Passé le 15 août, une fois les vacances terminées, on entre dans une drôle de période. Ce n’est évidemment plus les vacances mais ce n’est pas encore vraiment la rentrée. Au boulot, le rythme est encore tranquille, les sorties et propositions culturelles au ralenti. Pas la période idéale pour remplir les salles. Surtout pour un groupe néo-zélandais dont la carrière longue de plus de 40 ans avec quelques pauses a toujours navigué sous les radars mainstream, avec un semblant de succès à la charnière des années 80 et des années 90, lorsque le Dunedin Sound de leur mythique label Flying Nun était une influence partagée et revendiquée par tout un pan de la scène indépendante américaine (REM ou Pavement). Bref, remplir les trois cents places du Point Ephémère dans un tel contexte n’était pas une sinécure. Pour moi, cela ressemblait pourtant presqu’au concert idéal : dispo, sans enfant, sur Paris, plus de canicule, groupe aimé mais pas encore vu en concert, pas cher avec en prime une première...
Je crois que je file un mauvais coton : me voilà en train d’aimer un disque bourré jusqu’à la gueule d’auto-tune, ce logiciel qui permet de corriger toute erreur de justesse dans la voix mais qui produit alors un effet très perceptible et asceptisant. L’auto-tune, c’est le propre de la musique baclée, faite à la chaine. Pourtant, il a fallu six ans au célèbre groupe New-Yorkais pour sortir ce " Reality Awaits " après le dernier succès " The New Abnormal ". Six ans pour ça diront les mauvaises langues et ceux pour qui l’utilisation de ce logiciel est un "red flag", quelque chose de définitivement rédhibitoire. Si le précédent m’avait laissé quelque peu de marbre, hormis les excellents " The Adults Are Talking " et " Ode To The Mets ", ne goûtant que très peu à l’unanimité qui voulait que les sauveurs du rock étaient bien de retour aux affaires renouant presque avec l’excellence de l’indépassable " Is This It " de 2001. Je doi...