas sur France Inter. Les places étaient donc à réserver sur internet uniquement sur invitation (ça ne se refuse pas). D'habitude, ce genre de plan s'avère frustrant car les places étant plus que limitées, elles partent en quelques minutes seulement avant qu'on réussisse même à se connecter sur la plateforme de réservation. Cette fois-ci fut une bonne surprise. Fontaines D.C., donc. Leur troisième album sort le 22 avril mais quelques titres sont déjà disponibles sur le net. Le premier disque m'avait emballé, le second nettement moins. Du coup, je ne sais pas trop à quoi m'atten

Wet Leg - Wet Leg

  Nouvel arrêt chez La Musique à Papa : j'avoue une certaine lassitude générale, les nouveautés musicales enfilées comme des perles interchangeables, pas différentes les unes des autres, ne déclenchant souvent chez moi qu'une timide approbation.  Ce duo féminin originaire de l'île de Wight, dont j'attendais la sortie de leur premier album depuis un moment, depuis l'irrésistible tube " Chaise Longue ", avait sur ses épaules le poids de m'y fait croire encore, d'effacer quantités d'écoutes au final décevantes. Wet Leg, c'est le nouveau buzz de l'indie rock, le premier depuis... Fontaines DC, Black midi ou Squid, tous produits par l'incontournable Dan Carey, patron du label Speedy Wunderground . Si les groupes susnommés ne sont pas vraiment des adeptes de la gaudriole et de la légèreté, prônant une musique complexe aux influences variées, celle de Wet Leg a l'avantage d'être d'une fraîcheur revigorante. C'est avec le f

Cate Le Bon (+ Mega Bog) - Paris, La Maroquinerie - 29 mars 2022

  2.13.0.0 Oulala, ça faisait si longtemps. Si longtemps qu'on n'avait pas assisté à un concert en salle, debout, sans masque. On n'osait presque plus y croire. Pour un retour, on devait choisir le meilleur. Et le meilleur du rock indépendant, du rock tout court, il ressemble fortement en ce moment à une Cate Le Bon, responsable en ce début d'année d'un magnifique nouvel album, " Pompeii ", un peu deçà de " Reward " disque de l'année 2019 ici-même et bien plus encore. Tout ça se passait à la Maroquinerie, petite salle perdue au beau milieu du 20eme arrondissement parisien. En première partie, nous avons eu droit à Mega Bog, chanteuse américaine à l'univers particulièrement atypique et assez heurté. Si le style étrange intrigue d'abord, l'absence de chansons réellement accrocheuses finit par nous rebuter, faisant perdre progressivement notre attention.  La fois précédente - nous avions déjà vu et entendu Cate Le Bon en conce