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Articles

Affichage des articles du 2026

Momus - Humperstinck

Je ne vais pas me la jouer fin connaisseur, car là-dessus ma découverte fut très tardive. Momus est un artiste que je connais depuis quelques années à peine alors qu’il a 40 ans de carrière et plusieurs dizaines de disques à son actif. Difficile de toute façon de tout connaître du bonhomme tellement l’oeuvre est multiple et dense. Je sais juste qu’il est écossais, qu’il a commencé entouré d’anciens musiciens du groupe Josef K, que Jarvis Cocker, fan de la première heure - on reconnait facilement l’influence - voulait qu’il produise l’album " Separations " de Pulp, que " The Poison Boyfriend " est un des disques préférés de Brett Anderson. Avec un tel pedigree, je ne comprends pas que j’ai pu aussi longtemps passé à côté. Momus, alias Nick Currie a aussi perdu l’usage d’un oeil, du fait d’une infection contractée liée à des lentilles de contact, ce qui le rend malgré lui, d’autant plus reconnaissable. Il habite maintenant à Paris, après avoir beaucoup voyagé.  "...

Immersion - What is Lost Will Return

Dis donc, j’étais complètement passé à côté de cette formation qui existe pourtant depuis 1994. Immersion est en fait un duo, et quel duo : le couple à la scène comme à la ville formé par Malka Spigel, ancienne membre du groupe culte de post-punk israélien Minimal Compact et Colin Newman, ancien leader de Wire, responsable d’au moins deux disques solo qui comptent : " A-Z " dans la lignée de son précédent groupe (en mieux ?), et le bien nommé " Commercial Suicide " qui invente la pop dark, new-wave et classieuse. Newman, c’est aussi le producteur du premier Virgin Prunes ou du " Matrice " de Bashung. Bref, du beau linge, comme on dit dans le milieu. Mais voilà, le post-punk n’a plus la côte dans les années 90 et c’est sans doute pour cela qu’on les perd de vue. " What is lost will return " pourrait donc parler du revival post-punk qui dure depuis, depuis au moins le premier Interpol en 2002. Mais voilà, j’ai mis du temps à réagir, car si leur mus...

Jeremy Jay - Supersonic Club, Paris - le 12 septembre 2026

Comment un artiste américain - bon, ok, il vit à Londres depuis quelques temps - dont la carrière s’étale sur plus de vingt ans peut-il encore se produire gratuitement dans une salle comme le Supersonic à Paris ? Le Supersonic, c’est d’ailleurs plus exactement deux salles, le Supersonic Club, mal fichue,  avec plafond bas, poteau en plein milieu, deux étages, environ 300 places, généralement pour des concerts gratuits de groupes émergents qui n’ont pas encore sorti le moindre LP et le Supersonic Records, plus petite salle attenante, aussi mal fichue, car une large partie des spectateurs se retrouvent sur le côté de la scène, pour des concerts cette fois-ci payants. Mais revenons à Jeremy Jay, puisque c’est de lui dont il s’agit. Je suis tombé dessus par hasard en lisant le programme des deux salles et je me suis rappelé les très beaux " Slow Dance " et " Splash ", il y a plus de quinze ans. Connaissant l’horaire de son passage - désolé pour les deux autres groupes ...

Twisted Teens - Florida Water Blues

Ils sont deux, viennent de la Nouvelle Orléans. Ce sont les Twisted Teens et comme leur nom l’indique, de sacrés garnements un peu "tordus". Ils pratiquent une sorte de country-punk qui rappelle beaucoup les débuts des Kings Of Leon, voix éraillée comprise. " Florida Water Blues " est leur troisième album en 3 ans et ils annoncent déjà un quatrième début novembre. Bref, CPN - ou seulement Caspian ? - Hollywell et Razor Ramone - fils spirituel des Ramones ou référence au catch ? - sont pressés et ont l’inspiration galopante, pas le genre à vouloir couper le robinet tant que ça continue de couler aussi naturellement. Voilà en tout cas une musique qui bouscule, fait du bien : simple, mélodique, accrocheuse - les 4 voire 5 premiers morceaux sont assez irrésistibles - mais en même temps un peu rapeuse. On pense aussi aux Parquet Courts - donnez des nouvelles les gars ? - pour la dynamique des morceaux.  Et puis, il y a ces pochettes bricolées et décalées sur lesquelles o...

