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Articles

Richard Dawson & Circle - Henki

  Qu'il soit seul, au sein de Hen Ogledd ou accompagné du groupe de heavy metal finlandais Circle, la musique de Richard Dawson présente la même singularité. " Henki " est donc le résultat de la drôle de rencontre entre le troubadour anglais à la voix qui n'est pas sans rappeler celle de Robert Wyatt - souvent à la limite de la justesse - et une de ses formations préférée, pourtant assez opposée de son univers folk médiéviste. L'album ne comporte que 7 titres, souvent très longs, histoire d'appuyer un style envoûtant aux influences multiples, à l'exacte jonction des musiques de Circle et de Dawson, et aux nombreuses fulgurances (mention spéciale pour les guitares de " Silphium "). Une fois de plus, il est très difficile de classer un disque de Richard Dawson, toujours à la frontière du kitsch et de l'expérimentation. Chaque titre a un nom de plante dont certaines ont disparu (cooksonia, silphium), comme pour célébrer son attachement à la natu
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Courtney Barnett - Things take time, take time

En 2107, Kurt Vile, le chanteur le plus cool de l'indie rock américain s'associait à Courtney Barnett son homologue féminin et australien pour un bel album écrit à 4 mains. Sur le nouveau disque de cette dernière, on entend l'influence indéniable du premier : dans le chant plus traînant et nonchalant que jamais, dans les guitares pleines de reverb, dans les mélodies de plus en plus pop. Je ne devrais pas encore le dire - certains vont croire que ça devient une obsession, mais c'est un sacré gage de qualité - mais on note une fois de plus la participation de la galloise Cate Le Bon. Elle est présente notamment dans le clip de " If I don't hear from you tonight " mais aussi à la basse sur l'essentiel du disque. A la production, on retrouve l'habituée, la batteuse Stella Mozgawa du groupe Warpaint qui travaille aussi avec... Cate Le Bon et... Kurt Vile. Comme quoi, le petit monde de Courtney Barnett semble bien balisé.  " Things take Time, take T

Jungle - Loving in stereo

Je n'ai pas encore terminé de rattraper le retard accumulé par trois mois sans blog l'été dernier. Le troisième album du collectif londonien Jungle - même si ce sont surtout les deux formateurs Josh Lloyd-Watson et Tom McFarland qui sont aux manettes - n'est d'ailleurs pas vraiment un disque de saison. Cette musique, à l'image des nombreux clips du groupe toujours impeccablement chorégraphiés, est faite pour danser. Vous me direz qu'il n'y a pas de saison pour danser. Sauf que les chaleurs estivales se prêtent mieux à ces mélodies légères et suaves. "Loving in stereo " enchaîne les titres dansants à souhait avec une facilité et une aisance déconcertantes, sans pour autant bannir une belle intelligence dans les arrangements. Une fois de plus, j'arrive un peu après tout le monde, ne découvrant Jungle qu'après de dix ans d'activité et de nombreux passages dans des festivals, même la Route du Rock.  Les anglais seront carrément au Zénith d

Graham Coxon - Superstate

  La vie a toujours préféré les leaders, les personnages charismatiques, ceux qui n'ont pas peur de s'afficher, de prendre toute la lumière sur eux. Pourtant, dans l'ombre, c'est parfois les autres, plus besogneux ou simplement moins consensuels qui tirent les fils. Loin de moi l'idée de dire que chez les anglais de Blur, le talent proviendrait surtout du guitariste Graham Coxon et pas du médiatique chanteur Damon Albarn, mais il est parfois nécessaire de rétablir un semblant d'équilibre. Après, vous pourrez arguer que Coxon reprend avec Superstate plus ou moins le concept de Gorillaz et est donc plutôt dans le rôle de suiveur. En effet, le projet est à la base une bande dessinée dont les 15 histoires ont été mises en musique par le guitariste de Blur. Le disque est déjà sorti en août dernier, le livre ne sortira qu'à la fin du mois et c'est déjà évident qu'ils ne rencontreront ni l'un ni l'autre  le succès des oeuvres auxquelles participe Al

Julien Ribot - Do You Feel 9 ?

Merde, comment j'ai pu passer à côté de ça ? Julien Ribot officie déjà depuis une vingtaine d'années dans le milieu de la musique et j'avoue que son nom m'était jusqu'à présent inconnu. Bon, je connaissais bien un certain Marc du même nom, guitariste au style atypique et assez reconnaissable qui a notamment travaillé avec Tom Waits sur " Rain Dogs ", un de ses meilleurs disques. Mais de Julien, que nenni. Il faut dire que le monsieur est plutôt discret, travaillant le plus souvent dans l'ombre, que ce soit pour la publicité, le théâtre ou la réalisation de films d'animation. Rien qui ne pouvait prédire pour moi une réussite telle que ce " Do you feel 9? ". Cette oeuvre foisonnante est celle d'un savant démiurge semblant provenir d'une autre planète. Le disque se veut d'ailleurs l'histoire d'un extra-terrestre dénommé Neon Juju, à l'image d'un Ziggy Stardust.  Dans les choeurs, on retrouve quelques artistes aimé

Ducks Ltd. - Modern Fiction

On n'y croyait plus. On s'était lassé d'entendre ce type de musique, surtout de la part de nouveaux groupes, nombreux mais tous un peu pareils, recopiant maladroitement leurs glorieux aînés, sans talent et sans ferveur. Et puis, il a fallu des petits canadiens en provenance de Toronto - pas vraiment l'épicentre du genre - pour ranimer la flamme. Ducks Unlimited puis Ducks Limited, pour dire que le style est désormais bien cadré et qu'il ne souffre aucune contestation : ces deux-là - Tom McGreevy et Evan Lewis dans le civil - joueront de la jangle pop. Ils citent la fameuse scène de Dunedin - The Chills, The Bats, The Clean, etc -, Felt ou Television Personalities comme influences, que des groupes de coeur ici même. On pense aussi aux Feelies pour la nervosité des guitares, aux Go-Betweens pour les jolies mélodies.  " Modern Fiction " est leur premier album et s'il n'invente rien, il le fait tellement bien qu'on se dit que c'est déjà un exp

Clinic - Fantasy Island

Les masques, ça fait bien longtemps que les membres anglais du groupe Clinic les portent. Pour le mystère, pour le message en lien direct avec leur nom en rapport au milieu médical, pour nous dire que leur musique compte bien davantage que leur personne elle-même. Après " Wheeltappers and shunters " sorti en 2019 qui faisait référence à une émission anglaise des années 70, voici " Fantasy Island " qui porte lui le même nom qu'une série américaine de la fin de cette même décennie. La série parlait d'une île magique où chacun de nos rêves pouvait se réaliser. De là à dire que ce nouvel album est le disque rêvé, il y a tout de même un pas que je ne franchirai pas. Même si c'est sans doute l'oeuvre la plus fantaisiste, la plus enlevée - écoutez donc l'azimutée chanson éponyme - des liverpudliens réduits désormais à deux. On retrouve leur brillante inspiration habituelle : Syd Barrett, Wire, le krautrock et un zeste de Jarvis Cocker pour la voix parf