30 août 2010

Mes indispensables : Tim Buckley - Goodbye And Hello (1967)

C'est en lisant l'autre jour ce "torchon" écrit par Les Inrocks, qui résume à lui seul la médiocrité dans laquelle se vautre régulièrement le magazine depuis quelques années, que j'ai eu envie de me replonger dans ce sublime "Goodbye And Hello". Oui, comparer Jeff Buckley à Robert Pattinson, franchement, à ce niveau-là, cela relève de la faute professionnelle. Enfin, bref, oui, parlons plutôt du père, Tim, au destin tout aussi tragique mais à la discographie nettement plus consistante. Je suis d'ailleurs de ceux qui ont découvert le père grâce au fils, question de génération sans doute. J'ai commencé par "Morning Glory", le dernier titre de ce deuxième album paru en 1967. Un morceau d'éternité. Une voix d'une pureté exceptionnelle, asexuée, presque surnaturelle. Une chanson flottante, en apesanteur. Un rêve éveillé qu'on ne voudrait jamais voir s'arrêter. Un de ces trucs qui vous fait tout simplement aimer la musique. Un ange passe... Oui, Tim Buckley est un songwriter de cette trempe-là, l'égal pour moi d'un Leonard Cohen ou d'un Nick Drake. Surtout sur ce disque en fait. Le premier album dans le même esprit folk mais moins abouti et la suite plus jazz me touchent moins. "Goodbye And Hello" porte donc pour moi magnifiquement bien son nom. Parce qu'il n'y aura pas de suite aussi forte. Parce que cela me suffit amplement. Buckley démontre ici toutes ses qualités de troubadour folk, nous délectant de quelques petites perles aux sonorités médiévales ("Carnival Song", "Hallucinations"), d'au moins une autre ballade aussi bouleversante que "Morning Glory" ("Phantasmagoria In Two") et de morceaux aux belles envolées lyriques qui inspireront plus tard son fils ("Pleasant Street", "Goodbye And Hello"). La chanson "I Never Asked To Be Your Mountain" a d'ailleurs été expressément écrite pour  ce dernier, Tim y avouant d'avance qu'il ne fera pas un "bon" père.
Avec le recul, on peut déjà y voir la destinée fatale de la famille Buckley. En effet, ils brûleront tous deux leur vie, à l'image d'étoiles filantes, la consacrant presque uniquement à la musique. Si le père échappe toujours aujourd'hui, contrairement au fils, à la moindre critique, c'est aussi du fait de son époque, cette période bénie des années 60. Ce temps, que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître, sans doute trop idéalisé, ne mélangeait pas tout et n'importe quoi et les artistes n'y étaient pas encore injustement comparés à de vulgaires produits marketings.

"Morning Glory" :

25 août 2010

Ceo - White Magic

La Suède est vraiment un drôle de pays - tiens, ça me rappelle le début d'un autre article récent. Moins brutale que la musique en provenance de Norvège, moins barrée que celle d'Islande, la musique suédoise est souvent considérée comme plus consensuelle. Et Ceo, le projet solo d'Eric Berglund, membre de la formation The Tough Alliance, ne devrait sans doute pas déroger à la règle, car ce "White Magic" a tout de l'usine à tubes tendance électro-kitsch. On se demande même à l'écoute de ce disque pourquoi il ne connaît pas encore une sortie à plus grande échelle et se contente juste d'un petit label indépendant, Sincerely Yours. Tous les titres ou presque de cet album pourraient en effet connaître le succès. Bon, je sais, les gardiens du bon goût, adeptes de musique exigeante, trouveront tout cela bien facile et léger. Alors, je me dis que cela doit être à cause de la fin de l'été, du ramollissement général des neurones, du besoin de trucs plus physiques que cérébraux qui font que j'ai succombé.
Oui, je me trouve déjà des excuses, comme si c'était honteux d'aimer Ceo. Comme Abba autrefois. Comme Millenium dernièrement. Comme beaucoup de choses qui viennent de Suède, en fait. Et Ikéa ? Et H&M ? Honteux d'avoir les mêmes goûts que la majorité ou presque. Mais cette fois-ci, j'ai décidé d'assumer, parce que ce "White Magic", malgré ses défauts, est assez irrésistible dans son genre !

