Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du 2021

Little Simz - Sometimes I Might Be Introvert

Voici l'album dont toute la presse parle lors de cette rentrée 2021. Et pour une fois, je suis le mouvement. Pourtant, sur le papier, cela reste du rap, pas vraiment le genre de la maison. Mais attendez avant de passer tout de suite votre chemin, le producteur se nomme Inflo, celui qu'on retrouve derrière l'excellent projet Sault et aussi aux manettes entre autres des disques de Michael Kiwanuka (la magnifique chanson générique de la série " Big Little Lies ", c'est lui). Les arrangements sont ici nettement supérieurs à la production rap habituelle (pas près d'entendre ça chez nous, du côté de Jul, Booba et consorts et leur musicalité bas du front), de telle sorte qu'on n'a pas l'impression d'écouter un disque de rap. 19 titres avec quelques intermèdes et pourtant pas un seul remplissage.  Bien sûr, il y a des morceaux qu'on préfère aux autres :  l'incroyable " Introvert " en ouverture, qui annonce la couleur; " Littl

Niki Demiller - Autopsie de l'homme qui voulait vivre sa vie

Cet album est sorti il y a quelques temps déjà, en avril dernier. Mais à l'époque, il ne résonnait pour moi, pas de la même façon. " Septembre à nouveau ", voilà la vérité. Le premier titre dit déjà tout, la déprime du cadre qui, un jour, se rend compte de la futilité de toute sa vie professionnelle, de la carrière qu'il a pourtant mis du temps à construire. Ce sentiment, c'est en septembre que ça nous prend, parce que les vacances sont passées par là, qu'elles ont permis de "se déconnecter", un peu trop. Que la reconnexion ne paraît plus possible. Que la vérité n'est pas là, plus là. Le chanteur, Niki Demiller sait de quoi il parle, car c'est sa situation personnelle qu'il raconte ainsi. Son retour à ses premières amours, la musique, après une tentative vaine dans le milieu de ce qu'on nomme familièrement les bullshits jobs, tous ces métiers très bien payés qui n'apportent rien au commun des mortels, mais seulement qu'à une

Baptiste W. Hamon & Barbagallo - Barbaghamon

Quand deux des plus talentueux songwriters français actuels se rencontrent, ça ne peut produire qu'un excellent disque. Baptiste W. Hamon et Julien Barbagallo réussissent l'audacieux pari de réunir leurs deux univers assez différents pour en tirer le meilleur. Le premier s'inscrit à la fois dans une tradition de chanson française (Jean Ferrat) et de country musique américaine (Townes Van Zandt) à l'ancienne. Le second plus "moderne" marrie l'électro d'un Sébastien Tellier et la pop d'un JP Nataf, assez éloigné au final de Tame Impala et d'Aquaserge, deux formations dont il est pourtant à l'occasion batteur. Le disque est construit à l'image d'un diptyque : une partie est l'oeuvre de Baptiste W. Hamon (" J'écoute l'eau ", " Ils fument ", " Maria "), l'autre de Barbagallo (" Le jour viendra ", " Nous nous reverrons ", " Le bleu du ciel "). Qu'ils se retro

Clara Luciani - Coeur

Après une pause de plus de 2 mois, je recommence avec du Clara Luciani, histoire de larguer définitivement les rares lecteurs de ce blog. Même pas peur. Mais que m'est-il arrivé cet été ? Pourquoi d'un coup écouter cette "soupe populaire" ? Je dois d'abord avouer que pendant une semaine, j'ai dû écouter la radio, pour cause de problème de bluetooth dans l'autoradio de la voiture de location. Et franchement, je ne pensais pas avoir si peu d'affinités avec ce média-là. Hormis FIP, point de salut musical ou presque. On avait beau zapper, à la recherche d'un truc potable, on a rapidement eu l'impression de n'écouter qu'une seule chanson : " Le reste " de Clara Luciani. Ce truc passe partout, peu importe le style de la station : jeune, moins jeune. Alors oui, c'est un peu à cause des vacances que je vous parle aujourd'hui de cette chanteuse. C'est connu que l'été est souvent synonyme de relâchement intellectuel et c

