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Articles

Kevin Morby - This is a photograph

Celui-là, je l'ai délaissé depuis un moment, n'arrivant pas à retrouver dans ses albums successifs, l'émotion ressentie à l'écoute de " Singing Saw ", son meilleur disque de 2016. Pas de titres aussi forts que " I Have Been To The Mountain " ou " Dorothy ". Et puis, j'écoute " This is a photograph ", la chanson, sans trop y croire et c'est la claque. L'envie d'y revenir encore et encore. Un truc irrésistible, qui court, file droit au but, dès les premières notes et ne vous lâche plus pendant trois minutes trente. Bien sûr, les neuf autres morceaux ne sont pas au même niveau et on se surprend rapidement à en sauter quelques uns. Le disque n'a sans doute pas la constance de " Singing Saw " mais les deux autres titres disponibles en vidéo sur Youtube, " A Random Act Of Kindness " et " Rock Bottom " sont aussi très efficaces. Pas étonnant qu'il soit à la programmation de la prochai
Articles récents

Bertrand Belin - Tambour vision

2.13.0.0 Je l'ai déjà dit, je le redis : Bertrand Belin est tenu en très haute estime à la maison. Chacun de ses disques est donc attendu avec impatience par toute la famille. Le premier titre disponible sur le net, le génial " Que dalle tout ", avait de plus accentué cette impatience. Alors ? Quel est le verdict, après de nombreuses écoutes, car un album de Bertrand Belin ne s'apprécie qu'après une certaine maturation. Dans la continuité du précédent mais avec davantage de claviers, " Tambour vision " est un nouvel épisode passionnant de la carrière du chanteur, navigant à la fois en terrain connu et à la découverte de nouveaux horizons. Qui, dans la chanson française, peut faire rimer " Alléluia " avec " Be Bop a Lula " sans que cela sonne faux ou ridicule ? Qui, pour faire référence dans le même morceau à Magritte puis Beckett sans que cela fasse élitiste ? Si les paroles peuvent paraître une fois de plus absconses au premier abor

Fontaines D.C. - Skinty Fia

Je vous l'avais dit lors de mon compte rendu de leur concert au Bataclan il y a quelques temps : je n'attendais plus rien du troisième album des Irlandais de Fontaines DC, annoncés un peu partout comme le renouveau du rock, voire carrément comme le meilleur groupe de rock au monde, rien que ça. Leur deuxième disque m'ennuyait déjà, passé l'enthousiasme du premier essai " Dogrel " paru en 2019. Le nouveau a de nombreux arguments à faire valoir, c'est d'abord leur album le plus éclectique et le plus arrangé. Il contient au moins un simili tube avec " Jackie Down The Line " où le chanteur se met dans la peau d'une personne volontairement mauvaise. On retrouve aussi les références habituelles à leur terre natale. " Skinty Fia " et sa pochette évoquent l'extinction d'une variété de cerfs ayant vécu en Irlande et qui a disparu il y a longtemps, sans doute en raison de facteurs environnementaux : comme une métaphore de l'a

Grandaddy & The Lost Machine Orchestra - Paris, le Trianon - 20/04/2022

Enchaînement de concerts avec un quatrième en trois semaines. Celui-là, je l'avais coché il y a quelques temps déjà. Mais maman n'étant pas grande amatrice du groupe, je l'avais mis en " stand-by " (" Bye-Bye ..."). Et puis, il aura fallu qu'au détour d'une soirée entre parents le sujet soit mis hasardeusement sur la table pour qu'on prenne nos places, à la dernière minute ou presque. Grandaddy, c'est la période bénie de la pop américaine au mitan des années 90-2000. Avec les Flaming Lips (le groupe existait bien avant mais leurs meilleurs disques sont sortis à ce moment-là), Mercury Rev et Sparklehorse. Un quatuor pour l'éternité et au moins quatre chefs d'oeuvres de suite : " Deserter's songs " en 1998, " The Soft Bulletin " en 1999, " The Sophtware Slump " en 2000, " It's a wonderful life " en 2001. On pourrait même rajouter Wilco en 2002. Ce soir-là, au Trianon, magnifique écrin

Dead Can Dance - Paris, le Grand Rex - 13/04/2022

  Ce concert, ça fait longtemps qu'on l'attendait, surtout maman, je dois dire, en tant que fan de la première heure ou presque. Dead Can Dance, j'y suis venu beaucoup plus tard. C'est seulement la découverte assez récente de leurs disques des années 80, surtout de leur chef d'oeuvre de 1987, " Within the Realm of the Dyin Sun ", celui où la pochette correspond à la tombe d'un certain Raspail au cimetière parisien du Père Lachaise qui m'a fait changer d'avis. J'étais jusqu'ici assez hermétique à leur univers gothique et new age. La voix de Lisa Gerrard sur " Cantara " ou " Summoning of the Muse ", irréelle, semble venir d'un autre monde. Elle vous transperce, vous charrie d'émotions. Il est difficile d'y résister. Dead Can Dance donc, au Grand Rex, salle plus connue comme "plus grand salle de cinéma en Europe" que comme lieu de concerts. Un groupe qui perdure après quarante ans d'existence e

Daniel Rossen - You Belong There

  Grizzly Bear est sans aucun doute l'un des meilleurs groupes de rock indépendant apparu ces 20 dernières années, habitué à l'excellence depuis " Yellow House " en 2006. Malheureusement, le groupe est aussi de moins en moins productif, du moins ensemble, la durée entre deux disques ne cessant de s'accroître au fil du temps. On ne sait d'ailleurs pas s'il survivra au départ d'Ed Droste, ce dernier arrêtant carrément la musique pour devenir... thérapeute. De son côté, Chris Taylor est producteur à ses heures perdues (Dirty Projectors, Twin Shadow ou les regrettés The Morning Benders). En plus, après avoir monté un groupe parallèle, Department of Eagles, voilà Daniel Rossen, autre membre, qui s'essaie carrément en solo. Et le résultat, réalisé presqu'entièrement seul, est impressionnant de maîtrise, " You Belong There " est une petite merveille de folk symphonique.  On y retrouve le style Grizzly Bear, pas étonnant car Rossen, en plus d

Fontaines D.C. - Paris, Le Bataclan - 12/04/2022

Parmi la pléthore de concerts actuels, rattrapage obligé de mois de confinement et d'interdiction de rassemblement, ce n'est pas forcément le groupe qu'on aurait été voir en priorité. Mais c'est un ami bien intentionné qui m'a transmis l'information : les Irlandais de Fontaines D.C. passaient en concert au Bataclan dans le cadre de l'émission de radio de Michka Assayas sur France Inter. Les places étaient donc à réserver sur internet uniquement sur invitation (ça ne se refuse pas). D'habitude, ce genre de plan s'avère frustrant car les places étant plus que limitées, elles partent en quelques minutes seulement avant qu'on réussisse même à se connecter sur la plateforme de réservation. Cette fois-ci fut une bonne surprise. Fontaines D.C., donc. Leur troisième album sort le 22 avril mais quelques titres sont déjà disponibles sur le net. Le premier disque m'avait emballé, le second nettement moins. Du coup, je ne sais pas trop à quoi m'atten