Arab Strap - Half-Told Tales

On pourrait presque s’arrêter dès la fin du premier morceau, le formidable " I Get Noise ", résumé grinçant de notre époque. La musique foutraque, dissonante, bruyante évidemment, est au diapason du propos. Tout le talent du duo écossais est concentré dans ces trois minutes, jusqu'au final à l'humour volontairement dérangeant par son caractère sexuellement explicite (" And tonight, when you touch yourself. Remember, all the angels are watching. So put on a good show "). Au regard de cette évidente réussite, le reste ne peut qu’être décevant. C’est d’ailleurs le principal défaut que je trouve habituellement à leurs disques, l’impression de m’y ennuyer rapidement. Pourtant, cette fois, ce sentiment n’est pas si immédiat, il faut dire qu'Arab Strap s’atèle plus qu’à l’accoutumée à varier les ambiances et les plaisirs. " Half-Told Tales " rappelle le meilleur de la musique anglo-saxonne des années 90, plus rythmée et directe que celle que le duo pr...

The Bats (+Special Friend) - Le Point Ephémère, Paris - le 21 août 2026

Passé le 15 août, une fois les vacances terminées, on entre dans une drôle de période. Ce n’est évidemment plus les vacances mais ce n’est pas encore vraiment la rentrée. Au boulot, le rythme est encore tranquille, les sorties et propositions culturelles au ralenti. Pas la période idéale pour remplir les salles. Surtout pour un groupe néo-zélandais dont la carrière longue de plus de 40 ans avec quelques pauses a toujours navigué sous les radars mainstream, avec un semblant de succès à la charnière des années 80 et des années 90, lorsque le Dunedin Sound de leur mythique label Flying Nun était une influence partagée et revendiquée par tout un pan de la scène indépendante américaine (REM ou Pavement). Bref, remplir les trois cents places du Point Ephémère dans un tel contexte n’était pas une sinécure. Pour moi, cela ressemblait pourtant presqu’au concert idéal : dispo, sans enfant, sur Paris, plus de canicule, groupe aimé mais pas encore vu en concert, pas cher avec en prime une première...

The Strokes - Reality Awaits

  Je crois que je file un mauvais coton : me voilà en train d’aimer un disque bourré jusqu’à la gueule d’auto-tune, ce logiciel qui permet de corriger toute erreur de justesse dans la voix mais qui produit alors un effet très perceptible et asceptisant. L’auto-tune, c’est le propre de la musique baclée, faite à la chaine. Pourtant, il a fallu six ans au célèbre groupe New-Yorkais pour sortir ce " Reality Awaits " après le dernier succès " The New Abnormal ". Six ans pour ça diront les mauvaises langues et ceux pour qui l’utilisation de ce logiciel est un "red flag", quelque chose de définitivement rédhibitoire. Si le précédent m’avait laissé quelque peu de marbre, hormis les excellents " The Adults Are Talking " et " Ode To The Mets ", ne goûtant que très peu à l’unanimité qui voulait que les sauveurs du rock étaient bien de retour aux affaires renouant presque avec l’excellence de l’indépassable " Is This It " de 2001. Je doi...

Nirosta Steel - My Skyscraper

Derrière le pseudo Nirosta Steel, se cache un homme fait en acier inoxydable, Steven Hall, écossais de naissance mais américain d’adoption. Il a fait ses armes dans le New-York interlope et queer du début des années 80, ayant pour voisin Alen Ginsberg ou Arthur Russell. La relation artistique avec ce dernier durera d’ailleurs 12 ans de 1980 à 1992, année de la disparition prématurée de Russell, victime du SIDA. "My Skyscraper" ressemble à l’album d’une vie, loin des sentiers balisés, plus de quarante ans d’expérimentations tout azimut mais qui n’en demeurent pas moins passionnantes. C’est donc une nouveauté sans en être vraiment une. "English Party", premier morceau avait été initialement écrit pour Madonna au début des années 80. On entend sur plusieurs titres la voix de Russell. Les chansons apparaissent souvent encore non entièrement abouties. Comme la vie, la musique de Nirosta Steel est constamment en mouvement. On imagine que c’est le genre de personne qui a d...

