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Articles

Purling Hiss - Weirdon

A l'heure du retour de Weezer, groupe fantasmé des teenagers des années 90, qui, à mon humble avis, supporte difficilement une écoute prolongée aujourd'hui. Franchement, " Undone - the sweater song ", c'est du rock d'étudiants de première année. Bien fait, avec les moyens du bord, ou plutôt des capacités limitées. Mais passé à l'âge adulte, on recherche autre chose, du plus consistant, non ? A la vue des commentaires dithyrambiques glanés sur le net, je me dis que la nostalgie a la dent dure et on ne renie pas comme ça ses premiers émois de rockeurs adolescents. Mais je suis un cas particulier, le grunge et tous les groupes ayant gravité de plus ou moins près autour ont tendance à me soûlent rapidement aujourd'hui. Purling Hiss, plus encore que Dinosaur Jr ou Sebadoh qui ne m'enthousiasment qu'épisodiquement, seraient les seuls capables de me faire encore aimer ce rock indé US. Parce qu'ils ne sont pas dans la démonstration technique,...

Arthur H - Soleil Dedans

Il fallait bien que cela arrive. Je n'avais pas encore parlé de ce chanteur, illustre "fils de", mais ayant réussi à se démarquer rapidement de son paternel. D'abord, parce qu'il a su avancer masqué de par son pseudonyme mystérieux, son style inimitable car protéiforme, sa dégaine atypique, enfin sa voix tout de suite reconnaissable. La comparaison va sans doute être trop flatteuse pour certains, mais Arthur H, c'est notre Tom Waits à nous, plus Gainsbourg que Johnny Cash, incapable de mauvais disques. Ce nouvel album n'échappe pas à la règle. Les musiques sont une fois de plus parfaites, alliant des arrangements empruntés du jazz à la pop (" L'autre côté de la lune "). Les paroles fantaisistes, parfois un peu (trop?) légères, sont élégamment en retrait. L'émotion vient même pointer le bout de son nez sur quelques titres à l'enrobage plus classique, comme le sublime " La ballade des clandestins ". C'est l'un de...

Woods - With Light & With Love

Je ne sais pas pourquoi, au moment de sa sortie en avril dernier, j'ai ignoré ce disque. Peut-être que j'en attendais trop, me disant qu'à chaque nouvel album, Woods progressait inlassablement. Celui-ci se devait forcément d'être supérieur au précédent. En fait de supérieur, il est juste plus pop, plus lumineux, avec une production à chaque fois plus soignée, à moins que ce ne soit seulement parce que les membres du groupe ont progressé dans la maîtrise de leur instrument. A la réécoute, ce nouveau Woods n'est donc pas mauvais, loin s'en faut. On pense toujours à Neil Young, aux Byrds, à George Harrison, à Love aussi. Bref, au meilleur de la pop-folk des années 60. Jeremy Earl, le leader de Woods est aussi à l'origine du label Woodsist qui commence à se constituer un sacré catalogue, réunissant entre autres Real Estate ou plus récemment le très prometteur Kevin Morby. Après " Bend Beyond " ou " Songs Of Shame ", je continue donc à ...

Top albums 1983

Vous les attendez tous (si, si, avouez-le), voici le retour de mes tops annuels, classements méthodiques de mes 10 disques préférés année par année. Je sais ce que cela peut révéler de pathologique d'aimer classer ainsi des disques par leur millésime. En plus, les goûts changent et qui sait si demain mes goûts personnels n'auront pas évolué. Mais peu importe, voici déjà l'année 1983 avec une fois de plus, quelques albums qui comptent. Il y eut surtout la naissance d'une formation majeure de ces dernières décennies, REM , et leur premier " Murmur " d'anthologie. New Order qui, avec leur cultissime " Blue Monday " s'émancipe définitivement de feu Joy Division. Autres révélations, celle des Violent Femmes et leur folk-punk de bouseux qui en inspirera plus d'un. Les Chameleons auront au moins autant d'influences, peut-être moins revendiquées, mais réécoutez donc leur excellent " Script Of The Bridge " et vous comprendrez q...

Half Japanese - Overjoyed

Parmi tous les retours de vieilles gloires, celui de Half Japanese est pour le moins passé inaperçu. Le groupe de Jad Fair a pourtant son lot non négligeable d'admirateurs, de Yo La Tengo aux Pastels en passant par l'inénarrable Daniel Johnston qui ont tous un jour collaboré avec lui. Bien sûr, ce ne sont que des "seconds couteaux", des formations ou artistes qui évoluent un peu en marge, mais ils ont leur suiveurs fidèles. Half Japanese, on a l'impression qu'ils sont transparents, jamais cités ou presque par les médias même spécialisés parmi les formations de rock indépendant influentes. Pourtant, le rock lo-fi, c'est eux qui l'ont inventé ou presque, à la fin des années 70, il y a bientôt 40 ans. Mais que penser de ce premier disque sorti après 13 ans d'absence ? Qu'il est magnifiquement rêche, que Half Japanese reste ce constant poil à gratter malgré les années, incapable de mélodies franches et directes, que même si les morceaux ressembl...

Dominique A - Tomber Sous Le Charme

Je ne sais plus quand le déclic s'est produit. " Les Hauts Quartiers De Peine " ? Ou " Monochrome " sur un disque de Tiersen ? Je sais seulement que ses écrits sur le site " Comment certains vivent " ont constitué pour beaucoup dans l'admiration que j'ai aujourd'hui pour Dominique A. Il y eut aussi ses chroniques dans le magazine du TGV au moment où je prenais beaucoup ce dernier. Même si je lisais beaucoup moins que lui, je me retrouvais souvent dans ses choix, sa vision des choses et de la vie, Joy Division, Sarah Records (les fabuleux Field Mice). C'est à ce moment-là qu'au-delà de la musique, j'avais scellé un pacte avec le chanteur, étant sûr de le suivre peu importe où il pouvait m'emmener. Je faisais partie intégrante du même " Convoi ". Quand est sorti en début d'année, " Tomber sous le charme ", livre qui regroupait la quasi exhaustivité de ses chroniques musicales et littéraires, je n...

Benjamin Clementine - Glorious You (EP)

Deuxième Ep chroniqué en une semaine, voilà que les habitudes changent ici. Comme si le format court restait la seule manière d'échapper à la redite ou à l'ennui. Pour les plus que prometteurs Feu! Chatterton ou Benjamin Clementine, on devine pourtant un potentiel, une variété de sons et d'ambiances qui devrait les mettre à l'abri de ce défaut sur leur tant attendu premier LP. Les deux n'ont pas peur d'en faire parfois trop et montrent une personnalité musicale déjà bien assumée. Le risque est donc de ne bientôt plus rien avoir à dire ou à proposer. Mais des morceaux comme celui qui ouvre ce " Glorious You ", on pourrait en prendre par camions entiers qu'on ne serait pas certains de s'en lasser. On pense à Antony Hegarty pour les acrobaties vocales et les somptueux arrangements au piano. C'est du classique, de la soul, de la pop, du jazz. Bref de la musique avec un grand M. De celles qui vous font croire que malgré les difficultés grandi...