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Articles

Affichage des articles du 2022

Kevin Morby - This is a photograph

Celui-là, je l'ai délaissé depuis un moment, n'arrivant pas à retrouver dans ses albums successifs, l'émotion ressentie à l'écoute de " Singing Saw ", son meilleur disque de 2016. Pas de titres aussi forts que " I Have Been To The Mountain " ou " Dorothy ". Et puis, j'écoute " This is a photograph ", la chanson, sans trop y croire et c'est la claque. L'envie d'y revenir encore et encore. Un truc irrésistible, qui court, file droit au but, dès les premières notes et ne vous lâche plus pendant trois minutes trente. Bien sûr, les neuf autres morceaux ne sont pas au même niveau et on se surprend rapidement à en sauter quelques uns. Le disque n'a sans doute pas la constance de " Singing Saw " mais les deux autres titres disponibles en vidéo sur Youtube, " A Random Act Of Kindness " et " Rock Bottom " sont aussi très efficaces. Pas étonnant qu'il soit à la programmation de la prochai

Bertrand Belin - Tambour vision

2.13.0.0 Je l'ai déjà dit, je le redis : Bertrand Belin est tenu en très haute estime à la maison. Chacun de ses disques est donc attendu avec impatience par toute la famille. Le premier titre disponible sur le net, le génial " Que dalle tout ", avait de plus accentué cette impatience. Alors ? Quel est le verdict, après de nombreuses écoutes, car un album de Bertrand Belin ne s'apprécie qu'après une certaine maturation. Dans la continuité du précédent mais avec davantage de claviers, " Tambour vision " est un nouvel épisode passionnant de la carrière du chanteur, navigant à la fois en terrain connu et à la découverte de nouveaux horizons. Qui, dans la chanson française, peut faire rimer " Alléluia " avec " Be Bop a Lula " sans que cela sonne faux ou ridicule ? Qui, pour faire référence dans le même morceau à Magritte puis Beckett sans que cela fasse élitiste ? Si les paroles peuvent paraître une fois de plus absconses au premier abor

Fontaines D.C. - Skinty Fia

Je vous l'avais dit lors de mon compte rendu de leur concert au Bataclan il y a quelques temps : je n'attendais plus rien du troisième album des Irlandais de Fontaines DC, annoncés un peu partout comme le renouveau du rock, voire carrément comme le meilleur groupe de rock au monde, rien que ça. Leur deuxième disque m'ennuyait déjà, passé l'enthousiasme du premier essai " Dogrel " paru en 2019. Le nouveau a de nombreux arguments à faire valoir, c'est d'abord leur album le plus éclectique et le plus arrangé. Il contient au moins un simili tube avec " Jackie Down The Line " où le chanteur se met dans la peau d'une personne volontairement mauvaise. On retrouve aussi les références habituelles à leur terre natale. " Skinty Fia " et sa pochette évoquent l'extinction d'une variété de cerfs ayant vécu en Irlande et qui a disparu il y a longtemps, sans doute en raison de facteurs environnementaux : comme une métaphore de l'a

Grandaddy & The Lost Machine Orchestra - Paris, le Trianon - 20/04/2022

Enchaînement de concerts avec un quatrième en trois semaines. Celui-là, je l'avais coché il y a quelques temps déjà. Mais maman n'étant pas grande amatrice du groupe, je l'avais mis en " stand-by " (" Bye-Bye ..."). Et puis, il aura fallu qu'au détour d'une soirée entre parents le sujet soit mis hasardeusement sur la table pour qu'on prenne nos places, à la dernière minute ou presque. Grandaddy, c'est la période bénie de la pop américaine au mitan des années 90-2000. Avec les Flaming Lips (le groupe existait bien avant mais leurs meilleurs disques sont sortis à ce moment-là), Mercury Rev et Sparklehorse. Un quatuor pour l'éternité et au moins quatre chefs d'oeuvres de suite : " Deserter's songs " en 1998, " The Soft Bulletin " en 1999, " The Sophtware Slump " en 2000, " It's a wonderful life " en 2001. On pourrait même rajouter Wilco en 2002. Ce soir-là, au Trianon, magnifique écrin