Clip de "Come With Me" :

23 août 2010

Mes indispensables : Denim - Back In Denim (1992)

Lawrence Hayward est un drôle de personnage. Il a d'abord officié pendant toute la durée des années 80 au sein de Felt dont il est le principal artisan. La pop du groupe, à contre-courant de l'esprit de cette décennie-là, n'a malheureusement jamais pu rencontrer un large public, trop intellectuelle, trop sage aussi, mais pourtant pas si éloignée que ça d'un Lloyd Cole pour le côté dandy romantique. Ayant finalement lâché l'affaire en 1989, avec "Me and the monkey on the moon", un de leurs meilleurs disques, Hayward, qui ne se fait souvent appelé simplement que par son prénom, décide de former un nouveau groupe : Denim. Et c'est un brusque changement de ton et de direction musicale. Finie la pop soyeuse et délicate des débuts, place à celle plus directe faite de "ohohoh" et de "lalala", qui privilégie la mélodie qui fait remuer du popotin et qu'on n'hésite pas à reprendre stupidement tous en choeur. La transformation pourrait être comparée à celle d'un Jarvis Cocker à partir de 1992 - tiens, tiens, c'est la même année - quand Pulp décidera de se lancer de la même façon dans la pop plus dansante et électronique. Mais à l'inverse de son collègue britannique, Lawrence continuera à être injustement ignoré.
Ce premier album "Back in Denim" - il y en aura seulement trois - est pourtant aujourd'hui encore une véritable machine à tubes, du titre éponyme, en passant par "Fishs and Chips", "Middle Of The Road", "American Rock", etc. Les paroles sont de plus particulièrement mordantes. Lawrence crache aussi bien sur ces années 80 qui l'ont complètement méprisé ("I'm against the eigthies") que sur le rock'n'roll en général et le soit-disant bon goût universellement partagé ("I hate the Stones and I hate blues, Eddie Cochran and Blue suede shoes, I hate the King I hate Chuck Berry, I hate Hooker I hate Leadbelly, aallrightt!" sur le single "Middle Of The Road"). Il avoue par opposition, son admiration pour The Osmonds, un obscur groupe de variété des années 70. Pas sûr qu'avec tout ça, il n'a pas facilité encore plus la tâche de ses détracteurs. Mais tant pis, il acquiert tout de même au fil des années une poignée de fans de plus en plus nombreux, admirant son éternel esprit d'indépendance. Les derniers en date ? Le groupe américain Girls. De son côté, le magazine Magic attend toujours avec autant d'impatience des nouvelles du bonhomme, annonçant d'ailleurs un nouvel album de son dernier projet en date, Go-Kart Mozart, pour le mois d'octobre prochain. On peut douter de sa réussite, n'empêche, plus encore que Felt et que sa pop à la production vieillotte, je ne me lasse toujours pas de ce "Back In Denim". "I'm back, I'm back in Denim and Denim put the soul in your rock'n'roll". Cheap peut-être mais terriblement jouissif.

Clip de "Middle Of The Road" :

20 août 2010

The Flaming Lips, The National, Archie Bronson Outfit, The Rapture, etc. - La Route du Rock - 15 août 2010