Opus Kink - The Sweet Goodbye

  Il est des groupes qu’on rencontre fortuitement. Celui-là en fait partie. Nous étions la semaine passée en vacances dans le sud de l’Angleterre, notamment du côté de Brighton. Comme à chaque fois que je voyage je regarde si pendant mon périple il n’y aurait pas des concerts intéressants. Début août, je n’y crois pas trop. Un festival peut être ? Mais ils sont souvent tous complets depuis belle lurette dans la perfide albion. J’avais repéré avec déception celui programmant Nick Cave à Brighton , sa ville d’adoption. C’était le 31 juillet et quelques jours seulement avant notre venue sur ces mêmes lieux. Surtout que l’Australien, hôte de la soirée avait eu la bonne idée d’inviter les toujours merveilleux Flaming Lips, Cate Le Bon ou The English Teacher. Bref, ça sentait la soirée d’exception. Déception accentuée par le fait qu’il restait encore des places presque jusqu’au dernier moment, que le sieur Nick Cave improvisa à la façon Beatles un set surprise et gratuit sur le toit de R...

Panda Bear & Sonic Boom - A ? of When

L’été est déjà bien présent dans les têtes et dans les corps : l’heure habituelle pour mettre quelque peu en repos ce blog. Ce deuxième disque du duo formé par Panda Bear, toujours membre d’Animal Collective et Sonic Boom, ancien membre de Spacemen 3 et Spectrum, ressemble fortement à l’album idéal pour profiter pleinement du soleil rayonnant et de la chaleur qu’on voudrait plus supportable et moins étouffante. Car ce " A ? of When " n’est que légèreté, encore plus que le précédent " Reset ". Les deux premiers titres annonciateurs, le formidable morceau éponyme et le non moins sémillant " Graveyard " étaient quelque peu des leurres, les chansons les plus immédiatement accrocheuses et dansantes. Pour le reste, Panda Bear semble plus aux manettes que jamais, sa vénération pour Brian Wilson, est ici d’une évidence implacable. Tout nous fait penser à la musique du célèbre metteur en son de " Pet Sounds ". " Pray To You " ou ...

Fête de la musique - Trotski Nautique - Hazy - Paris, le 21 juin 2026

La fête de la musique, ce n’est pas vraiment mon moment préféré de l’année, loin de là. J’ai bien souvent été déçu, ayant le sentiment de ne pas être au bon endroit, au bon moment. Cette fois-ci, je n’ai pas eu l’envie d’improviser, par expérience, c'est rarement un pari gagnant. J’avais repéré une soirée organisée par les graphistes de " Arrache-toi un oeil " et le bar à bières Hazy , dans le 20ème. Parmi les groupes aux styles qui pouvaient nous plaire, il y avait surtout Trotski Nautique , dont j’ai déjà parlé à travers un livre d’un de ses deux membres, David Snug . Le concert a du mal à démarrer à cause de problèmes techniques. Sur le trottoir d’en face, un gars fait tourner la musique à fond sur un sound system, une des principales sources de nuisance de cette manifestation, participant au sentiment récurrent de "défaite de la musique". Ça ne  s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Heureusement, la rue Sorbier est sous les arbres et c’est important d’ê...

Collection Discogonie "The Idiot" de Iggy Pop et "Closer" de Joy Division

Dis donc, ça faisait longtemps que je ne vous avais parlé de cette formidable collection de petits livres sur le rock et sur ses disques cultes. Ça s’appelle Discogonie et il y a déjà eu plusieurs dizaines de bouquins sortis sur des albums allant de Melody Nelson à Rage Agains The Machine en passant par The Queen is Dead ou Pornography. Ces livres, compléments idéaux des disques, retracent le contexte qui a vu la naissance de l’oeuvre musicale, décrivent ensuite chacune des chansons, tant d’un point historique, sonore ou textuel pour finir par parler de la réception et la postérité de l’album. Ils ont aussi l’avantage de pouvoir être lus le temps de l’écoute ou presque. J’ai donc récemment complété un peu plus ma collection - de nouveaux qui s’annoncent passionnants sortiront d’ici la fin d’année " Blackstar " de Bowie, " Homogenic " de Björk ou " Forever Changes " de Love. Je me suis dit que je pouvais rassembler dans une même chronique " The Idiot...

