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Top albums 2025


Alors que d’aucuns se plaignent que c’était mieux avant, je trouve au contraire que 2025 est un sacré bon cru. C’est bien simple les quatre premiers disques de ce classement sont de ces albums dont je sais déjà qu’ils me suivront très longtemps. Des amis pour la vie, chacun a leur manière, très différente.  

Dans la série revival des années 90, ceux-ci sont indéniablement les plus méritants. Alors que les retours de Oasis et Pulp sentent quand même largement le renflouage, celui de Stereolab, nettement plus confidentiel - à l’image du groupe - semble au contraire complètement naturel. Comme si les années 90, c’était hier. "Instant Hologram On Metal Film" est à ce titre un des meilleurs albums de Stereolab, à l’image de tous les autres, ou presque.

Water From Your Eyes est un de ces rares groupes qui proposent un peu de nouveau dans le milieu du rock indépendant. Bien sûr, il y a des influences, mais celles-ci sont tellement nombreuses et digérées qu’elles y paraissent à peine. Le principal défaut - hormis son affreuse pochette, façon sac poubelle - est sa durée, très courte, trop courte. Preuve que ce n’est pas si simple d’être inventif.

Lui se moque bien mal d’être inventif. Cette pop a soixante ans d’âge. C’est celle des Byrds, de la pop californienne psychédélique des années 60. Celui qui se cache derrière le pseudonyme de Sharp Pins a par contre vingt ans à peine. Il s’appelle Kai Slater et est aussi guitariste des excellents Lifeguard, dont le premier album aurait pu se retrouver également dans cette sélection. "Balloon, balloon, balloon" est un disque intemporel, un joyau mélodique pour hier, aujourd’hui et demain.

Cela faisait un moment que celui-là tournait autour de mon classement annuel des meilleurs disques. Les précédents albums de cet américain réfugié à Manchester était déjà très bons, mais avec "A Sober Conservation", BC Camplight fait plus que confirmer, il s’impose comme un des songwriters les plus doués du moment, mélangeant habilement le meilleur de plusieurs décennies de musique pop, des Beatles à The Divine Comedy en passant par Midlake.

Si le précédent "Pompeii" m’avait au final un peu déçu - hormis quelques superbes titres, il lui manquait l’homogénéité, la constante perfection de "Reward" - ce "Michelangelo Dying" vient rappeler si besoin était l’indiscutable talent de la galloise. On retrouve d’ailleurs Cate Le Bon à la manette de plusieurs disques qui comptent - dont plus loin dans ce classement ou encore le nouveau Dry Cleaning qui sortira dans une semaine -, preuve que ses qualités de mise en musique sont de plus en plus partagées et reconnues. Son style devient reconnaissable. Il lui faudra sans doute maintenant essayer de sortir de son terrain de jeu habituel pour continuer de nous enthousiasmer. 

Lui aussi est un habitué de l’excellence. "Dan’s Boogie", c’est du Destroyer tout craché, avec son côté kitsch, ses arrangements subtils et soignés, cette élégance capable de rassembler, mine de rien, les Pet Shop Boys, New Order ou Bruce Springsteen dans le même morceau. Dan Bejar, à l’inverse d’une Cate Le Bon, ne partage pas. Il continue, solo, une déjà bien longue carrière en tout point remarquable et exemplaire, jalonnée d’excellents disques, comme celui-ci. Mais Dan Bejar est-il même capable de se rater ?

Il aurait pu être tout en haut de ce classement mais la concurrence était rude. En tout cas, ce fut pour moi le meilleur disque de cette fin d’année, idéal pour l’hiver et les fêtes, quand on passe plus de temps que nécessaire à l’intérieur, autour d’une table, à manger gras et sucré. Cet album est à cette image : copieux et sucré à souhait, frôlant à de très nombreuses reprises le kitsch. Mais un tel repas de fête ne se décline pas. Les Italiens sont spécialistes du genre. On pense aux Panettone ou aux Pandoro, mais aussi à toute cette tradition de variété italienne capable de nous emporter avec n’importe quelle sucrerie tellement ces chansons ont un sens inné de la mélodie. Andrea Laszlo de Simone est un maitre du genre, ses subtils arrangements  sont de toute beauté. 

Voici un duo gallois dont j’étais jusque là complètement passé à côté. "Very Human Features" est déjà leur quatrième album et je ne veux même pas écouter ce qu’ils ont fait avant, tellement celui-ci me suffit, tellement je sais d’avance que ce type de musique ne frappe qu’une fois en plein coeur. J’adore cet album pas pour ses qualités intrinsèques et objectives mais parce qu’il m’a happé direct, au-delà du raisonnable. Ces mélodies brinquebalantes, ces voix à la limite de la justesse, ce son cradingue mais surtout ce naturel confondant et cette incroyable capacité à ne garder que l’essentiel. Incroyablement humain. 

Pendant de longs mois, ces trois jeunes femmes trônaient paisiblement en tête de mes albums préférés de 2025, à l’aise, comme une évidence. Leur productrice, la toujours impeccable Cate Le Bon, avait propulsé direct leur "Phonetics on and on", dans mon firmament personnel. Le disque était rempli de mélodies imparables, jouées avec une nonchalance et un amateurisme touchants. C’était sans compter sur les extra-terrestres de Geese venus dont on ne sait où perturber cette hiérarchie confortablement établie. Horsegirl en deux disques très différents et tous deux excellents démontrent pourtant une sacrée maturité.  

Qui aurait cru au moment de la sortie de "Projector" en 2021 et premier album de Geese ayant un peu de visibilité que ce groupe en serait là aujourd’hui ? D’abord, le premier album solo de leur leader, Cameron Winter, "Heavy Metal" marque les esprits en fin d’année dernière, de part cette voix, ces textes, sa richesse sonore ("Love takes miles" quel titre quand même !). Mais je n’y suis pas encore. Puis, "Getting Killed" vient enfoncer le clou neuf mois plus tard. Et là, c’est pour moi indéniable, Geese vient de sortir un classique rock comme on n’en a pas entendu depuis des lustres. On pense évidemment aux Strokes de 2001 pour la.voix, mais il aura fallu plus de temps à Geese pour sortir définitivement du bois. On se demande alors quelle sera la prochaine étape. Désolé, cette année, je ne suis pas original, "Getting killed" est placé un peu partout dans les meilleurs disques de 2025. Mais quelle claque magistrale ! Chaque nouvelle écoute est stimulante. 

et j'oubliais : belle et heureuse année 2026 à toutes et tous !

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