Dead Can Dance - Paris, le Grand Rex - 13/04/2022

  Ce concert, ça fait longtemps qu'on l'attendait, surtout maman, je dois dire, en tant que fan de la première heure ou presque. Dead Can Dance, j'y suis venu beaucoup plus tard. C'est seulement la découverte assez récente de leurs disques des années 80, surtout de leur chef d'oeuvre de 1987, " Within the Realm of the Dyin Sun ", celui où la pochette correspond à la tombe d'un certain Raspail au cimetière parisien du Père Lachaise qui m'a fait changer d'avis. J'étais jusqu'ici assez hermétique à leur univers gothique et new age. La voix de Lisa Gerrard sur " Cantara " ou " Summoning of the Muse ", irréelle, semble venir d'un autre monde. Elle vous transperce, vous charrie d'émotions. Il est difficile d'y résister. Dead Can Dance donc, au Grand Rex, salle plus connue comme "plus grand salle de cinéma en Europe" que comme lieu de concerts. Un groupe qui perdure après quarante ans d'existence e

Daniel Rossen - You Belong There

  Grizzly Bear est sans aucun doute l'un des meilleurs groupes de rock indépendant apparu ces 20 dernières années, habitué à l'excellence depuis " Yellow House " en 2006. Malheureusement, le groupe est aussi de moins en moins productif, du moins ensemble, la durée entre deux disques ne cessant de s'accroître au fil du temps. On ne sait d'ailleurs pas s'il survivra au départ d'Ed Droste, ce dernier arrêtant carrément la musique pour devenir... thérapeute. De son côté, Chris Taylor est producteur à ses heures perdues (Dirty Projectors, Twin Shadow ou les regrettés The Morning Benders). En plus, après avoir monté un groupe parallèle, Department of Eagles, voilà Daniel Rossen, autre membre, qui s'essaie carrément en solo. Et le résultat, réalisé presqu'entièrement seul, est impressionnant de maîtrise, " You Belong There " est une petite merveille de folk symphonique.  On y retrouve le style Grizzly Bear, pas étonnant car Rossen, en plus d

Fontaines D.C. - Paris, Le Bataclan - 12/04/2022

Parmi la pléthore de concerts actuels, rattrapage obligé de mois de confinement et d'interdiction de rassemblement, ce n'est pas forcément le groupe qu'on aurait été voir en priorité. Mais c'est un ami bien intentionné qui m'a transmis l'information : les Irlandais de Fontaines D.C. passaient en concert au Bataclan dans le cadre de l'émission de radio de Michka Assayas sur France Inter. Les places étaient donc à réserver sur internet uniquement sur invitation (ça ne se refuse pas). D'habitude, ce genre de plan s'avère frustrant car les places étant plus que limitées, elles partent en quelques minutes seulement avant qu'on réussisse même à se connecter sur la plateforme de réservation. Cette fois-ci fut une bonne surprise. Fontaines D.C., donc. Leur troisième album sort le 22 avril mais quelques titres sont déjà disponibles sur le net. Le premier disque m'avait emballé, le second nettement moins. Du coup, je ne sais pas trop à quoi m'atten

Wet Leg - Wet Leg

  Nouvel arrêt chez La Musique à Papa : j'avoue une certaine lassitude générale, les nouveautés musicales enfilées comme des perles interchangeables, pas différentes les unes des autres, ne déclenchant souvent chez moi qu'une timide approbation.  Ce duo féminin originaire de l'île de Wight, dont j'attendais la sortie de leur premier album depuis un moment, depuis l'irrésistible tube " Chaise Longue ", avait sur ses épaules le poids de m'y fait croire encore, d'effacer quantités d'écoutes au final décevantes. Wet Leg, c'est le nouveau buzz de l'indie rock, le premier depuis... Fontaines DC, Black midi ou Squid, tous produits par l'incontournable Dan Carey, patron du label Speedy Wunderground . Si les groupes susnommés ne sont pas vraiment des adeptes de la gaudriole et de la légèreté, prônant une musique complexe aux influences variées, celle de Wet Leg a l'avantage d'être d'une fraîcheur revigorante. C'est avec le f

Cate Le Bon (+ Mega Bog) - Paris, La Maroquinerie - 29/03/2022

  2.13.0.0 Oulala, ça faisait si longtemps. Si longtemps qu'on n'avait pas assisté à un concert en salle, debout, sans masque. On n'osait presque plus y croire. Pour un retour, on devait choisir le meilleur. Et le meilleur du rock indépendant, du rock tout court, il ressemble fortement en ce moment à une Cate Le Bon, responsable en ce début d'année d'un magnifique nouvel album, " Pompeii ", un peu deçà de " Reward " disque de l'année 2019 ici-même et bien plus encore. Tout ça se passait à la Maroquinerie, petite salle perdue au beau milieu du 20eme arrondissement parisien. En première partie, nous avons eu droit à Mega Bog, chanteuse américaine à l'univers particulièrement atypique et assez heurté. Si le style étrange intrigue d'abord, l'absence de chansons réellement accrocheuses finit par nous rebuter, faisant perdre progressivement notre attention.  La fois précédente - nous avions déjà vu et entendu Cate Le Bon en conce