Les années se suivent et se ressemblent. Finalement. Comme l'année dernière, nous avons décidé, maman et moi, de prendre notre billet pour la dernière journée du festival malouin de la Route du Rock. Comme l'année dernière, nous n'avons pas eu de pluie, histoire de faire taire les mauvaises langues qui disent que c'est pourtant une habitude bretonne. Enfin, il faut quand même avouer que cette fois-ci, il s'en est fallu de peu, puisque la veille, il a fait un temps exécrable, - tant pis pour les fans de Massive Attack - nous obligeant ainsi le lendemain à chausser de très seyantes bottes en caoutchouc. Comme l'année dernière, ce fut excellent. Même plus que l'année dernière. Rappel des faits de ce dimanche 15 août d'auguste mémoire.
Premier concert de la soirée : Thus:Owls, en remplacement de dernière minute des américains de Ganglians. C'est un groupe suédois réunissant des musiciens de Loney, Dear et de ... Patrick Watson. Et cela donne comme on peut s'y attendre une drôle de mixture, rappelant tantôt Dead Can Dance pour la musique à tendance médiévale, le look de prêtresse et la jolie voix de la chanteuse, tantôt Pink Floyd pour les élans sonores flirtant souvent avec le rock progressif. Sympa et plaisant, même si ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. En tout cas, cela m'a paru nettement plus intéressant que ce j'avais pu écouter sur disque.
Deuxième concert et le ton monte de plusieurs crans d'un coup avec les sauvages anglais d'Archie Bronson Outfit. Nos quatre gaillards débarquent sur scène attifés de simples robes boubous bien dans l'esprit de leur dernier "Coconut" et de ses inspirations tribales et africaines. Pendant près d'une heure, il n'y aura pas un seul temps mort, le set dégageant une puissance sonore et mélodique redoutable. Un bémol toutefois, nos londoniens chéris (enfin, surtout de maman ;) sont un poil statiques et se contentent - ce qui est déjà beaucoup - de balancer la sauce, l'air de rien, un peu en retrait. Le trac ? Et si derrière ces costumes excentriques et originaux pour un groupe rock et cette musique allumée et instinctive, se cacheraient finalement de doux introvertis ? Excellent concert tout de même.