The Go! Team - Get Up Sequences Part One

Après un léger rappel en commentaire de mon précédent post - et oui, je fonctionne comme les rockstars :-) - me voilà de retour aux affaires. J'avoue que cette fois-ci j'ai pensé fortement à laisser tomber ce blog. Parce que ça demande mine de rien du temps et un minimum d'investissement. Parce que j'ai de plus en plus de mal à m'enthousiasmer pour les nouveautés musicales. Oui, je deviens vieux. Il faudrait alors parler de vieilleries. C'est ce que j'envisageais alors, en me replongeant dans le son des décennies précédentes, cherchant les disques oubliés, les pépites cachées. J'en ai trouvé quelques unes. J'en ai pas encore parlé ici, mais je vais le faire. Je ne sais juste pas encore sous quel forme - un énième top ? En attendant, je me replonge quand même dans les disques de l'été. Près de trois mois sans écouter du son estampillé 2021 m'a sans doute fait du bien. Pour recommencer, il me fallait un album léger, de saison, un truc fun, ba

N0V3L - Non-fiction

Que celui ou celle qui sait à quoi correspond N0V3L me le dise. Décidément, certains groupes n'aiment rien qu'à prendre des noms tarabiscotés et pour le moins abscons. Rien de pire qu'un sigle, qu'une abréviation dont on ne sait à quoi cela fait référence. Vous avez dû tous expérimenter un premier jour dans un nouvel environnement de travail, faire la connaissance de vos futurs collègues et faire mine de comprendre leur charabia, leurs nombreux acronymes, comme s'ils allaient de soi, comme s'ils étaient connus de tous. Le message des canadiens de N0V3L n'est pas forcément limpide, on devine quand même les intentions et la vision plutôt sombre de notre société. " Offer consumption. A group disease. To ease despair. Submit - believe. No cross to bear. Repress the need. " nous assènent-ils sur " Group disease ". C'est noir, très noir. La musique est à l'avenant, très cold wave, en tout cas, beaucoup plus homogène que le disque de C

Marinero - Hella Love

Voilà l'été qui arrive. Ce disque a été écrit par Jess Sylvester, alias Marinero en référence à l'ancienne profession de son père, - marin - , en quittant son San Francisco natal. Il est emprunt de nostalgie, de douceur, de farniente, d'été donc. Les sons sont très référencés : musiques de films, tropicalisme, bossa nova, pop Gainsbourgienne ou Hazlewoodienne. Tout fait penser à l'insouciance des années 60. Voilà un disque à la cool qui passe crème, comme un Mojito au bord de la piscine, comme ceux de Chris Cohen, surtout le sublime " Overgrown Path " sorti il y a bientôt dix ans déjà, avec une pointe brésilienne en plus. Un disque fait sur mesure pour la sélection FIP ou la playlist France Inter - le côté sud-américain, ça fait plus ouvert que la seule pop californienne de blancs-becs. Un disque pour profiter au maximum des terrasses, mode plus répandue que jamais actuellement en France. Un disque qui devrait rencontrer le succès donc. Et pourtant, on sai

St. Vincent - Daddy's Home

  Celle-là, je crois que c'est la première fois que j'en parle. Pourtant, elle est devenue, au fil des années, une référence dans le petit milieu du rock indépendant, chassant de plus en plus sur les terres du mainstream, mais toujours avec ce côté non convenu, ces mélodies et ces sons alambiqués. Annie Clark a décidé de fêter sur ce nouvel album le retour au bercail de son père, après quelques années passées derrière les barreaux pour malversations financières. " Daddy's home ", le message est clair. Elle en profite au passage lors d'interviews pour la promotion de son disque pour égratigner le système judiciaire américain, pas afin d'innocenter son père, le sachant au contraire privilégié par rapport à une communauté afro-américaine systématiquement accusée dans de nombreuses affaires. Mais revenons à ce qui nous intéresse en premier lieu : la musique. Pourquoi maintenant et pas avant ? Parce que ça devait se faire à un moment donné, cette rencontre. Oui

