Accéder au contenu principal

of Montreal (+Wild Moccasins) - Music Hall Of Williamsburg, New York - 22 mai 2013

Même si je vous donne moins signe de vie dernièrement, je n'ai pas encore rendu l'âme. Pas comme le regretté Mmarsupilami qui nous a tristement quitté la semaine dernière. Son blog, Little Reviews, constituait un de mes plus grands pourvoyeurs de nouveautés. Je ne connaissais pas personnellement l'homme, mais à travers ce qu'il écrivait, on se doutait que c'était quelqu'un de bien. Ciao l'ami et j'espère que là où tu es maintenant, la musique est toujours aussi belle... Revenons à des aspects plus terre à terre et parlons de mon récent séjour à New-York. Et oui, nous avons passé maman et moi, une semaine bien méritée (si, si) dans la grosse pomme. L'occasion notamment d'assister à un concert de of Montreal, au Music Hall of Williamsburg, au beau milieu du quartier branchouille de Brooklyn. Mais attention, le bobo new-yorkais n'a pas grand chose à voir avec le bobo parisien. Non, il est nettement plus sale, décontracté et avenant. Plus nature, en somme. Pas vraiment à l'image de la première partie de la soirée, Wild Moccasins - mais ils viennent de Houston - qui, avec leur look plus étudié, donnerait immédiatement l'envie de leur rabattre le caquet. Le problème, c'est qu'ils sont très bons. Leur musique est suffisamment atypique - sorte de mélange entre Kate Bush pour le timbre de la chanteuse, au charisme scénique impressionnant et les Spinto Band  pour les mélodies et l'enthousiasme contagieux - pour emporter rapidement l'adhésion. Un seul disque à leur actif, paru en 2010 dans un profond anonymat. Mais un nouveau devrait rapidement suivre avec peut-être la reconnaissance que ce joli moment passé en leur compagnie mérite.

La bande de Kevin Barnes a ensuite assuré comme d'habitude le show, dans une ambiance proche des sets des Flaming Lips. Tout semble pouvoir s'y produire. Même le groupe semble parfois surpris des interventions loufoques de leur troupe de danseurs (improvisés?). Le chanteur plus sobre et moins maquillé que de coutume - seulement des vêtements de femme - montera en puissance au fil du concert, pour finir toujours aussi affûté avec les meilleurs titres de "Hissing Fauna...", leur chef d'oeuvre de 2007. Le guitariste, l'autre personnage déjanté du lot - en comparaison les autres membres paraissent bien sages - a sorti sa tenue de Spiders From Mars de Bowie. Le public, obligé, en redemande. Pas une surprise tellement of Montreal n'a pas son pareil pour ne jamais décevoir ses fans. Et tant pis si les derniers disques ont déçu, les voir sur scène est toujours un régal. Nous repartons en métro rejoindre notre hôtel, constatant au passage avec la foule toujours importante présente dehors en plein milieu de semaine, que New-York est bien la ville qui ne dort jamais. On aurait bien aimé poursuivre la fête, mais le décalage horaire aura eu raison de nous. De toute façon, que dire, qu'entendre, que voir, après ça ?

Commentaires

  1. J'ai eu la chance de voir Of Montreal à Nantes l'année dernière, c'était un concert exceptionnel. Ca a l'air d'être à peu près le même que celui que tu as vu, il y avait des danseurs déguisés qui venaient, le guitariste faisait son show, et la setlist était très marquée par "Paralytic Stalks" et "Hissing Fauna, Are You The Destroyer ?". J'aime vraiment bien Controllersphere et Paralytic Stalks, même si ils sont moins marquants que leurs prédécesseurs. C'est clair que même si ils contiennent de très bonnes chansons, ils ont aussi des longueurs, le groupe (ou Kevin Barnes ?) ont (a) tendance à un peu s'éparpiller.

    En tous cas c'est un excellent groupe, je suis content que tu aies fait un billet sur False Priest à sa sortie, je n'aurais peut être pas pu découvrir le groupe aussi vite sinon :)

    Bon courage pour la rentrée !

    Alexandre

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Exposition Electro - de Kraftwerk à Daft Punk - samedi 13 juillet 2019

De Kraftwerk à Daft Punk : tout un programme ! Comment résumer la musique électronique ? Question difficile à laquelle la nouvelle exposition de la Philharmonie de Paris ne répond pas vraiment. Mais le propre de tout mouvement est d'être en perpétuelle évolution. Il y a un avant en terme de techniques, d'instruments, ici assez bien raconté avec quelques antiquités électroniques, datant pour certaines de plus d'un siècle. On peut aussi y entendre Jean-Michel Jarre plus gros rassembleur de l'histoire avec des concerts de plus d'un million de spectateurs, parler de son incroyable matériel, la musique devenant une science, résultat de savants calculs incompréhensibles du commun des mortels. Il n'y a par contre pas d'avant et après en terme d'évolution musicale, il y a juste des influences multiples et diffuses, des styles divers et variés. Des villes qui ont créé des vocations comme Detroit (la techno), Chicago (la house) ou Berlin. Des artistes majeurs co…

Kraftwerk - festival Days Off - Philharmonie de Paris - samedi 13 juillet 2019

Après la visite (un peu décevante) de l'Expo Électro dans l'après-midi, nous avons enchaîné avec un concert d'un des plus groupes les plus (si ce n'est le plus) influents de la musique électronique : Kraftwerk. Comme ce style s'accompagne souvent d'un décorum particulier - on n'a toujours pas oublié les shows gargantuesques de Jean-Michel Jarre -, on attendait avec une certaine impatience la soirée depuis de longs mois déjà. Un concert avec lunettes 3D ? C'est la première fois que nous tentions l'expérience. Après le concert ultra chorégraphié et sans fil de David Byrne de l'an passé, la Philharmonie de Paris semble être le lieu privilégié des prestations hors normes, prêt à phagocyter toutes les expériences musicales et visuelles mémorables. Le concert ne débuta qu'à 22h sans première partie - comment passer avant ce qui allait suivre de toute façon ? - et tout de suite, notre attente ne fut pas déçue. A peine après avoir enfilé les lunett…

Kishi Bashi - Omoiyari

"Omoiyari" est un équivalent japonais d'empathie. Kaoru Ishibashi alias Kishi Bashi, est un américain d'origine japonaise. Comme beaucoup, l'arrivée au pouvoir de Donald Trump l'a fait réfléchir sur l'avenir de son pays en se remémorant son passé. Notamment celui particulièrement sanglant entre ses deux patries, celle de ses parents et la sienne. Celui de l'été 1942 ("Summer of 42") par exemple, peu de temps après l'attaque japonaise de Pearl Harbor et avant la riposte américaine qui culminera avec les bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki. Cette Histoire tragique qu'on voudrait tous oublier mais qui refait irrémédiablement surface quand on retrouve, à la tête des états, des personnes qui ont su gagner par la haine de l'autre, en voulant construire des murs par exemple. Un peu d'empathie, voilà ce dont le monde a besoin. Les oiseaux de la pochette sont à l'image de nous autres, humains, des êtres variés et fragiles.…