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Articles

Collection Discogonie "The Idiot" de Iggy Pop et "Closer" de Joy Division

Dis donc, ça faisait longtemps que je ne vous avais parlé de cette formidable collection de petits livres sur le rock et sur ses disques cultes. Ça s’appelle Discogonie et il y a déjà eu plusieurs dizaines de bouquins sortis sur des albums allant de Melody Nelson à Rage Agains The Machine en passant par The Queen is Dead ou Pornography. Ces livres, compléments idéaux des disques, retracent le contexte qui a vu la naissance de l’oeuvre musicale, décrivent ensuite chacune des chansons, tant d’un point historique, sonore ou textuel pour finir par parler de la réception et la postérité de l’album. Ils ont aussi l’avantage de pouvoir être lus le temps de l’écoute ou presque. J’ai donc récemment complété un peu plus ma collection - de nouveaux qui s’annoncent passionnants sortiront d’ici la fin d’année " Blackstar " de Bowie, " Homogenic " de Björk ou " Forever Changes " de Love. Je me suis dit que je pouvais rassembler dans une même chronique " The Idiot...
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Ezéchiel Pailhès - Sol

Ezéchiel Pailhès est de ces artistes au style immediatement reconnaisable. Qu’il reprenne à son compte de la poésie du XIXeme siècle ou de la musique brésilienne comme sur ce magnifique " Sol ", cette voix et ces arrangements électro enrobants n’appartiennent qu’à lui. Dire qu’il n’est pas reconnu à sa juste valeur est pourtant un doux euphémisme. " Sol " est peut-être ce qu’il a fait de mieux. Ce disque est une accumulation ininterrompue de chansons aux grooves légers et aux mélodies irrésistibles. Après PICOT, voilà un autre album qui anticipe brillamment l’été. Il faut dire qu’en reprenant des titres brésiliens, c’est plus facile de viser juste en termes de soleil et de lumière.  Mais le francilien Pailhès a réussi à se réappropier une fois de plus ses innombrables et hétéroclites influences de manière incroyablement naturelle. Si ses précédents albums étaient empreints d’une profonde mélancolie à la fois dans les textes et la musique, les rythmiques toujours u...

PICOT (+ Jean Felzine) - Le Popup du Label, Paris - le 12 juin 2026

C’est la première fois que nous allions à un concert dans la petite salle du Popup du label. Pourtant, c’est sans doute la salle de concert la plus proche de chez nous. La soirée était organisée par le label Vietnam, avec deux artistes français. Le premier et plus expérimenté est Jean Felzine, chanteur du groupe Mustang qui officie depuis une vingtaine d’années. Il est seulement accompagné d’un autre guitariste, Hedi Bensalem, pour présenter son nouvel album, son premier depuis la fin de son groupe. "Cinéma Permanent" sortira le 9 septembre prochain. Les titres courts sont exécutés avec une belle maitrise, tant dans la voix que l’instrumentation sobre mais efficace. Restent ces paroles bien écrites mais souvent crues avec des thèmes parfois malaisants (" Dirty Walk "). Le set se termine par " Un homme peut-être " dont le sujet est l’inceste. Felzine avoue qu’il aurait soit disant préféré appeler cetre chanson " La bite à papa ". C’est...

Tyler Ballgame - For The First Time, Again

Il arrive parfois (souvent ?) que je néglige un disque au moment de sa sortie, faute d’une écoute suffisament attentive. Le premier album de Tyler Ballgame est de ceux-là. Il faut dire que cette musique ne se prête pas à une éclosion au mois de janvier, en plein coeur de l’hiver. Elle est plutôt parée pour l’été. Elle est légère, aérienne, enjouée, mélodieuse. Elle respire l’amour. Elle a besoin d’espace. Ce jeune chanteur américain à la voix d’ange est accompagnée par la fine fleur de la pop indépendante américaine avec Jonathan Rado (guitariste de Foxygen et producteur pour Weyes Blood, The Lemon Twigs ou Father John Misty) et Ryan Pollie (Los Angeles Police Department). Ce beau monde est fortement inspiré par le rock de la fin des années 60 et du début des années 70. On y entend un certain classicisme derrière toutes ces sonorités. On y entend même ici l’influence d’un certain Jobriath, une des idoles de Morrissey, sorte de Ziggy Stardust américain un peu boursouflé mais à la toucha...

Vince Staples - Cry Baby

Il fallait que je poursuive mon incursion dans le monde du rap après le concert enthousiasmant de Little Simz. Mais attention du rap aux sonorités très rock, pas celui à la musique générée par IA. L’américain Vince Stapples est coutumier du fait. Dès son premier disque " Summertime 06 ", sa pochette inspirée par celle du célèbre " Unknown Pleasures " annonçait la couleur. J’étais passé complètement à côté. " Cry Baby " présente une pochette au message encore plus évident. On y reconnaît un Donald Trump bébé portant une couche aux couleurs du drapeau américain retenue par une épingle à nourrice. Le bébé pleure et le message " Cry Baby " indique clairement qu’on le laisserait bien crier sans intervenir et répondre à ses besoins. A-t-il fait caca ? A-t-il faim ? A-t-il mal ? ou fait-il simplement un caprice ? Voilà l’image de l’Amérique Trumpienne pour le rappeur Vince Staples.  Dans ses clips, il enfonce le clou. " Blackberry marmelade " ...

Gorillaz, Little Simz, Feu! Chatterton - Festival We Love Green, Paris - le 5 juin 2026

We Love Green a pour habitude de lancer un peu la saison des festivals en plein air. En plus, comme c’est près de chez nous et que la programmation nous tentait une fois de plus : l’an passé, nous y avions vu LCD Soundsystem, Beach House ou Clara Luciani. En 2026, le trio gagnant était composé de Gorillaz, Little Simz et Feu! Chatterton et je dois dire que les concerts étaient dans l’ensemble supérieurs - hormis LCD mais comme on les avait déjà vus l’année précédente à Rock en Seine, le choc fut moindre. Les programmateurs avaient eu la mauvaise idée de mettre Beach House sous chapiteau. Cette scène est une aberration : semi-ouverte, semi-fermée. Le son ne circule pas bien et pour peu que vous arrivez un peu tard ou juste pour le début du concert, vous ne voyez rien. Cette année, aucun de notre trio gagnant n’y fut heureusement programmé. Sébastien Tellier dont le dernier disque un peu gênant, n’avait pas besoin d’un tel lieu et d’un tel horaire - pile entre Feu! Chatterton et Gorilla...

Iceage - For Love of Grace and the Hereafter

Ceux-là, ça faisait bien longtemps que je n’en avais pas parlé. Depuis le premier album " New Brigade " paru en 2011, une éternité. A l’époque, les danois jouaient un punk énervé et barré à souhait où chaque semblant de mélodies était laminé au hachoir. En 2013, il y a eu aussi ce passage à la Route du Rock , le même jour que le concert mémorable de Nick Cave et de ses Bad Seeds. Je fus déçu par le son presque métal et lourd du groupe. C’était à la sortie de leur second disque " You're Nothing ". Après cette prestation, je me suis détaché de Iceage. N’essayant à peine de leur redonner une nouvelle chance, persuadé que leurs plus belles années étaient passées, cette musique n’aimant pas la maturité et la maîtrise. J’ai bien ensuite donné un peu sa chance à la carrière solo de son chanteur Elias Ronnenfelt, qui joue un peu trop au beau gosse pour être honnête. Pourtant le style et la démarche est à mille lieux de ceux de sa formation, il fait appel pour l’occasion...