C'est déjà l'heure de la pause. Puisque c'est pendant la prestation des norvégiens de Serena Maneesh et de leur rock tendance shoegaze que nous avons choisi de retrouver un collègue blogueur, en l'ocurrence Erwan, The Man Of Rennes, le temps d'une bière et d'une sympathique rencontre. Si nous ne partageons pas toujours les mêmes goûts musicaux, nous étions au moins d'accord sur ce qui était en train de se passer devant nous. Beaucoup de bruit pour rien ou presque. Un groupe qui se la raconte pas mal, des morceaux interminables qui n'évoluent la plupart du temps pas d'un iota, et pas l'once d'une mélodie immédiatement sifflable à l'horizon. Le chanteur-guitariste au bandeau à la Bruce Springsteen  période "Born In The USA" ou MGMT, terminera seul, allongé sur scène, nous gratifiant d'une pitoyable séquence de gratouillis de guitare sans intérêt. L'écoute de leur dernier album m'avait carrément laissé de marbre et pourtant, j'aime plutôt ce qui est shoegaze, - au passage, pour Erwan, j'ai entendu dire que c'est Sufjan Stevens qui avait fait les arrangements de cordes de "N°2 : Abyss in B Minor" : info ou intox ? - leur concert n'a fait que confirmer cette première impression. Indéniablement, le gros point faible de la soirée. Le seul. Finalement.
Car la suite sera un feu d'artifice presque continu. A commencer par The National. Un peu déçu par "High Violet" et ne les ayant jamais vus en live, je ne m'attendais pas à une telle démonstration. Surtout que le concert avait commencé plutôt calmement, contrastant par là avec les précédents bourrins norvégiens (une habitude de ce pays ?). Mais la suite sera épatante, le groupe faisant montre de toute sa puissance sonore et mon dieu, quelle rythmique basse/batterie ! - même si le batteur a des faux airs du célèbre personnage de publicité, "il a Free, il a tout compris". Matt Berninger, lui, maîtrisera sa voix de bout en bout, malgré le nombre de verres d'alcool ingurgités. Etonnant chanteur d'ailleurs, capable de furies intempestives dignes de véritables crises d'épilepsie, puis de reprendre un calme tout olympien, l'instant d'après. Quant aux jumeaux guitaristes : sobres et impeccables ! Bref, The National a la grande classe. Et tant pis, si maman (et les Inrocks)  ne partagent pas entièrement mon enthousiasme, trouvant la musique du groupe trop... académique. "Alligator" reste plus que jamais l'un de mes disques préférés de la dernière décennie.
Avec le groupe suivant, en tout cas, il y a eu unanimité générale. Car que dire du concert des géniaux Flaming Lips ? Que depuis la dernière fois que je les ai vus, en 2002, à Paris, au moment de la sortie de "Yoshimi Battles The Pink Robots", le show des américains est tout simplement devenu énorme, gagnant encore en folie et en majesté. Peut-être aussi parce que la scène d'un festival le permet plus facilement que celle de l'Elysée Montmartre. Un grand écran placé au centre de la scène diffuse d'abord un clip psychédélique dans lequel une jeune femme nue danse frénétiquement. Puis la vidéo s'arrête sur la fille allongée, en position d'accouchement. C'est alors que les membres du groupe font leur apparition, par une porte, à l'endroit même du vagin. Le chanteur, lui, avance avec l'aide des mains, directement sur le public, en faisant tourner une immense bulle dans laquelle il évolue. Les canons installés sur les côtés projettent des confettis. De gigantesques ballons gonflables sont lâchés. Des apprenties danseuses tout habillées d'orange - bien dans le ton du reste, car même les amplis sont de cette couleur !- se trémoussement  de façon désordonnée à gauche et à droite du groupe. Le ton est donc donné d'emblée : ce qui va suivre, va tout autant valoir pour la musique que pour l'aspect visuel spectaculaire. Wayne Coyne tiendra ainsi la vedette tout du long  : il sera d'abord attaqué par un gros ours en peluche, fera faire ensuite au public toutes sortes de cris d'animaux ("I Can Be A Frog"), dirigera des faisceaux lumineux verts à partir de mains énormes et terminera bien sûr en apothéose avec le magnifique classique des Flaming Lips "Do You Realize ?" On reste béats d'admiration, comme des gamins, devant tant de fantaisie, d'inventivité, de grand foutoir organisé, le sourire niais scotché aux lèvres. Il fallait évidemment en être. Un concert des Lips, ça se vit. Et pis c'est tout. Comme dirait l'autre.
Comment passer après ça ? C'est ce que se diront les américains de The Rapture en arrivant sur scène. Comment faire mieux ? Comment rester au moins au même niveau d'intensité ? A défaut de spectaculaire, leur set sera diablement efficace mais très bruyant. Le groupe alterne les titres de leurs deux albums, malheureusement surtout le second, pas très éloigné de l'esprit dance de Daft Punk par exemple. N'empêche des titres comme "House Of Jealous Lovers" et "Echoes" sont toujours aussi impressionnants de puissance et donnent d'irrésistibles envies de bouger. Le public fatigué tout de même, il est trois heures du matin, semble ravi, gardant ainsi la banane (et la pêche ?) laissée par le concert précédent. Ayant déjà écouté nos morceaux préférés, nous décidons tout de même, de partir, maman et moi, un peu avant la fin, histoire de ménager nos oreilles qui en ont de toute façon assez entendu.
Comme l'année dernière, nous sommes rentrés au petit matin, fatigués mais heureux. Comme quoi, oui, les années se suivent et se ressemblent.

Autres comptes-rendus du festival ailleurs sur le net : Rock Times, Alter1fo.com, Random Songs, La Blogothèque et le dossier spécial du journal Ouest-France.
Comme l'an passé, Arte Live Web a retransmis quelques concerts en direct sur internet  dont ceux de Thus:Owls et Serena Maneesh toujours visibles ici et .

