10 octobre 2016

Whitney - Light Upon The Lake

Et oui, je suis en train de faire le ménage dans mes MP3. Après Andy Shauf, voici un autre disque qui, mine de rien, a squatté longtemps dans mon téléphone portable avant que je me décide vraiment à y jeter une oreille. Comme pour Shauf, j'étais resté coincé sur le magnifique premier titre. La suite, pas du même calibre, m'ennuyait un peu. Comme si, une chanson pouvait phagocyter tout un album. C'est le risque de tout donner, dès le début : on créée une attente démesurée. "No Woman" est un single parfait ou presque, fédérateur juste ce qu'il faut, subtil sans en avoir l'air. Mais toute la musique de Whitney est à cette image. Le groupe est la réunion d'anciens membres de Unknown Mortal Orchestra et Smith Westerns. La voix de fausset de Julien Ehrlich peut agacer, la musique à tendance country-soul rebuter les amateurs de rock indépendant comme moi.
Pourtant, l'alchimie fonctionne, bien réhaussée par des arrangements de cordes et de cuivres aux petits oignons. Malgré sa courte durée, l'ensemble s'essouffle quand même sur la fin. "Light Upon The Lake" n'en reste pas moins digne de rester encore quelques mois sur mon téléphone portable, car je suis sûr que j'y reviendrai, ne serait-ce que pour avoir à nouveau un petit peu de chaleur pour les mois d'hiver à venir.

Clip de "No Woman" :

Clip de "Golden Days" :

8 octobre 2016

Andy Shauf - The Party

Dans la série "on se rassure comme on peut" car il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, le dernier album du canadien Andy Sauf est excellent. Voilà, c'est dit. Il est sorti il y a quelques mois déjà mais il y avait jusqu'à présent quelque chose qui me gênait : la voix et les arrangements trop discrets, une lassitude s'installait progressivement, au fil des morceaux. Je ne m'étais pourtant pas résolu à supprimer le disque de mon téléphone portable, me disant que j'y reviendrai, forcément. Que le premier morceau, "The Magician", au moins était magnifique. Et puis, profitant d'une relative accalmie dans les sorties de disques, je me suis replongé dans cette très fine "Party" (désolé). 
On pense inévitablement au regretté Elliott Smith, à son talent mélodique, à sa voix caressante. On aimerait par moments que ça s'emballe un peu, parce que les bases sont là, pour que ça décolle. Voilà le problème des bons élèves : ils sont constamment dans la maitrise. Et quelle maîtrise ! Les titres ne sont pas linéaires, la construction est imprévisible. Andy Shauf ou une certaine idée de la classe...

Clip de "The Magician" :

Clip de "The Worst In You" :

6 octobre 2016

The Divine Comedy - Foreverland

J'ai longtemps hésité à aller à Bilbao. Je ne connais pas la ville et je me disais qu'un festival était une bonne raison pour partir à sa découverte. Le BIME festival a en plus la bonne idée de se dérouler pendant les vacances de la Toussaint. Mais l'affiche ressemble trop à celle d'un festival de la Route du Rock cuvée 1996 pour être franchement emballante vingt ans plus tard. PJ Harvey, Suede (mon dieu, leur dernier disque...), The Chemical Brothers ou The Divine Comedy, autant d'artistes ou groupes en perte de vitesse. Même The Horrors ou Wild Beasts semblent déjà avoir sorti leur meilleur. Bref, ce BIME, ça puait le repère de has-been. Bon, je suis un peu sévère avec PJ dont le dernier album reste digne. Et Neil Hannon alors ? Six ans d'absence et une indifférence personnelle grandissante pour sa production depuis plus de quinze ans. Surtout qu'une première écoute distraite de "Foreverland" (antithèse du Neverland de Peter Pan ?) ne m'avait pas rassuré. Le petit irlandais fait désormais dans la pop chantilly, facile et immédiate : vite écouté, vite oublié ? Il est loin le temps des divines "Liberation" ou autres magnifiques "Promenade". 
Sauf que les arrangements sont toujours aussi soignés et plus variés que jamais. On entend même de la musique orientale sur "A Desperate Man". Chaque titre a son originalité et si ce "Foreverland" ne révolutionne rien, il est la preuve que  Neil Hannon reste l'un des meilleurs songwriters anglais actuels. Les textes toujours décalés, abordent cette fois des références historiques : "Napoleon Complex" ou "Catherine The Great" (pas révolutionnaire donc). Je n'irai pas à Bilbao mais seulement à "Foreverland", et comme son nom l'indique, pas sûr que je lâche la musique de cette divine comédie de sitôt.

Clip de "Catherine The Great" :

Clip de "How Can You Leave Me On My Own :

4 octobre 2016

Preoccupations - Preoccupations

Ils ont fini par changer de nom. Sous la pression. Américaine surtout. La plaie n'est pas complètement refermée. Les souvenirs non encore enfouis. Mais la colère reste. Preoccupations, pour dire leur vision pessimiste du monde. Et ces guitares toujours abrasives. Cette voix grave, un peu forcée. Les Canadiens, anciens membres de Women et de Viet Cong n'ont pas dit leur dernier mot, malgré les drames - la mort de Christopher Reimer, ancien guitariste de Women -, les reniements - l'abandon du patronyme Viet Cong. La musique ne s'est pas assagie. Ou à peine. On entend presque le U2 ou le Echo and the Bunnymen des débuts sur "Memory". Le son est lourd, l'influence post-punk mâtinée de déflagrations sonores, Preoccupations n'est pas, comme son nom l'indique bien, un groupe fun. Pourtant, ce nouveau disque est peut-être le plus accessible de la carrière de ces canadiens, le plus pop, toute proportion gardée. 
Il marque bien la différence entre la lutte armée - le Viet Cong et son tabassage en règle - et une certaine résignation - Preoccupations et sa charge massive mais souvent inoffensive. Comme si on en était tous là...

Clip de "Anxiety" :

Clip de "Degraded" :