Squid - Bright Green Field

  Est-ce que tous ces nouveaux groupes britanniques tels que blackmidi, Black Country, New Road ou Squid sont en train d'inventer le rock du futur ? En tout cas, c'est ce que d'aucuns disent. Pourtant, on entend la plupart du temps beaucoup les influences : le post-punk, le krautrock, le tout saupoudré d'un tantinet de jazz, de musique du monde selon le cas. Si la musique des deux premières formations suscitées m'a soit rebuté, soit laissé assez indifférent, celle des Londoniens de Squid me paraît la plus intéressante, car en même temps plus accessible - toute proportion gardée - et plus subtile. Ce " Bright Green Field " promet assurément de longues heures d'écoute. A l'image des plus de huit minutes particulièrement oppressantes du titre " Narrator " qui finissent de nous achever par KO. La construction des chansons n'évoquent rien d'habituel : pas de couplet, pas de refrain, une liberté de structure propre au jazz, une rythmiq

Katel - Mutants Merveilles

Retour à la chanson d'ici, qui, décidément, reste en pleine forme, malgré le contexte morose. Après les beaux disques de Chevalrex, Feu! Chatterton, François and the Atlas Mountains, La Femme ou Françoiz Breut, voici celui de Katel. La chanteuse est une habituée de l'ombre, souvent à la réalisation ou aux arrangements derrière d'autres artistes (Maissiat, Robi). Elle a créé son propre label, FRACA !!! avec Robi et Émilie Marsh, histoire d'aider quelques jeunes pousses (Angèle Osinski) à éclore ou des valeurs plus sûres (Superbravo, nouvelle formation d'Armelle Pioline) à continuer d'exister, essentiellement féminines. Le but est comme souvent d'être plus fortes à plusieurs.  " Mutants merveilles " est une nouvelle preuve de ses multiples talents : talent de composition évidemment mais aussi talent pour bien s'entourer (Bonbon Vodou, Julie Gasnier, Lucie Antunes), talent pour mélanger les styles, les ambiances et former malgré tout un ensemble t

E.R. Jurken - I Stand Corrected

Attention, chef d'œuvre ! Bon, ok, je le dis trop souvent ? Ça n'a plus de valeur? Sauf que là, quand même, quel disque ! Un truc sorti de nulle part sur Country Thyme , un tout nouveau label de la maison Drag City (Jim O'Rourke, Joanna Newsom, Pavement, Ty Segall, Stereolab, Silver Jews, etc), créé exprès pour l'occasion, histoire de faire un bel écrin pour cette si délicate chose. E.R. Jurken ? Qu'est-ce que c'est que ce nom ? Le gars ne fait déjà rien pour qu'on se rappelle de lui ! Mais quelle voix ! Dès les premiers titres, on est subjugué. Les chansons toutes courtes s'enchaînent, toutes pareilles, toutes différentes. Quelques instruments qui ne semblent être là que pour en mettre en valeur ces belles vocalises, ces splendides mélodies.  Que sait-on de son auteur ? Pas grand chose. Très peu d'informations sont disponibles sur le net. Nous voilà revenus des années en arrière quand nous découvrions un artiste sans rien en savoir, juste sa musi

Cory Hanson - Pale Horse Rider

Vous ne connaissez pas Cory Hanson ? C'est le chanteur du groupe de rock psychédélique Wand. Toujours pas ? C'est un ami de Ty Segall. C'est mieux ? Comme son pote, Hanson semble avoir ingurgité 60 ans d'histoire du rock, à l'aise, il y pioche au fil des disques avec son groupe ou en solo, ce que bon lui semble. Sur ce " Pale Horse Rider ", on y entend un Thom Yorke qui se serait mis à la folk musique orchestrale et sensible. Bien sûr, il reste de ci de là quelques guitares électriques, un peu planantes, pas éloignées du Pink Floyd des années 70, comme sur le titre " Another Song From The Center " où Hanson joue même au guitar hero. Si ces influences sont sérieuses, le chanteur ne semble pas l'être totalement. Il suffit pour cela de voir les clips ou les photos de lui disponibles sur la toile. Que signifie ce visage rose bonbon ?  Un tel bagage musical doublé d'une telle maîtrise technique, quand c'est exécuté avec cette apparente no

Collection Discogonie "The Smiths - The Queen is Dead"

