Accéder au contenu principal

Metronomy - Summer 08

Il est pénible, Joseph Mount, à chaque fois, il nous fait le coup : on est d'abord déçu par un nouveau disque de Metronomy. Et puis, au fil du temps, on finit par l'apprécier, en se disant que ce groupe est un des plus réjouissants qui soit actuellement. Cette pop électronique aux basses omniprésentes et chaloupées, ces mélodies à multiple détente, sont suffisamment précieuses pour qu'on ait envie d'y revenir inlassablement. Et si cette fois, avec le bien nommé "Summer 08", comme un retour aux sources de leur fabuleux - et meilleur ? - album, "Nights Out", de 2008 en plus pop, Mount avait failli à sa promesse de toujours plaire ? Si était venu le temps de la vraie déception durable ? Les premiers singles sont aussi bons que prévisibles. Le style est reconnaissable mais peut lasser. Mount garde tout de même ce talent unique pour les chansons maitrisées juste ce qu'il faut, la fantaisie apprivoisée - à l'inverse d'un Kevin Barnes par exemple, chacun ayant les défauts de ses qualités et inversement. 
Il manque peut-être juste à ce "Summer 08" un véritable tube fédérateur comme "Love Letters" - bien que "Back Together" et "Old Skool" s'en rapprochent. On regrette aussi le facile et dispensable "Hang Me Out To Dry" avec la fade Robyn. Pour le reste, on ne change pas une recette qui fonctionne, finissant toujours par l'emporter sur le fil - à la manière du Portugal de Ronaldo ? Peu importe la manière, seul le résultat compte. Dans tous les cas, bel été à tous !

Clip de "Night Owl" :
Clip de "Old Skool" :

Commentaires

  1. On s'est fait la même réflexion avec Etienne, d'abord la déception pour on réalise que l'album est vraiment bon.
    A ceci près que toutes les écoutes et tout le temps possibles ne suffiront pas à classer ce disque parmi les meilleurs de Mount (pour moi y'a débat au sommet entre Nights Out et Love Letters, avec une petite avance pour Nights Out).
    C'est un plaisir simple, pas grandiose mais solide, et même si j'aurais préféré un truc aussi excellent que Love Letters, je prends.
    Bel été à toi !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Nights Out est pour moi clairement le meilleur. Après, dire si ce dernier est inférieur ou non à Love Letters est encore trop tôt pour moi.

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Exposition Electro - de Kraftwerk à Daft Punk - samedi 13 juillet 2019

De Kraftwerk à Daft Punk : tout un programme ! Comment résumer la musique électronique ? Question difficile à laquelle la nouvelle exposition de la Philharmonie de Paris ne répond pas vraiment. Mais le propre de tout mouvement est d'être en perpétuelle évolution. Il y a un avant en terme de techniques, d'instruments, ici assez bien raconté avec quelques antiquités électroniques, datant pour certaines de plus d'un siècle. On peut aussi y entendre Jean-Michel Jarre plus gros rassembleur de l'histoire avec des concerts de plus d'un million de spectateurs, parler de son incroyable matériel, la musique devenant une science, résultat de savants calculs incompréhensibles du commun des mortels. Il n'y a par contre pas d'avant et après en terme d'évolution musicale, il y a juste des influences multiples et diffuses, des styles divers et variés. Des villes qui ont créé des vocations comme Detroit (la techno), Chicago (la house) ou Berlin. Des artistes majeurs co…

Kraftwerk - festival Days Off - Philharmonie de Paris - samedi 13 juillet 2019

Après la visite (un peu décevante) de l'Expo Électro dans l'après-midi, nous avons enchaîné avec un concert d'un des plus groupes les plus (si ce n'est le plus) influents de la musique électronique : Kraftwerk. Comme ce style s'accompagne souvent d'un décorum particulier - on n'a toujours pas oublié les shows gargantuesques de Jean-Michel Jarre -, on attendait avec une certaine impatience la soirée depuis de longs mois déjà. Un concert avec lunettes 3D ? C'est la première fois que nous tentions l'expérience. Après le concert ultra chorégraphié et sans fil de David Byrne de l'an passé, la Philharmonie de Paris semble être le lieu privilégié des prestations hors normes, prêt à phagocyter toutes les expériences musicales et visuelles mémorables. Le concert ne débuta qu'à 22h sans première partie - comment passer avant ce qui allait suivre de toute façon ? - et tout de suite, notre attente ne fut pas déçue. A peine après avoir enfilé les lunett…

Kishi Bashi - Omoiyari

"Omoiyari" est un équivalent japonais d'empathie. Kaoru Ishibashi alias Kishi Bashi, est un américain d'origine japonaise. Comme beaucoup, l'arrivée au pouvoir de Donald Trump l'a fait réfléchir sur l'avenir de son pays en se remémorant son passé. Notamment celui particulièrement sanglant entre ses deux patries, celle de ses parents et la sienne. Celui de l'été 1942 ("Summer of 42") par exemple, peu de temps après l'attaque japonaise de Pearl Harbor et avant la riposte américaine qui culminera avec les bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki. Cette Histoire tragique qu'on voudrait tous oublier mais qui refait irrémédiablement surface quand on retrouve, à la tête des états, des personnes qui ont su gagner par la haine de l'autre, en voulant construire des murs par exemple. Un peu d'empathie, voilà ce dont le monde a besoin. Les oiseaux de la pochette sont à l'image de nous autres, humains, des êtres variés et fragiles.…