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Gruff Rhys - Sadness Sets Me Free

Pas vraiment d'accalmie dans les sorties musicales mais déjà l'occasion pour moi d'un léger retour arrière sur un album paru il y a un mois : le dernier en date du prolifique gallois Gruff Rhys, ancien leader des Super Fury Animals. " Sadness sets me free " est un disque d'un classicisme intemporel, une pop joyeusement mélancolique, aux mélodies savamment arrangées avec cordes et cuivres à foison. Finis les bidouillages électroniques et le régulier foutoir qui ornaient les albums de son ancien groupe, Rhys, sûr de son art, n'en a gardé que l'essentiel, celui qui reste quand on s'est débarrassé de tout le superflu, celui qui se fout des modes. Bien lui en a pris car après près de trente-cinq ans de carrière, lui faisant essayé de nombreuses directions, il atteint ici son apogée artistique, en toute simplicité. Il aurait été dommage de laisser passer cette petite merveille pop parmi le choix pléthorique de nouveautés musicales.  D'autant que qui
Articles récents

Friko - Where we've been, Where we go from here

Il y a des albums parfois qui s'imposent aisément comme ça, dès la première écoute. Le premier disque de Friko, duo de Chicago - venant de la même scène locale que Horsegirl - en fait indéniablement partie. Pas de tergiversation possible, il y a un incroyable savoir-faire derrière cette musique-là, qui tourne même légèrement à la démonstration de force - écoutez comment on maîtrise parfaitement notre art, même si nous sommes jeunes. " Where we've been, Where we go from here " alterne les ambiances, en tant qu'adepte des montagnes russes, avec une dextérité naturelle, à l'image d'Arcade Fire sur leur chef d'oeuvre inaugural, " Funeral "; lâchant la bride sur quelques titres particulièrement dévastateurs (" Crimson To Chrome ", " Crashing Through ", " Chemical ", " Get Numb to It! "), la retenant au contraire sur de belles ballades plus en retenue (" Cardinal ", " For Ella ", " Un

Helado Negro - Phasor

Petit retard cette semaine pour ma chronique hebdomadaire en raison d'un weekend prolongé. L'occasion de me plonger plus longuement dans le nouveau disque d'Helado Negro, derrière lequel se cache un certain Roberto Carlos Lange, natif de Floride mais fils d'immigrés équatoriens. C'est loin d'être son premier essai puisque cela fait près de 15 ans qu'il publie régulièrement des albums et depuis 2019 environ que je le suis discrètement. Jusqu'ici, je n'avais pas pris le temps d'en parler sur ce blog. C'est dommage car force est d'avouer que le chanteur a un style à nulle autre pareil. Calme, apaisante, remplie de plein de petits sons surprenants, sa musique mérite qu'on s'y attarde. Au premier abord, elle ressemble à ces musiques d'ambiance qu'on entend sans vraiment écouter en soirée. C'est le genre de trucs qu'on met en fond sonore pour détendre l'atmosphère, sachant que la musique certes agréable ne prendra pa

Tapir! - The Pilgrim, Their God and The King Of My Decrepit Mountain

Il est déjà temps de faire une pause sur les sorties musicales du 26 janvier dernier car il faut avouer qu'il y avait pléthore de disques intéressants. Et pas tous attendus, comme ce premier album des drôles d'anglais de Tapir! Tellement pas attendus qu'ils sont déjà passés en concert à Paris (et à Dunkerque, décidément...) avant même que je m'en rende compte... Ils sont six et portent tous des masques de l'animal dont ils tiennent leur nom. Dans ce cas de figure, on s'attend généralement à une formation bien perchée avec la musique qui va bien avec. Cette fois-ci, que nenni, car on est en présence d'une musique folk plutôt classique dans la forme, avec des arrangements particulièrement soignés qui, d'emblée nous font dire qu'on tient là quelque chose de supérieur. C'est extrêmement précis, incroyablement maîtrisé. De la musique élitiste pour bobos diront les mauvaises langues, mais quand on aime, on s'en fout des mauvaises langues.  Pour sit

The Smile - Wall of Eyes

Comme PJ Harvey, un nouvel album de Thom Yorke est toujours pour moi un événement. Que cela soit en solo, avec Radiohead ou avec sa nouvelle entité The Smile qu'il forme avec l'inséparable Jonny Greenwood et Tom Skinner, le batteur de Sons of Kemet, sa musique reste passionnante, différente. Ce " Wall of Eyes " sorti finalement peu de temps après le précédent, " A Light For Attracting Attention " n'échappe pas à la règle et on sait qu'il nous faudra de multiples écoutes pour en déceler toutes les nuances, tous les recoins. Le travail sur le son reste impressionnant, chaque mélodie parfois simple est agrémentée de quantités de sonorités presque indistinctes mais qui font la grandeur de cette musique, sa patte inimitable. Et c'est peut-être le reproche qu'on peut faire à Thom Yorke et ses acolytes, d'avoir basculé petit à petit de morceaux accrocheurs vers des atmosphères plus vaporeuses, moins lisibles, qui peuvent au premier abord ennuyer

Hildebrandt - Will

Je profite de la relative accalmie dans les sorties musicales pour parler d'un artiste français particulièrement attachant et qui ne rencontre pas le succès qu'il mérite. En effet, il faudra attendre la semaine prochaine pour entendre une salve de disques très attendus de 2024 : The Smile, Future Islands ou encore Ty Segall pour n'en citer que quelques uns. " Will " est déjà le troisième album solo de Wildried Hildebrandt après une jeunesse au sein du groupe Coup d'Marron. Le Rochelais s'attache ici les services de Lescop à la production et ça s'entend : les chansons sont toutes joliment pop, aux mélodies classiques, douces mais assez irrésistibles. Les paroles d'apparence légères cachent souvent un malaise latent, à l'image de l'entraînant single " A part ça " qui nous parle de la procrastination.  En plus de ce nouveau disque réussi, je vous conseille aussi de jeter une oreille et aussi un oeil à ses étonnantes sessions suspendu

Bill Ryder-Jones - Iechyd Da

Autant le dire tout de suite, voilà déjà un disque majeur pour 2024, promis aux plus hautes marches. Bill Ryder-Jones est connu pour avoir été guitariste de The Coral à leurs débuts, disons pendant leur période dorée jusqu'en 2008. J'en ai déjà parlé ici au moment de la sortie de son troisième album solo en 2015, l'excellent " West Kirby County Primark " qui était même dans mes 10 préférés de l'année . Il y a eu ensuite le décevant " Yawn " en 2018 et le voilà maintenant de retour plus de cinq ans plus tard avec son oeuvre la plus ambitieuse et sans doute sa plus essentielle à ce jour. Le titre, " iechyd Da " veut dire bonne santé en gallois, ça tombe bien en cette période de voeux. Le chanteur montre une fois de plus son attachement pour son Royaume-Uni natal. Né dans la région de Liverpool, il a son propre studio d'enregistrement dans la région de West Kirby aux portes du Pays de Galles. Il avoue aussi avoir beaucoup d'attaches e