Il manquait des livres à lire en écoutant nos disques préférés. Des livres qui ne nous déconcentreraient pas d'une écoute attentive, mais au contraire, nous permettraient une plus grande immersion dans la musique, en y connaissant les origines, le contexte, la fabrication, la volonté sous-jacente des artistes. Depuis plusieurs années, une maison d'édition Rouennaise, Densité , sort régulièrement des petits livres qui parlent ainsi des disques. En plus, ce sont des disques souvent vénérés ici même. Cette collection s'appelle Discogonie . Le premier, c'était " Pornography " des Cure. Le dernier en date et déjà 18ème est sur " The Queen Is dead " des Smiths. Ces livres courts peuvent presque se lire le temps du disque. Ils commencent par resituer l'album dans son époque, dans la carrière du groupe ou de l'artiste - généralement, il s'agit de leur meilleur. Ensuite, le style est expliqué en détail (musique, texte, personnalités, message, loo

Françoiz Breut - Flux Flou de la Foule

Nouvelle attente avant d'écrire ici et pourtant, là encore, le disque ressemblait à une évidence, eut égard aux titres déjà disponibles en ligne, les excellents " Juste de passage " et " Mes péchés s'accumulent ". Le titre de l'album est étrange, " Flux flou de la foule ", un jeu sur les mots, un virelangue, pour dire la primauté de notre individualité, ce qui fait notre différence, par rapport aux généralités, au prêt-à-penser dont on nous abreuve, pour que nous ne soyons plus qu'une foule, floue, un flux déshumanisé. Pour ce nouveau disque, la chanteuse a fait appel à Marc Mélia, talentueux metteur en son bruxellois. Il en ressort une œuvre complexe et riche, où tout semble avoir été longuement peaufiné, tant au niveau des textes, parmi les plus beaux de Françoiz Breut, que de l'habillage des chansons.  Voilà une artiste qui s'est fait connaître au milieu des années 90, par l'intermédiaire de son compagnon de l'époque,

La Femme - Paradigmes

Une fois de plus, j'ai tardé à écrire. Pas que j'ai hésité pour mon disque de la semaine du 2 avril. Non, ça faisait un moment que j'avais repéré ce troisième album de La Femme. Si le premier m'avait plu, le deuxième déçu, celui-là m'emballe carrément. Et oui, je sens que je vais perdre du monde en route en disant ça. La Femme, c'est pas très rock indépendant. Assez différent de ce que j'ai l'habitude d'encenser ici, trop commercial, trop djeun pour un papa. La crise de la quarantaine, toussa, toussa. Je reconnais que les duettistes biarrots, adeptes de la planche, Sacha Got et Marlon Magnée, les deux compositeurs, peuvent sévèrement agacer, prétentieux et trop légers, même si leurs paroles restent empreints de noirceur. Mais La Femme, c'est aussi et surtout la musique : foutraque, bancale mais incroyablement addictive et jouissive. " Foutre le bordel ", voilà le leimotiv, quitte à sembler basique et un peu bas du front. On est bien loi

Xiu Xiu - Oh No

C'est un paradoxe : il aura fallu attendre un confinement, un repli imposé sur soi pour que Jamie Stewart, leader torturé de Xiu Xiu, retrouve confiance en l'humanité, se sente plus à l'aise au milieu des autres. " The guest stars of OH NO reflect the types of people, and many of the very same, who helped remind me that the ratio of beautiful humans to shitty humans is more like 60/40 rather than what I have always assumed was 1/99 " nous dit-il. “ Although there is an ‘I HATE PEOPLE’ pin on my guitar strap, I hate them less now ." Sur ce nouvel album " Oh No ", il n'a, en effet, jamais été aussi (bien) entouré. Chaque morceau est chanté en duo, même si pour " Fuzz Gong Fight ", c'est Angela Seo, membre permanent de Xiu Xiu depuis 2009, donc la famille proche, qui s'y colle.  C'est tout le rock indépendant excentrique, sombre et en marge qui s'y est réuni. Mention spéciale pour " Sad Mezcalita " avec Sharon

William Doyle - Great Spans of Muddy Time

Il va falloir que ça se sache : William Doyle est l'un des plus brillants songwriters anglais de l'époque. Son nouveau disque, " Great Spans of Muddy Time " le prouve une fois de plus. Après des débuts prometteurs sous le pseudo de East India Youth,  plutôt bien relayés par les critiques musicaux - avec une nomination au Mercury Prize au passage -, l'homme a progressivement disparu des radars pour revenir un peu dans la lumière il y a deux ans sous son propre nom par l'intermédiaire d'un certain Brian Eno venu prêter main forte et avec lequel la filiation paraît évidente. Doyle poursuit une œuvre protéiforme, tantôt pop, mélodique et immédiatement accessible, tantôt électronique, complexe et expérimentale. Ce nouvel album n'échappe pas à cette ambivalence, alternant les textures limpides et celles plus revêches, proches des travaux solo d'un Thom Yorke, par exemple.  Cet apparent manque de cohérence est le défaut principal qu'objecteront une f

