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David Byrne (+Laura Mvula) - festival Days Off - Philharmonie de Paris - 3 juillet 2018

Les vacances approchent et arrive souvent avec, la possibilité de sorties pour les parents, confiant leur progéniture à des personnes tierces, comme les grands parents, par exemple. Merci à eux de nous avoir permis d'assister à deux excellents concerts. Le premier est celui d'un certain David B. Non, pas l'idole partie il y a 2 ans déjà, mais un autre artiste majeur, autrefois chanteur des indispensables têtes parlantes, et dont la carrière exemplaire et toujours en mouvement, reste un modèle à suivre pour les jeunes générations. Je passe sur la première partie, Laura Mvula qui, c'est vrai a une belle voix, mais sa musique est trop en force pour que surgisse une quelconque émotion. Surtout que la plupart des sons étaient enregistrés. Dommage quand on est dans une salle ayant l'accoustique de la Philharmonie de Paris. La première chose qui frappe dans le concert de David Byrne est l'absence de câbles et fils en tous genres sur scène. Comme un rêve de chambres d'enfants magnifiquement rangées : il n'y a rien qui traîne. Pourtant Byrne nous l'affirme, ce n'est pas du playback. Ils jouent bien et chantent là devant nous. En plus, cela facilite les déplacements, sans avoir peur de se prendre les pieds dans le tapis. En tout, ils sont douze sur scène : deux danseurs, six percussionnistes - le rythme était quand même un des principaux talents des Talking Heads -, une guitariste, un bassiste, un clavieriste et le maître de cérémonie, j'ai nommé sa majesté David Byrne. Ils ont tous le même costume gris, telles des souris, on admire avec quelle dextérité ils se meuvent sur scène, faisant tous plusieurs choses à la fois.
À plus de soixante ans, le chanteur conserve à ce titre, une énergie particulièrement enviable. Bien sûr, les chansons du dernier album sont privilégiées. Si elles ne sont pas parmi les plus belles du répertoire de son auteur, elles prennent toutes une autre ampleur sur scène, notamment le tonique "Everybody's coming into my house" en forme de référence évidente à la politique très americano centrée nouveau pensionnaire de la Maison Blanche. Les morceaux des Talking Heads proviennent pour majorité du chef d'oeuvre "Remain in Light" ("Once in a Lifetime", "Born Under The Punches", "The Great Curve"). Le concert finira en apothéose, tel un feu d'artifice, avec l'excellent "Burning Down The House". Après deux rappels amplement mérités, le groupe finira par une étonnante reprise en forme de message politique d'un vieux titre de Janelle Monae. Tout ça donne l'impression d'un important travail d'équipe et d'une grande maîtrise. Rien ne semble avoir été laissé au hasard. Un concert de David Byrne est plus qu'un concert, c'est un spectacle entièrement chorégraphié, une véritable œuvre d'art.

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