Accéder au contenu principal

Articles

Balue - Suburban Bliss

Il est de plus en plus rare de faire de telles rencontres, totalement fortuites. Nous faisions des courses dans un magasin H&M, près de chez nous, quand j'ai entendu une petite musique pop sucrée plutôt agréable. Je ne connaissais pas et j'ai donc utilisé l'application Shazam pour en savoir plus : l'artiste s'appelait Balue et la chanson "Gettin Older". Était-ce un de ces nouveaux trucs à la mode que les radios matraquaient sans que j'en eusse connaissance ? Pourtant, cette musique n'a rien de tendance, que faisait-elle là, diffusée dans ce magasin de vêtements pour tout venant ? En cherchant sur internet, je m'aperçus qu'à part un lien bandcamp, il n'existe quasiment rien sur Balue ou presque. A peine sait-on que le gars s'appelle en réalité Eli Thomas et qu'il vient du nouveau Mexique. On l'imagine volontiers bricoler seul chez lui ses petites chansons avec son look de gentil geek.
On pense aux regrettés Her's pa…
Articles récents

Les Innocents (+ O - Olivier Marguerit) - Massy, centre culturel Paul B. - 8 novembre 2019

On continue la semaine de concert avec une nouvelle soirée pop française et deux de ses meilleurs représentants : O et les vétérans des Innocents. L'affiche était belle mais il fallait se déplacer jusqu'à Massy pour aller la voir, au centre culturel Paul B. Nous arrivons, avec maman cette fois, un peu à la bourre, trajet oblige, ratant malheureusement le début du concert de Olivier Marguerit. Le chanteur est accompagné de quatre musiciens dont deux femmes sur scène. On retrouve les chansons de son dernier disque, l'excellent "à terre". Au moment de clôturer sa prestation, le chanteur qui arborait jusqu'à ce moment-là un tee-shirt représentant un cœur brisé, avoue que sa mère est dans le public, se change, dos au public, dévoilant très ouvertement ses fesses - il ne porte pas de sous-vêtements sous son jean - pour enfiler un tee-shirt avec un coeur plein cette fois. J'avoue que pendant un court instant, on a peur de ce qu'on va voir, mais Olivier Marg…

Chevalrex - Le Centquatre, Paris - 6 novembre 2019

Une fois n'est pas coutume, c'est seul et non accompagné de maman que j'ai assisté au concert de Chevalrex, petit prince de la pop à la française. Petit, car son premier concert en présence de 7 musiciens sur scène se déroulait sur une petite scène du pourtant vaste 104 à Paris. D'autant que l'affluence était plutôt limitée et contenait en plus quelques collègues et amis, notamment le duo Arlt. Comme si, aujourd'hui, de tels talents étaient forcément amenés à rester en marge. Loin du bruit ambiant de Angèle ou de toute la clique des rappeurs français pratiquant une novlangue pour initiés et l'autotune à outrance. Pas de première partie, on rentrait donc, de suite dans le vif du sujet. Le chanteur était entouré de ses fidèles : Olivier Marguerit, autre petit prince de la pop made in France aux claviers, l'indéboulonnable Mocke à la guitare ou l'expérimenté Sylvain Joasson à la batterie. Tout ce petit monde s'était enfermé pendant plusieurs jours…

Orville Peck - Pony

Après Yak, voilà un autre album qui me suit depuis un moment, il s'agit du premier disque d'un étrange chanteur de country - gosh, que m'arrive-t-il ? - canadien. Il se prénomme Orville Peck et se cache derrière un masque. Après Jonathan Bree l'an passé, je dois bien aimer les déguisements. En tout cas, ce sont des artistes qui partagent le besoin de rentrer dans la peau d'un personnage, de devenir quelqu'un d'autre, même si leur musique atypique pourrait se suffire à elle-même. Un chanteur queer qui fait de la country, ce n'est pas vraiment l'image que l'on se fait du genre. D'autant que cette fois-ci, il nous vient du Canada et a comme ami l'impayable Mac Demarco que l'on voit dans la vidéo de "Turn to Hate". On pense parfois à Roy Orbison ("Roses are Falling"), à Chris Isaak ("Winds Change") ou à Josh T. Pearson ("Buffalo Run"). Je cite les rares références que je peux avoir, car ce n'e…

Centredumonde - Tigre, avec états d'âme

Voilà un nom qui annonce la couleur de manière ironique, même si le principal intéressé s'en défend. Il est question de choses très personnelles, graves, sombres ("tout ce qu'on peut espérer, c'est un cercueil climatisé", "mon coeur est mort", "je danse sur ma propre tombe", "tes yeux à tout jamais clos"). Le gars semble dire tout ce qui lui passe par la tête, sans filtre, quitte à paraître égocentrique ("un nuage qui ressemble à ma bite"). Il est signé sur un petit label, l'église de la petite folie, qu'on aime bien, parce qu'il est de ceux qui résistent encore et toujours à l'envahisseur, à Brest, dans un coin d'Armorique. Il s'appelle en réalité Joseph Bertrand. Tiens, un double prénom, ça n'annonce pas forcément quelque chose de bon, étant donné les antécédents dans la chanson française (Claude François, Mireille Matthieu, François Valéry, Herbert Léonard, Frédéric François, Philippe Pascal,…

Alain Souchon - âmes fifties

Sur la pochette, il a l'air fatigué. Dans ses dernières déclarations, il semble complètement dépassé, oubliant en partie, ce pourquoi son public le suit depuis des années. Lui, qui refusait de manger à n'importe quelle soupe populaire et rêvait de plus belles choses. "Foule sentimentale", voilà la chanson qui, croyait-on, allait le suivre jusqu'au bout, parce qu'elle résumait le personnage : cette mélodie immédiate, ce texte sensible, simple et direct. Cette chanson populaire dans le sens le plus noble du terme, paradoxalement anti-société de consommation. On peut reprocher les flots de haine déversés par les réseaux sociaux, mais on ne peut nier qu'en encensant de manière à peine voilée Macron, Souchon renie une grande partie de sa carrière, comme une violente traîtrise faite à ses fans les plus ardents. Le comble, c'est que le chanteur ne semble même pas s'en rendre compte. Tristesse de la vieillesse ou jeu d'acteur enfin percé à jour après…

Baden Baden - La Nuit Devant

Ça faisait déjà 4 ans qu'on était sans nouvelles discographiques du duo parisien Baden Baden. 4 ans depuis leur "Mille éclairs" qui avait enchanté ici même et que j'avoue, à tort, avoir un peu oublié. "La nuit devant" frappe au moins aussi fort que son prédécesseur, avec des notes plus électros et sombres comme une version mélancolique de O alias Olivier Margerit ou un mélange entre Syd Matters et le dernier Florent Marchet ("Les débuts") - on attend d'ailleurs avec impatience de nouveaux albums de ces deux derniers, mais pas facile d'enchaîner après des réussites telles que "Brotherocean" et "Bambi Galaxy". Baden Baden s'inscrit donc dans cette pop made in France supérieure, parce que sous les mélodies parfois évidentes - mon fils de 7 ans a d'emblée accroché à "Beach", premier titre particulièrement envoûtant - se cachent des arrangements complexes. Il y a aussi ces titres façon acronymes, mystérieu…