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Articles

Affichage des articles du octobre, 2019

Alain Souchon - âmes fifties

Sur la pochette, il a l'air fatigué. Dans ses dernières déclarations, il semble complètement dépassé, oubliant en partie, ce pourquoi son public le suit depuis des années. Lui, qui refusait de manger à n'importe quelle soupe populaire et rêvait de plus belles choses. "Foule sentimentale", voilà la chanson qui, croyait-on, allait le suivre jusqu'au bout, parce qu'elle résumait le personnage : cette mélodie immédiate, ce texte sensible, simple et direct. Cette chanson populaire dans le sens le plus noble du terme, paradoxalement anti-société de consommation. On peut reprocher les flots de haine déversés par les réseaux sociaux, mais on ne peut nier qu'en encensant de manière à peine voilée Macron, Souchon renie une grande partie de sa carrière, comme une violente traîtrise faite à ses fans les plus ardents. Le comble, c'est que le chanteur ne semble même pas s'en rendre compte. Tristesse de la vieillesse ou jeu d'acteur enfin percé à jour après…

Baden Baden - La Nuit Devant

Ça faisait déjà 4 ans qu'on était sans nouvelles discographiques du duo parisien Baden Baden. 4 ans depuis leur "Mille éclairs" qui avait enchanté ici même et que j'avoue, à tort, avoir un peu oublié. "La nuit devant" frappe au moins aussi fort que son prédécesseur, avec des notes plus électros et sombres comme une version mélancolique de O alias Olivier Margerit ou un mélange entre Syd Matters et le dernier Florent Marchet ("Les débuts") - on attend d'ailleurs avec impatience de nouveaux albums de ces deux derniers, mais pas facile d'enchaîner après des réussites telles que "Brotherocean" et "Bambi Galaxy". Baden Baden s'inscrit donc dans cette pop made in France supérieure, parce que sous les mélodies parfois évidentes - mon fils de 7 ans a d'emblée accroché à "Beach", premier titre particulièrement envoûtant - se cachent des arrangements complexes. Il y a aussi ces titres façon acronymes, mystérieu…

Yak - Pursuit Of Momentary Happiness

Ce disque-là m'a suivi une bonne partie de l'année 2019. Pourtant, je considérais jusque là, Yak, comme une banale formation anglaise surfant sur un inutile revival de la Britpop, persuadée à tort d'être plus douée que la moyenne - l'effet Oasis sans doute. Le genre de groupes dont l'aura ne dépasse pas les frontières de son pays, qui peut être perçu comme un indigeste pudding. Puis, il y eût ce deuxième disque, le bien nommé "Pursuit of Momentary Happiness" réalisé dans la souffrance - la légende raconte que le chanteur, Oliver Burslem, a passé quelques temps à vivre dans sa voiture - qui est venu balayer progressivement mes certitudes. Pour preuve, le Jason Pierce de Spiritualized - l'influence est ici évidente - est venu leur prêter main forte sur le dernier titre, l'excellent "This House has no living room".  Avant d'arriver là, l'album distille son lot de titres rock psyché un poil débraillés et plutôt bien sentis. Ça ne r…

Bertrand Belin + Barbara Carlotti - Festi' Val de Marne, Théâtre Romain Rolland, Villejuif - 7 octobre 2019

Cette soirée-la, c'est bien simple, on l'avait réservée dès l'ouverture de la billetterie. Vous pensez, notre chanteuse et notre chanteur préférés actuels de chanson française, le tout pour un prix dérisoire, comment pouvait-on manquer ça ? C'est donc en famille que nous sommes partis en banlieue, à Villejuif, dans un des futurs carrefours du Grand Paris. Le quartier n'a pas l'air désagréable. Le rendez-vous est au théâtre Romain Rolland, structure assez moderne mais au public plutôt âgé. Est-ce la programmation ? Est-ce la culture qui intéresse surtout les anciens ? Ou est-ce une question de pouvoir d'achat ? Nous avions déjà ressenti la même chose au 3 baudets pour le spectacle de la même Carlotti sur la fameuse année 1966. A croire que ce sont donc ces artistes qui n'attirent pas la jeunesse. L'ambiance s'en ressent, d'autant que tout le monde est assis. Nous, ça nous va bien, car on voyait mal nos deux loulous - bah oui, eux aussi son…

The Monochrome Set - Fabula Mendax

Le Monochrome Set existe depuis bientôt 40 ans. Il a connu une période faste à ses débuts, à l'orée des années 70 et 80, durant laquelle le groupe inventait une pop à nulle autre pareille, bien éloignée du mouvement post-punk alors en plein essor ou de la new-wave balbutiante. La formation menée par Ganesh Seshadri, alias Bid, un soit-disant authentique prince indien, est à l'origine de beaucoup de vocations, notamment Morrissey ou Edwyn Collins. Le groupe arrivé trop tôt, reviendra trop tard dans les années 90, à l'heure de la brit-pop. Leurs mélodies précieuses et délicates n'avaient pas grand chose à voir avec le rock direct et un peu simplet de Oasis et consorts. Puis, il y a eu une nouvelle reformation à la fin des années 2000, après 10 nouvelles années de disette. Celle-ci ne semblait plus rien vouloir du tout, ne surfant pas avec une quelconque mode par essence éphémère. On sait déjà que le succès n'arrivera jamais, d'autant que la formation londonienne…

Temples - Hot Motion

Si le rock était encore à la mode, les anglais de Temples pourraient assurément emporter la mise, renvoyant les australiens de Tame Impala dans leur 22, avec ce "Hot Motion", troisième album encore plus direct et calibré que les précédents. Après avoir (un peu) délaissé les guitares pour les claviers, le temps de "Volcano", ils reviennent à un style plus "classique" et proche de leur premier essai, l'excellent "Sun Structures". C'est toujours la même recette : des mélodies accrocheuses dans la plus pure tradition anglaise, relevées par des arrangements très psychédéliques avec un bon gros son qui claque. Si on flirte parfois avec la facilité, comme sur "The Howl", ces jeunes anglais chics et très (trop?) stylés arrivent toujours à faire passer la pilule avec un petit changement de direction imprévu.  Car si le chemin d'ensemble est bien balisé, le groupe s'autorise de légères sorties de route qui font que ce "Hot …