Feu! Chatterton - Palais d'argile

Cette semaine, difficile de passer à côté du nouveau disque de Feu! Chatterton. Il faut dire que la semaine est assez pauvre en autres sorties marquantes, comme si l'actualité devait forcément dérouler le tapis rouge à ce groupe de chanson/rock français, consécration validée par un Olympia à l'automne prochain, rempli en quelques jours, malgré la pandémie. Il faut dire aussi que le single annonciateur de l'album, " Un monde nouveau " est un titre fédérateur, calibré pour marquer son époque. " Un monde nouveau, on en rêvait tous... ", voilà quelque chose qui peut être partagé par tout le monde, pour différentes raisons.  " Palais d'argile " est le troisième album de Feu! Chatterton, comme " OK Computer " fut le troisième de Radiohead. Il n'y a peut-être pas grand chose de commun entre les deux formations qui naviguent dans des eaux dissemblables. Pourtant, le fond est assez proche, il s'agit de notre monde moderne, déshum

Arab Strap - As Days Get Dark

Voilà un groupe que j'ai découvert avec beaucoup de retard, il y a seulement quelques années. Il faut dire que la musique de Arab Strap est une musique pour adulte, dans tous les sens du terme : par les textes crus, par la musique sombre et pas fun pour un sou. Une musique qui, à la fin des années 90, ne correspondait pas vraiment à mes attentes de jeune homme. On était sans nouvelles discographiques d'eux depuis plus de quinze ans. Mais on sait depuis quelques temps que le duo - Arab Strap, c'est en fait le parolier Aidan Moffat, une des plus brillantes plumes de l'indie rock anglais de ces trente dernières années et son parfait pendant, le multi-instrumentiste Malcolm Middleton - s'était reformé, se produisait à nouveau en concert et composait de nouvelles chansons. Les voici donc réunies ici, dans ce qui ressemble à leur meilleur album, le plus mélodique, le plus immédiat, le plus constant, le plus travaillé. Les écossais semblent avoir atteint une certaine plé

François and The Atlas Mountains - Banane Bleue

A la première écoute du single " Coucou ", je me disais que ce nouveau disque de François and The Atlas Mountains allait pour une fois me décevoir. Le clip comme la chanson m'énervaient un peu pour leur préciosité un peu vaine. François Marry me paraissait faire du Julien Doré, se regardant chanter et se trouvant beau. Et puis, pour me convaincre entièrement de la superficialité du truc, je me suis quand même plongé dans " Banane Bleue ".  Là encore, le titre de l'album improbable comme la pochette un poil narcissique ne me disent rien qui vaille. Et puis, la musique a fini à force d'écoute par me faire changer définitivement d'avis. Oui, François and the Atlas Mountains mérite son succès critique comme d'être toujours le seul français signé sur l'excellent label anglais Domino Records . J'en parle au singulier car pour une fois on sent un disque écrit par François Marry, sans ses montagnes de l'Atlas. Un disque plus pop, mélodique,

Lael Neale - Acquainted With Night

Il y avait pourtant le nouvel album des Tindersticks cette semaine-là. Mais c'est cette chanteuse inconnue qui a emporté la modeste mise de mon disque de la semaine. Lael Neale est originaire de Virginie, elle y a grandi dans une ferme, loin de la ville et de ses lumières. " Acquainted With Night " est son deuxième album, six ans après le précédent. Comme son nom l'indique, c'est un album à écouter le soir, dans le calme, juste avant de s'endormir, juste avant d'éteindre. Les chansons de Neale sont de jolies comptines, sobrement arrangées avec un omnichord, ce drôle d'instrument japonais des années 80, l'équivalent électronique et kitsch de l'autoharpe. Elle a pour cela été aidée par Guy Blakeslee, fidèle compagnon d'armes, qui officiait autrefois sous le pseudo de Entrance mais qui vient de sortir, il y a quelques semaines, un disque sous son vrai nom.  Les deux partagent les 4 clés Télérama ( ici et là ) et surtout la même capacité à co