Destroyer - Labyrinthitis

Voilà un disque que j'écoute depuis de nombreuses semaines, magie de l'internet et de la fuite de plus en plus fréquente du matériel des maisons de disques. Il fallait sans doute ça pour apprécier ce nouvel album des Canadiens de Destroyer à sa juste valeur. Car, comme chacune de leur production, elle ne se laisse pas apprivoiser si facilement. " Labyrinthitis " poursuit le chemin emprunté par les précédents disques, on y retrouve un peu tout ce qui fait le style de Destroyer depuis la révolution " Kaputt ", album charnière, qui les a vus basculer dans une musique plus éthérée, étirée, planante, easy listening. Il y a ici des bribes de New Order, des Pet Shop Boys de " Behaviour ", des références eighties mais avec un son plus moderne qui permet d'éviter le kitsch.  Il y a des choses directes, évidentes, comme les irrésistibles " All My Pretty Dresses " ou " It Takes a Thief " mais ce sont les plus déviants et plus longs en

Pete Doherty & Frédéric Lo - The Fantasy Life Of Poetry and Crime

  Après une longue pause, faute de sortie musicale probante, me voilà de retour avec quelques nouveautés plutôt emballantes. On commence par le come back d'un rockeur qu'on croyait perdu, le genre de candidat idéal au triste club des 27, ceux qui vont trop vite, trop fort, qui se brûlent les ailes et meurent à 27 ans comme Jim Morrison, Brian Jones, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Kurt Cobain ou Amy Winehouse. Pete Doherty a d'ailleurs eu une relation avec cette dernière. Si elle a fini par sombrer corps et âmes dans la drogue, lui, s'en est sorti miraculeusement. Les Libertines, après une entrée en matière fulgurante - on ne se lasse toujours pas de leur premier et formidable " Up The Bracket ", classique rock du début des années 2000 - ont disparu rapidement des radars. Si tout réussissait alors au chanteur anglais - en couple avec la très médiatisée Kate Moss - le mode de vide "sexe, drogues et rock'n'roll" n'a qu'un temps et Doherty d

Beach House - Once Twice Melody

Le duo de Baltimore, maître absolu d'une dream-pop haut de gamme, est, comme beaucoup d'autres, sur le front musical en ce début d'année 2022. Comme s'il fallait rattraper le temps perdu par le COVID. Comme si le COVID avait aussi donné de l'inspiration à pléthore de formations. " Once Twice Melody " est déjà leur huitième album et il contient pas moins de dix-huit morceaux parus en quatre livraisons, la dernière datant du 18 février dernier. Les fans ont donc pu goûter progressivement aux nouvelles chansons de Beach House. Dès le premier épisode et les quatre premiers titres disponibles en novembre dernier, on savait qu'on tenait un grand album. Ils sont peu nombreux à tenir ainsi la longueur, gardant le cap sur près d'une heure et demie de musique. Après, il faut avouer que s'enchaîner le disque complet en une fois peut tout de même apparaitre comme de la gourmandise : trop de sucreries. Il est sans doute préférable d'y picor

Metronomy - Small World

" Small World " comme la rengaine de l'attraction de Disneyland " it's a small small world ", faisant référence au monde merveilleux de l'enfance, voilà le titre du nouvel album de Metronomy. Et c'est vrai que leur musique y est plus naïve, premier degré que jamais. Le propos est par contre moins léger : " Loneliness is on the run ", " Life and death ", " I have seen enough ", " I lost my mind ", autant de titres marqués par la pandémie, le confinement, le repli sur soi et les pensées sombres. Le disque est aussi beaucoup plus resserré que le précédent, le finalement décevant et trop long " Metronomy Forever ". Ici, 9 morceaux seulement, pop, frais comme les impeccables singles " Things will be fine " et " It's good to be back ". Joseph Mount n'a pas perdu la main. On y entend d'étonnants invités comme Porridge Radio sur l'irrésistible " Hold me tonight ",

