Accéder au contenu principal

Hey! Ho! Let's Go ! : Ramones and the Birth of Punk - Queens Museum, New-York - 20 juillet 2016

Bon, je vous parle d'une expo dont je sais d'avance que peu d'entre vous auront vue. Et oui, je suis un privilégié. En plus, je ne pourrai même pas vous inciter à aller la voir puisqu'elle est terminée et que de toute façon, il fallait vraiment être un fan absolu du groupe pour venir jusqu'à New-York la voir. Le groupe en question, ce sont les Ramones. Pour ceux qui veulent savoir, je n'ai pas traversé l'Atlantique exprès pour ça. C'est une autre formation du coin qui m'intéressait davantage et dont j'ai déjà parlé . Les Ramones sont une curiosité dans l'histoire du rock. Tout le monde s'accorde à dire que leur musique était simple, voire simplette - leur célèbre "Hey! Ho! Let's Go!" -, qu'ils ont plus ou moins toujours écrit la même chanson. Les Ramones, c'était aussi avant tout un état d'esprit : t-shirt, jean troué, Converse, Perfecto, taille mince et cette attitude à la cool, éternel look de l'adolescent rebelle en manque de repères. Car voilà le défaut et la qualité principal des Ramones, celui de ne jamais avoir grandi, de n'avoir jamais vieilli. Ils ne feront ainsi jamais aussi bien, aussi spontané que leur premier album. C'est le quarantième anniversaire de sa parution que cette exposition au Queens Museum de New-York a célébré. Bien sûr, d'emblée, on est accueilli par la musique des faux frères Ramone, Joey, Dee Dee, Tommy et Johnny, les quatre membres historiques, tous disparus aujourd'hui. L'accent est mis sur l'enfance, les débuts dans la salle mythique du CBGB et ce mouvement punk new-yorkais qu'ils ont initié avec entre autres Television, Blondie, Talking Heads ou Patti Smith. La salle a maintenant été remplacée par une boutique de fringues luxueuses. Quelques vestiges comme les murs témoignent encore de la tumultueuse activité qui régnait à l'époque. Et puis, juste à côté une place a pris pour nom Joey Ramone, le chanteur et leader naturel des Ramones, atteint comme Bradford Cox de la maladie de Marfan, responsable de sa grande taille et de sa maigreur.
Une salle est ensuite consacrée aux très nombreux concerts du groupe dont quelques uns participeront à la légende, comme celui où planifiés dans un festival mainstream à Toronto, ils recevront une pluie de tomates du public qui se demandait bien qui pouvait jouer si mal. Les Ramones quitteront alors la scène en plein milieu du set, faisant des doigts à l'assistance.
Plus loin, difficile de ne pas mentionner l'iconographie réalisée par le designer Arturo Vega avec le fameux logo du groupe, présent sur nombre de t-shirts d'adolescents du monde entier aujourd'hui encore. Car plus que la musique, les Ramones ont inventé (malgré eux ?) une esthétique facilement identifiable. A l'inverse des Sex Pistols, ils n'ont jamais joué un jeu, pris une posture, c'est peut-être pour cela que leur jeunesse est éternelle. Bonne rentrée à tous !


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Et toi, t'as écouté quoi en 2020 ?

Nous y voici donc, le calendrier des sorties de l'année 2020 avec les disques chroniqués ici-même. 50 disques pour une année 2020 qui, si elle n'a pas été franchement emballante d'un point de vue événements a réussi à tenir malgré tout le cap niveau musical avec quelques beaux disques. Je vous laisse partager en commentaires vos coups de coeur personnels si ça vous dit. Il me restera ensuite à clôturer définitivement l'année avec ma compilation millésimée et mon top 10 des albums, pris bien sûr dans cette sélection. JANVIER 8   : Electric Soft Parade - Stages 10 : Alexandra Savior - The Archer 17 : of Montreal - UR FUN 24 : Andy Shauf - The Neon Skyline        Tristen - Les identités remarquables 31 : Dan Deacon - Mystic Familiar        Superbravo - Sentinelle        Destroyer - Have We Met FEVRIER 7   : Isobel Campbell - There is no other... 14 : Octave Noire - Monolithe 21 : Spinning Coin - Hyacinth 28 : Grimm Grimm - Ginormous MARS : 6   : The Saxopho

Philippe Cohen Solal & Mike Lindsay - Outsider

Henry Darger était ce qu'on appelle un artiste "outsider". Il a oeuvré toute sa vie dans l'ombre. Ses travaux n'ont été découverts qu'à sa mort, en 1973. C'est avant tout " Vivian girls ", un récit épique de plus de 15 000 pages racontant une histoire de princesses, d'esclavage, de guerres, peuplée de tout un tas de personnages imaginaires, tantôt morbides, tantôt enfantins. Elle est accompagné d'aquarelles, collages, dessins en tous genres et inspirée par l'univers des comics. Depuis sa mort, son oeuvre fait l'objet d'un culte grandissant. On l'a retrouvée exposée dans de nombreux musées d'art moderne, à Chicago, sa ville natale, New-York ou Paris. Cette fois-ci, c'est le compositeur français Philippe Cohen Solal, fondateur de Gotan Project, touché par cet artiste maudit, qui a décidé de faire un album complet autour de son univers.  Il a pour cela fait appel à quelques amis : Mike Lindsay, leader des folkeux an

The Avalanches - We Will Always Love You

Après la sortie du dernier disque de Gorillaz rempli à ras bord de musiques en tous genres et d'invités de marque, voici The Avalanches qui placent peut-être encore la barre au-dessus, si cela est possible. Jugez plutôt : MGMT, Johnny Marr, Vashti Bunyan, Mick Jones, Neneh Cherry, Kurt Vile, Karen O, Wayne Coyne ou Rivers Cuomo. On est donc dans la surenchère de sons, de collaborations, d'albums pleins comme un oeuf. Bienvenue dans la culture du zapping, sauf qu'ici, il y a - et c'est ça qui est assez incroyable - une vraie homogénéité malgré les styles si différents des invités. Chacun est venu se fondre dans la grande orgie pop orchestrée par le duo Australien. Contrairement au Gorillaz, on peut ici tout aimer ou presque. Si je n'étais pas forcément convaincu par les quelques singles annonciateurs, l'écoute entière de l'album m'a conquis. C'est le miracle de ce groupe : comme " Since I Left You " paru il y a déjà vingt ans, ce " We