Ezéchiel Pailhès - Sol

Ezéchiel Pailhès est de ces artistes au style immediatement reconnaissable. Qu’il reprenne à son compte de la poésie du XIXeme siècle ou de la musique brésilienne comme sur ce magnifique " Sol ", cette voix et ces arrangements électro enrobants n’appartiennent qu’à lui. Dire qu’il n’est pas reconnu à sa juste valeur est pourtant un doux euphémisme. " Sol " est peut-être ce qu’il a fait de mieux. Ce disque est une accumulation ininterrompue de chansons aux grooves légers et aux mélodies irrésistibles. Après PICOT, voilà un autre album qui anticipe brillamment l’été. Il faut dire qu’en reprenant des titres brésiliens, c’est plus facile de viser juste en termes de soleil et de lumière.  Mais le francilien Pailhès a réussi à se réappropier une fois de plus ses innombrables et hétéroclites influences de manière incroyablement naturelle. Si ses précédents albums étaient empreints d’une profonde mélancolie à la fois dans les textes et la musique, les rythmiques toujours ...

PICOT (+ Jean Felzine) - Le Popup du Label, Paris - le 12 juin 2026

C’est la première fois que nous allions à un concert dans la petite salle du Popup du label. Pourtant, c’est sans doute la salle de concert la plus proche de chez nous. La soirée était organisée par le label Vietnam, avec deux artistes français. Le premier et plus expérimenté est Jean Felzine, chanteur du groupe Mustang qui officie depuis une vingtaine d’années. Il est seulement accompagné d’un autre guitariste, Hedi Bensalem, pour présenter son nouvel album, son premier depuis la fin de son groupe. "Cinéma Permanent" sortira le 9 septembre prochain. Les titres courts sont exécutés avec une belle maitrise, tant dans la voix que l’instrumentation sobre mais efficace. Restent ces paroles bien écrites mais souvent crues avec des thèmes parfois malaisants (" Dirty Walk "). Le set se termine par " Un homme peut-être " dont le sujet est la maladie de son père, alors en fin de vie, incapable d’uriner seul - et pas du tout l’inceste, comme je le pensai...

Tyler Ballgame - For The First Time, Again

Il arrive parfois (souvent ?) que je néglige un disque au moment de sa sortie, faute d’une écoute suffisament attentive. Le premier album de Tyler Ballgame est de ceux-là. Il faut dire que cette musique ne se prête pas à une éclosion au mois de janvier, en plein coeur de l’hiver. Elle est plutôt parée pour l’été. Elle est légère, aérienne, enjouée, mélodieuse. Elle respire l’amour. Elle a besoin d’espace. Ce jeune chanteur américain à la voix d’ange est accompagnée par la fine fleur de la pop indépendante américaine avec Jonathan Rado (guitariste de Foxygen et producteur pour Weyes Blood, The Lemon Twigs ou Father John Misty) et Ryan Pollie (Los Angeles Police Department). Ce beau monde est fortement inspiré par le rock de la fin des années 60 et du début des années 70. On y entend un certain classicisme derrière toutes ces sonorités. On y entend même ici l’influence d’un certain Jobriath, une des idoles de Morrissey, sorte de Ziggy Stardust américain un peu boursouflé mais à la toucha...

Vince Staples - Cry Baby

Il fallait que je poursuive mon incursion dans le monde du rap après le concert enthousiasmant de Little Simz. Mais attention du rap aux sonorités très rock, pas celui à la musique générée par IA. L’américain Vince Stapples est coutumier du fait. Dès son premier disque " Summertime 06 ", sa pochette inspirée par celle du célèbre " Unknown Pleasures " annonçait la couleur. J’étais passé complètement à côté. " Cry Baby " présente une pochette au message encore plus évident. On y reconnaît un Donald Trump bébé portant une couche aux couleurs du drapeau américain retenue par une épingle à nourrice. Le bébé pleure et le message " Cry Baby " indique clairement qu’on le laisserait bien crier sans intervenir et répondre à ses besoins. A-t-il fait caca ? A-t-il faim ? A-t-il mal ? ou fait-il simplement un caprice ? Voilà l’image de l’Amérique Trumpienne pour le rappeur Vince Staples.  Dans ses clips, il enfonce le clou. " Blackberry marmelade " ...

