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O - Un torrent, la boue

Olivier Marguerit est depuis de nombreuses années un artisan de l'ombre, notamment au sein des brillants Syd Matters. Souvent quand ce genre d'individus connus uniquement des initiés sortent du bois, le milieu musical les encense exagérément, voulant compenser les années d'anonymat injustifiées. C'est qu'il doit y avoir une certaine solidarité parmi les artistes, ou plutôt ce sentiment que ce n'est pas forcément ceux qui le méritent le plus qui récoltent les lauriers. Croyez-le quand vous entendrez qu'il est agréable de s'abreuver de cet O là. Restez plus circonspect quand certains vous le vendront déjà comme le disque de l'année. Ce premier album ressemble forcément à du Syd Matters mais chanté en partie en français et en nettement plus électronique et pop ("La Rivière" est un tube en puissance). Mais on y retrouve la même façon de faire tournoyer les mélodies, de toujours faire avancer les morceaux. Bien sûr, il n'a pas la voix de son comparse Jonathan Morali, mais le fait de chanter dans sa langue natale lui confère un avantage non négligeable : celui d'une musique plus personnelle. 
On lui souhaite, à défaut d'adhérer à chacun de ces chanteurs, une carrière à la hauteur de ses confrères à une seule lettre, : M, H (Arthur) ou A (Dominique). Alors, un torrent ou la boue ? En tout cas, c'est une belle source que voilà.

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