18 août 2010

Wolf Parade - Expo 86

Cette semaine, on continue encore avec un disque sorti il y a quelques temps déjà. Les deux leaders de Wolf Parade, Spencer Krug et Dan Boeckner en véritables bourreaux de travail remettent le couvert en 2010, après avoir officié l'année dernière chacun de leur côté, le premier avec Sunset Rubdown, le deuxième, en compagnie de sa femme sous le nom de Handsome Furs. J'en parlais d'ailleurs ici et , et les deux groupes ont eu aussi droit aux "honneurs" du Top Chansons 2009 de papa ! Il semblait donc évident de vous parler aujourd'hui du nouvel album de Wolf Parade, "Expo 86", troisième du nom. Pourtant, j'ai mis du temps à m'y faire, à ce disque. Mais comme avec les Black Keys, la semaine dernière, impossible de résister au premier titre, "Cloud Shadow On The Moutain", véritable morceau de bravoure qui flirte pourtant avec le rock le plus balourd mais sans jamais tomber dans l'excès, aidé en cela par une mélodie et une énergie dévastatrices, en témoigne le mémorable final. Mais, de l'excès, il y en aura pas mal par la suite et c'est d'ailleurs, ce que je reprochais déjà à Sunset Rubdown il y a un an.
C'est dommage, car dépouillée de quelques grosses guitares et riffs inutiles, débarrassée d'un zest de  testostérone et d'un côté "m'as-tu vu ?" parfois un peu agaçant, la musique des canadiens deviendrait nettement moins indigeste et plus accueillante. Mais, étonnamment, j'ai déjà eu envie de réécouter cet "Expo 86" à plusieurs reprises, trouvant même qu'il se bonifie avec le temps. Un rock  peut-être plus subtil qu'il n'y paraît, donc. Alors, Wolf Parade, le meilleur de Krug et de Boeckner réunis ?

16 août 2010

Mes indispensables : The Rapture - Echoes (2003)

Tiens, tiens, déjà le cinquantième indispensable dont je vous parle ici. Pile la moitié donc. Ben oui, j'ai prévu cent disques simplement, ça fait peu diront certains, surtout que pour l'instant, il manque pas mal de classiques à l'appel. Patience, patience, même s'il y aura évidemment des surprises, des oublis et des trucs dont je suis à peu près le seul à considérer comme "indispensables" justement. Mais trêve de bavardage, retour en 2003 aujourd'hui pour un album assez récent donc. Il s'agit du premier disque de The Rapture que je viens d'ailleurs de voir à la Route du Rock cette année (à l'heure où cet article sera publié, je devrais, si tout va bien, être en train de dormir, puisque le concert du groupe était programmé à 2h30 du matin...). Pour ce qui est du compte-rendu du festival et de leur prestation, il faudra attendre quelques jours, le temps que je me remette de mes émotions... En tout cas, lorsque paraît cette année-là "Echoes", le disque fait l'effet d'une claque au milieu de la production balisée par le retour du rock à guitares et de tous ces groupes en "The". Si l'inspiration principale de The Rapture est à aller chercher parmi le punk des années 70 et la new-wave des années 80, surtout celle des Cure de Robert Smith, pour la voix assez proche notamment.
Malgré ces influences, le son du groupe s'avère résolument moderne et original dans la lignée des productions du label DFA Records, à l'origine duquel on retrouve l'indispensable James Murphy de LCD Soundsystem. "Echoes" pourrait ainsi être considéré comme le lien manquant entre Gang Of Four et Daft Punk, constituant une véritable machine à danser, en témoigne le génial single "House Of Jealous Lovers" traversé par de fracassants riffs de guitare et un groove de basse irrésistible. Depuis, The Rapture a publié un deuxième disque - sur un plus gros label - assez décevant et un brin putassier, mais on évoque pour le troisième annoncé pour la fin septembre un retour aux sources prometteur. A suivre...

Clip de "House Of Jealous Lovers" :
Clip de "Sister Saviour" :

