Il arrive parfois (souvent ?) que je néglige un disque au moment de sa sortie, faute d’une écoute suffisament attentive. Le premier album de Tyler Ballgame est de ceux-là. Il faut dire que cette musique ne se prête pas à une éclosion au mois de janvier, en plein coeur de l’hiver. Elle est plutôt parée pour l’été. Elle est légère, aérienne, enjouée, mélodieuse. Elle respire l’amour. Elle a besoin d’espace. Ce jeune chanteur américain à la voix d’ange est accompagnée par la fine fleur de la pop indépendante américaine avec Jonathan Rado (guitariste de Foxygen et producteur pour Weyes Blood, The Lemon Twigs ou Father John Misty) et Ryan Pollie (Los Angeles Police Department). Ce beau monde est fortement inspiré par le rock de la fin des années 60 et du début des années 70. On y entend un certain classicisme derrière toutes ces sonorités. On y entend même ici l’influence d’un certain Jobriath, une des idoles de Morrissey, sorte de Ziggy Stardust américain un peu boursouflé mais à la toucha...
Il fallait que je poursuive mon incursion dans le monde du rap après le concert enthousiasmant de Little Simz. Mais attention du rap aux sonorités très rock, pas celui à la musique générée par IA. L’américain Vince Stapples est coutumier du fait. Dès son premier disque " Summertime 06 ", sa pochette inspirée par celle du célèbre " Unknown Pleasures " annonçait la couleur. J’étais passé complètement à côté. " Cry Baby " présente une pochette au message encore plus évident. On y reconnaît un Donald Trump bébé portant une couche aux couleurs du drapeau américain retenue par une épingle à nourrice. Le bébé pleure et le message " Cry Baby " indique clairement qu’on le laisserait bien crier sans intervenir et répondre à ses besoins. A-t-il fait caca ? A-t-il faim ? A-t-il mal ? ou fait-il simplement un caprice ? Voilà l’image de l’Amérique Trumpienne pour le rappeur Vince Staples. Dans ses clips, il enfonce le clou. " Blackberry marmelade " ...