Gorillaz, Little Simz, Feu! Chatterton - Festival We Love Green, Paris - le 5 juin 2026

We Love Green a pour habitude de lancer un peu la saison des festivals en plein air. En plus, comme c’est près de chez nous et que la programmation nous tentait une fois de plus : l’an passé, nous y avions vu LCD Soundsystem, Beach House ou Clara Luciani. En 2026, le trio gagnant était composé de Gorillaz, Little Simz et Feu! Chatterton et je dois dire que les concerts étaient dans l’ensemble supérieurs - hormis LCD mais comme on les avait déjà vus l’année précédente à Rock en Seine, le choc fut moindre. Les programmateurs avaient eu la mauvaise idée de mettre Beach House sous chapiteau. Cette scène est une aberration : semi-ouverte, semi-fermée. Le son ne circule pas bien et pour peu que vous arrivez un peu tard ou juste pour le début du concert, vous ne voyez rien. Cette année, aucun de notre trio gagnant n’y fut heureusement programmé. Sébastien Tellier dont le dernier disque un peu gênant, n’avait pas besoin d’un tel lieu et d’un tel horaire - pile entre Feu! Chatterton et Gorilla...

Iceage - For Love of Grace and the Hereafter

Ceux-là, ça faisait bien longtemps que je n’en avais pas parlé. Depuis le premier album " New Brigade " paru en 2011, une éternité. A l’époque, les danois jouaient un punk énervé et barré à souhait où chaque semblant de mélodies était laminé au hachoir. En 2013, il y a eu aussi ce passage à la Route du Rock , le même jour que le concert mémorable de Nick Cave et de ses Bad Seeds. Je fus déçu par le son presque métal et lourd du groupe. C’était à la sortie de leur second disque " You're Nothing ". Après cette prestation, je me suis détaché de Iceage. N’essayant à peine de leur redonner une nouvelle chance, persuadé que leurs plus belles années étaient passées, cette musique n’aimant pas la maturité et la maîtrise. J’ai bien ensuite donné un peu sa chance à la carrière solo de son chanteur Elias Ronnenfelt, qui joue un peu trop au beau gosse pour être honnête. Pourtant le style et la démarche est à mille lieux de ceux de sa formation, il fait appel pour l’occasion...

PICOT - Presque Pop

Oui, je sais, je ne suis plus aussi assidu. Il faut dire qu’il y a eu les vacances et un manque progressif d’envie. Comme chaque année si j’ose dire. Rien de tel pour un retour aux affaires avec un disque français. Ça fait un moment que je délaisse la production hexagonale, me recroquevillant essentiellement sur les valeurs sûres comme Bertrand Belin ou Barbara Carlotti. Pourtant, il existe évidemment de nouveaux talents. PICOT en fait partie. Nouveau ? Pas vraiment puisqu’il officie depuis un moment au sein de groupes comme Good Morning TV et Brace! Brace! Talent ? Evidemment et il suffit de peu d’écoutes pour s’en persuader. Mais " Presque pop " est bien son premier effort solo. " Presque ", parce qu’on sait bien que cet album n’aura pas de reconnaissance "populaire" à grande echelle comme il se devrait. " Pop ", parce que ça l’est résolument. PICOT est de cette école française biberonnée aux douces mélopées beatlesiennes et au sens du rythme p...

Weird Nightmare - Hoopla

Weird Nightmare est le projet solo du canadien Alex Edkins, leader de la formation METZ. Si son groupe est adepte d'un rock dur, lourd et dissonnant, il n'en est rien ici. Le son de ce deuxième album sorti quatre ans après le premier est bien différent, puisque c'est plutôt du côté d'une pop-rock mélodique aux sonorités nineties qu'il faut aller chercher les influences. Ce " Hoopla " est un disque modeste qui passera assez inaperçu et qui pourtant, fait incroyablement bien le job. Pas d'esbroufe inutile mais des chansons courtes autour de trois, quatre minutes maximum, denses, compactes, sans temps mort, efficaces en diable. Les deux minutes de " Might See You There " avec ses choeurs féminins sont à ce titre assez irrésistibles. Weird Nightmare, malgré son nom pas très avenant, constitue donc la récréation de Edkins - pour preuve les clips pas très sérieux des singles - l'espace où il peut se laisser aller à des morceaux plus légers, moi...