Black Country, New Road - Ants From Up There

On ne s'attendait pas à ce que Black Country, New Road, nouveau fer de lance de la scène post-punk britannique sorte une suite aussi rapidement à leur brillant premier essai " For The First Time ". Un an tout juste plus tard, voilà déjà " Ants From Up There ". On ne s'attendait pas non plus à ce que leur charismatique chanteur et leader Isaac Woody claque la porte juste avant la sortie officielle du disque. On se demande d'ailleurs si la formation parviendra à résister à ce départ majeur. Surtout que son chant prend ici une assurance impressionnante. Pour l'instant, les six autres membres continuent comme si de rien n'était, annulant quand même de nombreuses dates de leur tournée. Dommage... On ne s'attendait pas non plus à ce qu'il y ait autant de différences entre deux albums sortis de manière aussi rapprochée. Si le premier était abrupt, sans concession, mais avec quelques longueurs. Le second est plus pop, mieux construit aussi, plein

Cate Le Bon - Pompeii

On continue les sorties de la semaine dernière avec le tant attendu - ici, en tout cas puisque son précédent était ni plus ni moins  mon disque préféré de l'année 2019 - nouvel album de la galloise Cate Le Bon. Celle dont le talent commence à se répandre de plus en plus dans le milieu puisqu'on l'a retrouvé à la production entre autres chez Deerhunter, John Grant ou à la basse sur le dernier Courtney Barnett. On l'appelle bien souvent pour sa capacité à arrondir le son, à aérer la musique, lui faire prendre l'air, pour y gagner en clarté. Car on sent que chez elle, rien n'est laissé au hasard, chaque note est réfléchie, à sa juste place, à sa juste hauteur. Les titres extraits (" Running Away ", " Moderation " ou " Remembering Me ")  de " Pompeii " et parus en avant première sur la toile promettaient une fois de plus le meilleur. L'écoute complète du disque confirme la qualité d'écriture, dans la continuité de l&#

Animal Collective - Time Skiffs

Je crois que je vais arrêter mon "disque de la semaine". Parce qu'il y a des semaines où la plupart des sorties musicales me laisse sur ma faim et puis d'autres où, au contraire, il y a de la nourriture raffinée à profusion. La semaine dernière fait partie de cette seconde catégorie avec, parmi ces mets de choix, le nouvel album d'Animal Collective, près de 6 ans après le précédent et un poil décevant " Painting with ". Il faut dire que depuis " Merriweather Post Pavilion " en 2009, apogée d'une trilogie formée par les tout aussi excellents " Feels " (2005) et " Strawberry Jam " (2007), la formation de Baltimore semble être rentrée dans le rang, incapable de se renouveler et de proposer une suite crédible à leurs passionnantes expérimentations d'autrefois. Et puis voilà que le confinement (et l'ennui ?) passe par là et que nos quatre histrions décident d'enregistrer à nouveau, mais chacun de son côté. La fusi

Yard Act - The Overload

  Ça y est, l'année musicale démarre enfin. Et plutôt de belle manière. Bon, ok, Yard Act ressemble à un énième nouveau groupe de post-punk anglais de plus. Vite écouté, vite oublié. Sympa, sans plus, me direz-vous. Recrachant plus ou moins intelligemment qui les rythmiques martiales de Gang of Four, qui le phrasé nonchalant d'un Mark E. Smith. A côté de la filière intello empruntant à des styles plus larges souvent en dehors de la sphère rock, tels les Blackmidi, Squid ou Black Country, New Road, les gars de Yard Act, formation originaire de Leeds, ont au moins un avantage, celui de ne pas se prendre au sérieux et d'être immédiatement accessibles. Il faut voir pour cela leurs clips complètement décalés.  Il y est aussi question de quotidien morose, de politique (à gauche forcément), de fins de mois difficiles, des classes populaires et laborieuses (tendance Ken Loach). Les sujets abordés ressemblent dans l'esprit à ceux des Sleaford Mods. " The Overload " est

Bonjour 2022 !

Bonne et heureuse année 2022 à toutes et tous ! Qu'elle vous apporte le meilleur ! Après avoir quitté 2021 sans plus de regrets, on se persuade une fois de plus que cette nouvelle année sera meilleure que la précédente. Déjà en matière de musique puisque c'est ça qui nous intéresse ici, c'est l'embouteillage de sorties qui s'annonce dès les premiers mois. J'en ai sélectionné 10 seulement mais jugez déjà ce qui nous attend, sans parler du rattrapage de 2 ans de concerts restés en jachère. Même si les semaines qui viennent laissent encore planer une grosse incertitude sur leur possible tenue...  Mais chaque chose en son temps, c'est encore l'heure des bonnes résolutions et des grandes espérances. A très vite ! Eels - Extreme Witchcraft, le 28 janvier Animal Collective - Time Skiffs, le 4 février Cate Le Bon - Pompeii, le 4 février Black Country, New Road - Ants From Up Here, le 4 février Beach House - Once Twice Melody, le 18 février Metronomy - Small Worl