11 août 2010

The Black Keys - Brothers

Pendant l'été, on continue les séances de rattrapage de quelques bons disques sortis depuis le début de l'année 2010 avec aujourd'hui le blues-rock des américains de Black Keys. Bon, je ne vais pas vous le cacher, je n'ai jamais été un grand fan de cette musique. A cause de l'inénarrable Johnny Hallyday ? (oui, "tout la musique que j'aime, elle vient de là..." elle me fout le blues) Pas sûr, reste que mise à part, quelques titres par-ci, par-là - notamment des White Stripes ces dernières années - je suis toujours resté assez hermétique au style. Alors, pourquoi, d'un coup d'un seul, les Black Keys, ce duo de jeunes blancs becs en provenance de Akron, Ohio, qui fait de la musique comme les noirs ? Parce que le premier titre, "Everlasting Light", de "Brothers", leur dernier album, me hante depuis un moment déjà. Je ne cesse d'y revenir, malgré moi : ce son vintage, cette voix, cool et classieux, bien dans l'esprit d'une bande originale de films de Tarantino. J'admets quand même ne pas adhérer à tous les morceaux de la même façon. Après l'intermède instrumental "Black Mud", le son s'adoucit un peu, et devient plus soul et hormis quelques belles chansons comme "The Only One" ou "Never Gonna Give You Up" (rien à voir avec une quelconque reprise de Rick Astley...), je décroche parfois.
Mais, rien que le fait, comme ça, de vouloir le réécouter alors que cet album n'avait au départ pas grand chose pour me plaire, doit être un signe. Et puis, la vidéo de "Next Girl" ci-dessous et son côté décalé m'ont définitivement convaincu que les Black Keys possèdent ce petit quelque chose en plus par rapport aux autres groupes du genre. Je soupçonne d'ailleurs une certaine mademoiselle Eddie, bien connue de la blogosphère musicale, d'avoir créer un nouveau concept de blog ("Bonjour Blues") suite à la découverte de ce "Brothers"-là. Pour ma part, je ne suis pas encore sûr de vouloir faire le pas d'aller découvrir les classiques du blues. J'en resterai donc là. "Everlasting Light" : faut voir.

Clip de "Next Girl" :

Clip de "Tighen Up" :

9 août 2010

Mes indispensables : Kevin Ayers - Joy Of A Toy (1969)

Cette semaine, retour à une vraie vieillerie pour les indispensables à papa. Une vieillerie souvent injustement oubliée d'ailleurs lorsqu'il s'agit de parler des disques marquant des années 60. Kevin Ayers est anglais - pour ceux qui ne savent pas déjà - et est un ancien membre du groupe de rock psychédélique culte Soft Machine, auquel il n'a participé que sur le premier album. Cette formation, c'était, avec le recul, une sacré fine équipe, puisqu'on y retrouvait aussi le génial Robert Wyatt et Daevid Allen qui fondera plus tard Gong, Ayers y officiait en tant que bassiste. Sa carrière solo qui démarrera avec ce disque ne rencontrera malheureusement jamais vraiment le succès. Pourtant, sa pop, proche de celle de son ami Syd Barrett, est encore aujourd'hui d'une incroyable modernité. En effet, impossible à l'écoute de ce "Joy Of A Toy" de se rendre compte qu'elle a plus de 40 ans. Car, en l'espace d'une dizaine de titres, il arrive à brasser un grand nombre de styles différents, allant du rock psychédélique bien sûr, au jazz, en passant par la musique ethnique ( le titre "Oleh Oleh Bandu Bandong" est inspiré d'une chanson folklorique de Malaisie) et aussi la chanson folk plus classique, notamment sur une poignée de chansons magnifiques où sa voix de velours fait des merveilles ("Eleanor's Cake", "Girl On A Swing" et surtout "The Lady Rachel"). 
Dès les premières secondes de ce disque, on est comme happé par une joyeuse fanfare bigarrée et une mélodie simple et particulièrement addictive ("Joy Of A Toy Continued"). Tout l'album est aussi marqué par une qualité d'écriture assez incroyable, des textes poétiques jusqu'aux arrangements très travaillés et variés. Et on finit donc par se demander comment le gaillard n'a jamais été plus célèbre, car il avait tout pour lui ou presque : une belle gueule, une belle voix et un talent indéniable. En plus, il aime la France, puisqu'il y habite depuis de nombreuses années maintenant. Mais alors pourquoi ? Il ne tient qu'à vous de le réhabiliter un tant soit peu.