Friko - Something Worth Waiting For

On ne change pas une équipe qui gagne. Les américains de Friko sont de retour avec un second disque qui est la copie conforme de leur premier , peut-être en plus direct encore. On pouvait leur reprocher leur musique adolescente, trop simple, jouant facilement sur l’alternance entre les passages calmes et nerveux. Mais les Chicagoans semblent n’en avoir cure, ils enfoncent le clou avec " Something Worth Waiting For ", titre un peu pompeux et prétentieux au demeurant. Car il est évident que ceux-là ne révolutionneront rien. On n’en attendait donc pas grand chose. Leur musique n’est pas ambitieuse pour un sou. Elle est physique, mélodique, immédiate, faite pour l’instant présent, idéale pour les festivals. Friko sera d’ailleurs à la prochaine Route du Rock et j’hésite toujours à y prendre une place, les groupes que j’aimerais voir et y sont équitablement répartis entre les trois soirs au Fort Saint Père et prendre un pass pour la totalité du festival est trop pour moi, physique...

Tomora - Come Closer

Après l’ascétisme de Dagmar Zuniga, voici l’hédonisme version Aurora et Chemical Brothers. L’étonnante fusion des univers musicaux de la jeune norvégienne Aurora qui se voudrait Björk et du vétéran Tom Rowlands, moitié des frères chimiques a donné naissance à Tomora. Leur premier album " Come Closer " est un maelström sonore assez indescriptible. Tous les morceaux ou presque sont assez différents les uns des autres. On pense aux films de Lynch pour le titre " Come Closer " donnant son nom au disque, à la suédoise Fever Ray sur l’inquiétant " A Boy Like You ", évidemment à la célèbre islandaise citée plus haut sur le plus expérimental " Drink The Night "et même à Liz Fraser sur " Wavelengths ".  Il y a aussi les tubes en puissance, les irrésistibles " Ring The Alarm " et " Somewhere Else ", des paroles faisant réference à Nina Simone sur " My Baby " ou à John Carpenter (" The Thing "). Et tout ça t...

Dagmar Zuniga - in filth your mystery is kingdom / far smile peasant in yellow music

Voilà, après Angine de Poitrine , l’autre buzz du moment, beaucoup plus confidentiel j’en conviens, eu égard à la musique moins tapageuse - doux euphémisme. Mais quand même, la quasi intégralité de la presse "spécialisée" ( Télérama , Section 26 , Pitchfork  ou Les Inrocks ) ne tarit pas d’éloges sur cette mystérieuse jeune artiste américaine d’origine nicaraguayenne. Il faut dire que sa musique envoûte immédiatement. Ce premier album est apparu en janvier 2025, dans un profond anonymat sur Bandcamp mais ce n’est qu’en avril 2026 qu’il sort en physique sur le label londonien AD 93 . Phil Elverum, le chanteur et unique membre des cultes et trop méconnus Microphones et Mount Eerie, sous le charme, l’avait prise rapidement sous son aile, en première partie de sa tournée. L’influence entre les deux artistes est effectivement évidente. On pense aussi à une Vashti Bunyan, version lofi. Le bouche à oreille faisant son oeuvre, Dagmar Zuniga sort enfin de l’ombre. Ces chansons sont de...

My New Band Believe - My New Band Believe

Black Midi est mort, vive Black Midi. Le groupe d’intellos anglais, pourfendeurs d’un rock ultra exigeant mais souvent indigeste n’est plus depuis le suicide de leur guitariste Matt Kwasniewski-Kelvin en début d’année, à l’âge de seulement 26 ans. Leur chanteur, Geordie Greep avait déjà lancé les hostilités solo avec " The New Sound " paru en 2024, pour un résultat toujours aussi clivant et original. C’est maintenant au tour du bassiste Cameron Picton de se lancer dans le grand bain, caché derrière l’étrange pseudo My New Band Believe. Et cette fois-ci, pas besoin de préparation spécifique pour s’avaler d’une traite ce premier disque éponyme. C’est un disque accoustique, aux subtils arrangements de cordes, aux mélodies un peu fuyantes, jamais immédiates mais c’est ce qui en fait son principal intérêt. Même après la fin de leur aventure commune, les Black Midi n’ont pas fini de faire parler d’eux.  Derrière une musique aussi touffue, se cachaient forcément des jeunes gens aux ...