Django Django - Glowing In The Dark

  On ne va pas se cacher, ce nouveau disque de Django Django, leur quatrième n'invente rien. Il bénéficie aussi d'une semaine un peu creuse : les sorties musicales du 12 février - oui, j'ai encore un peu de retard - apparaissent moins fortes, moins évidentes et surtout moins nombreuses que les précédentes et que celles à venir. " Glowing In The Dark " tire donc son épingle du jeu, me rappelant au bon souvenir de leur premier album éponyme paru en 2012 qui avait, à l'époque, fait l'effet d'une petite bombe. Les anglais, 9 ans plus tard, continuent à faire ce qu'ils savent si bien faire, ce mélange d'électronique et de rock mélodique, accrocheur, d'une redoutable efficacité. On retient ainsi bien sûr " Spirals " déjà remixé par MGMT , l'imparable " Glowing In The Dark " ou " Waking Up ", chanson en duo avec Charlotte Gainsbourg, capable de ratisser une plus large audience, mais aussi des titres moins évidents

Philippe Cohen Solal & Mike Lindsay - Outsider

Henry Darger était ce qu'on appelle un artiste "outsider". Il a oeuvré toute sa vie dans l'ombre. Ses travaux n'ont été découverts qu'à sa mort, en 1973. C'est avant tout " Vivian girls ", un récit épique de plus de 15 000 pages racontant une histoire de princesses, d'esclavage, de guerres, peuplée de tout un tas de personnages imaginaires, tantôt morbides, tantôt enfantins. Elle est accompagné d'aquarelles, collages, dessins en tous genres et inspirée par l'univers des comics. Depuis sa mort, son oeuvre fait l'objet d'un culte grandissant. On l'a retrouvée exposée dans de nombreux musées d'art moderne, à Chicago, sa ville natale, New-York ou Paris. Cette fois-ci, c'est le compositeur français Philippe Cohen Solal, fondateur de Gotan Project, touché par cet artiste maudit, qui a décidé de faire un album complet autour de son univers.  Il a pour cela fait appel à quelques amis : Mike Lindsay, leader des folkeux an

The Notwist - Vertigo Days

De ceux-là, ça faisait longtemps qu'on attendait de vraies nouvelles discographiques, un nouvel album. Depuis " Close To The Glass " paru en 2014, pour la sortie duquel nous avions été voir le groupe en concert lors d' un périple à Amsterdam avec maman. Il nous a fallu patienter six ans, même s'ils ont égrené quelques titres annonciateurs, sur le net, depuis quelques mois. The Notwist, ce sont en quelque sorte, les Radiohead allemands, un groupe aux disques soignés, à la production aux petits oignons, un son qui vous emporte, mariant brillamment les machines et les guitares. " Vertigo Days " ajoute un nouvel épisode captivant et constitue déjà une des plus essentielles virées sonores de 2021. On y trouve quelques morceaux profondément pop, aux mélodies limpides et directes dans l'esprit de l'éternel " Neon Golden " (" Where You Find Me ", " Sans Soleil ") et puis d'autres plus aventureux qui les font sortir de l

Chevalrex - Providence

On enchaîne déjà avec l'album de la semaine du 22 janvier 2021 : le quatrième disque de Chevalrex, " Providence ". Comme une évidence. Les deux précédents avaient connu les honneurs de mes classements de fin d'année en 2016 (" Futurisme ") et 2018 (" Anti Slogan "). Qu'en sera-t-il de celui-là ? On retrouve le même talent mélodique, avec moins d'instruments classiques et plus de synthés, les mêmes textes mélancoliques mais qui paraissent encore plus personnels. " Les heures rouges de ton enfance reviennent là ." chante-t-il sur " Providence ", la chanson, comme une allusion non feinte au pays natal (russe) de son épouse. Car Rémy Poncet s'est marié l'an passé. La photo de la pochette a d'ailleurs été prise à ce moment-là, aux Antilles, alors qu'il devait avoir lâché le costume. " J'étais le petit prince, le petit roi, c'est vrai, mais maintenant oublions ça " nous avoue-t-il encore sur