4 août 2010

Arcade Fire - The Suburbs

Autant le dire tout de suite, comme ça, ça sera fait, le nouvel album d'Arcade Fire est décevant. Pourtant, c'est quand même mon disque de la semaine. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons. D'abord, parce qu'on est début août, et que forcément, ce n'est pas une très bonne période pour tout ce qui est artistique et culturel. La preuve, au cinéma, c'est plutôt l'époque des blockbusters américains simplistes et bourrés aux amphétamines ou aux comédies françaises basses du front. Les cinéphiles ont plutôt intérêt à être en vacances. Niveau musical, c'est encore pire, il n'y a quasiment plus de sorties du tout. Alors, c'est forcément suspect de vouloir faire parler de soi, maintenant et de ne pas attendre la rentrée. Cela veut sans doute dire que finalement, on a peur de la concurrence, peur de ne pas exister. Pourtant, c'est Arcade Fire, non ? Les sauveurs du rock, d'après les Inrocks, auteurs d'un chef d'oeuvre et d'un excellent deuxième disque. Alors, oui , le nouveau "The Suburbs" (décidément après les chansons sur le voisinage dans leur premier album, ils aiment bien parler de la vie citadine) n'est pas un mauvais disque, loin s'en faut, il contient même quelques très bons morceaux : "Modern Man", "Half Light I" ou encore "The Sprawl II". 
Mais il y a quelque chose de gênant dans cette nouvelle livraison du groupe montréalais, quelque chose qui commence à respirer la facilité. Les mélodies se font plus évidentes, trop même, les références aussi ("The Sprawl II" est un décalque de Blondie), on n'est plus très loin d'un rock FM de grande audience, idéal pour conquérir les stades. Et puis, où est passé le souffle épique de "Funeral" ou le son foisonnant de "Neon Bible" ? Les chansons souvent sur-produites ne décollent jamais vraiment. Il faudra peut-être attendre de voir ces nouvelles compositions interprétées sur scène pour y revenir plus facilement. Mais pour le moment, je n'arrive pas à me défaire de cette légère inquiétude de voir un de mes groupes préférés (vouloir ?) se démocratiser de la sorte.

2 août 2010

Mes indispensables : of Montreal - Hissing Fauna, Are You The Destroyer ? (2007)

Maman reprend du service ce matin pour partager avec vous un des indispensables les plus récents de sa discothèque.
Vous l'avez deviné lors de mes précédentes interventions, j'ai un faible pour les strass, les paillettes et la fourrure synthétique... Ca tombe bien, car telle une réincarnation de Bowie ou d'Eno en pleine période glam, Kevin Barnes, le leader extraverti de of Montreal ne fait pas vraiment dans la sobriété, sur le plan vestimentaire comme sur le plan musical. A priori, cela n'a rien pour attirer les amateurs de bon goût, me direz-vous... Mais heureusement, of Montreal, c'est plus que du maquillage et du clinquant. En témoigne l'album dont il est question aujourd'hui, chef d'oeuvre complexe de pop hallucinée et frétillante. Barnes, pierrot décadent et torturé, soigne sa dépression en écrivant presque à lui seul l'intégralité de "Hissing Fauna, Are You the Destroyer?", qu'il qualifie lui-même de "concept album". Sur fond de rock électronique sophistiqué et psychédélique, Kevin Barnes s'offre donc une thérapie personnelle et par la même occasion, nous fait régresser en groupies évaporées.
Et je parle en connaissance de cause, puisque papa et moi avons eu la chance d'assister à l'un de leurs concerts à Paris, fin 2007. Lors de cette prestation, Barnes nous a présenté une partie de son extravagante garde-robe. Il n'est toutefois pas allé jusqu'à enlever le bas, comme il l'avait fait à Las Vegas quelques mois auparavant... En outre, le groupe déploie sur scène une énergie communicative et ne tombe jamais dans le ridicule en dépit des excès de son flamboyant chanteur. Evidemment, n'est pas Kevin Barnes qui veut. Il semblerait d'ailleurs que la fibre artistique fasse partie du patrimoine génétique chez les Barnes, puisque c'est David, le frère de Kevin, qui est l'auteur de tout le travail graphique et design particulièrement original de of Montreal.
Si l'album suivant, "Skeletal Lamping", moins instinctif, mais encore plus azimuté, n'a pas trouvé autant grâce à mes yeux que "Hissing Fauna..." ou le presqu'aussi indispensable "Satanic Panic In The Attic" (2004), je place tous mes espoirs dans "False Priest", qui sortira le 13 septembre.

Clip de "Grolandic Edit" :
Clip de "Heimdalsgate Like A Promethean Curse" :

Clip de "Suffer For Fashion" :