31 octobre 2011

Pink Floyd - See Emily Play (1967)

Réduire la carrière des Pink Floyd à une simple chanson, aussi brillante fut-elle, est évidemment sévère. Mais je dois confesser ici ne pas apprécier plus que ça la musique du groupe, ce qu'on appelle le rock progressif  a même plutôt tendance à m'ennuyer. Après le départ de leur premier leader, l'indomptable Syd Barrett, la formation anglaise  partira dans un délire sonore plus contrôlé, cherchant constamment à démontrer leurs techniques irréprochables. Je laisse volontiers ce genre de musique, s'affiliant bien souvent à de la pure technicité, aux ex-soixante-huitards pour lesquels le Floyd a constitué la bande son de leur adolescence (droguée ?). Au mythique "The Dark Side Of The Moon", considéré comme leur chef d'oeuvre et qui a longtemps servi de cobaye aux démonstrateurs hi-fi afin de prouver la qualité sonore de leurs produits, je préfère le premier, l'hallucinant et halluciné (et hallucinogène?) "The Piper At The Gates Of Dawn", oeuvre quasi exclusive du plus cinglé de la bande, Syd Barrett. Ce disque fut enregistré dans les mêmes studios - Abbey Road pour ne pas les citer - et en même temps qu'un autre grand album de l'époque, le fameux "Sergent Pepper" des Beatles. Maintenant lesquels ont le plus inspiré les autres ? L'histoire ne le dit pas. Mais Barrett ne rencontrera pas le même succès que la paire McCartney/Lennon et "See Emily Play", sortie juste avant, restera son plus grand succès. Le chanteur sera ensuite mis à l'écart du groupe par les autres membres pour cause d'instabilité d'humeur en grande partie dûe à une trop forte absorption de substances illicites. A l'heure de la réédition de la discographie complète des Pink Floyd, il serait dommage de négliger l'un des précurseurs du psychédélisme anglais.

Emily tries but misunderstands, ah ooh
She often inclined to borrow somebody's dreams till tomorrow
There is no other day
Let's try it another way
You'll lose your mind and play
Free games for may
See Emily play
Soon after dark Emily cries, ah ooh
Gazing through trees in sorrow hardly a sound till tomorrow
There is no other day
Let's try it another way
You'll lose your mind and play
Free games for may
See Emily play
Put on a gown that touches the ground, ah ooh
Float on a river forever and ever, Emily
There is no other day
Let's try it another way
You'll lose your mind and play
Free games for may
See Emily play

28 octobre 2011

Bertrand Betsch - Le temps qu'il faut

Si, à Dunkerque, il y avait déjà "Petch" et "Metch", dans la chanson française, il y a depuis quelques années, un dénommé Betsch. Et ce nouveau disque "Le temps qu'il faut" après plusieurs années d'absence, nous prouve qu'il faudra compter avec un autre Bertrand. Pour la musique, on pense surtout à Florent Marchet, en particulier à son dernier "Courchevel" et parfois même à Raphaël (oui, oui), mais sans la voix harassante de jeune premier. Concernant le chanteur, j'en étais resté à l'efficace "Pas de bras, pas de chocolat" sorti en 2004. J'avais loupé "La chaleur humaine". Depuis, plus rien. Une extinction de voix qui a failli condamner la carrière de Betsch. "Le temps qu'il faut" porte donc bien son nom, car l'auteur a eu le temps de peaufiner son oeuvre, avec l'aide de sa compagne, la plasticienne Nathalie Guilmot, qui vient pousser la chansonnette pour quelques jolis duos. Le temps est aussi le thème récurrent de ce nouvel album, omniprésent à chaque morceau. Comme si l'auteur était un survivant, qu'il n'en avait justement plus à perdre.
Bien sûr, cela reste de la variété française diront les pisse-froid, mais si on pouvait en entendre plus souvent de cette qualité là sur les ondes de radio et les écrans de télévision, on ne s'en porterait pas plus mal. Et là-dessus, pas envie d'attendre "le temps qu'il faut", je préfère reprendre tout de suite un petit peu de Betsch... 

Clip de "Pour une chance" :

26 octobre 2011

Yann Tiersen - Skyline

A l'instar d'un autre Brestois, Miossec, j'ai délaissé la carrière de Yann Tiersen depuis un moment. Peut-être que leurs albums me correspondaient moins. Peut-être que je ne les ai pas assez bien écoutés. N'empêche, je ne retrouvais plus ce que j'y avais aimé. Le précédent de Yann Tiersen déjà était différent. "Dust Lane", sous l'influence d'un Miossec - passion commune pour My Bloody Valentine ? - avec qui il avait d'ailleurs travaillé entre temps, voyait le passage du compositeur à la ferveur des guitares électriques. Finies les petites mélodies désuettes à l'accordéon, Tiersen y développait un gros mur du son et laissait ainsi sur le bord du chemin, la plupart de ses fans venus à lui par le biais d'Amélie Poulain. Pari risqué. Et rebelote, cette fois-ci, avec un son plus arrondi et moins de bruit tout de même. "Skyline" n'est par instant pas loin de tutoyer les étoiles, déployant avec minutie et de manière progressive des thèmes envoûtants.
Même si en s'attaquant au post-rock, Tiersen prend le risque que sa musique devienne plus "banale", il n'en est rien, une fois de plus. Son style reste encore reconnaissable. Une marque de fabrique, par les temps qui courent, cela impose le respect. A découvrir ou redécouvrir très bientôt sur scène...

Clip de "Monuments" :

Clip de "The Gutter" :

Album en écoute sur Deezer.

24 octobre 2011

Spiritualized - Ladies And Gentlemen We Are Floating In Space (1997)

C'est la pochette de l'album du même nom que vous voyez ci-contre, et pourtant c'est bien de la chanson dont je vais vous parler. La première de l'album culte - un nouveau est attendu avant le printemps prochain... - de Spiritualized, grand manifeste de pop psychédélique et cramée, vaste fourre-tout un brin mégalo et épuisant, oeuvre "ultime" de son leader Jason Pierce, composée paraît-il suite au départ de sa belle, partie dans les bras de la concurrence plus consensuelle en la personne de Richard Ashcroft. 10/10 chez Pitchfork, album de l'année au NME devant l'indépassable "OK Computer" de qui vous savez. Pourtant, quand je l'ai entre les mains et qu'il bascule ensuite dans le lecteur CD de ma chaine hi-fi, je m'arrête bien souvent juste après ce morceau. Parce que c'est le plus pur, le moins "m'as-tu vu", celui où la mélodie se suffit à elle-même. Pas étonnant que la chanson ait été reprise sur la bande originale d'au moins deux films à succès : "Vanilla Sky" et "Eternal Sunshine Of The Spotless Mind".
Dès le début et cette voix qui nous explique que "Ladies and gentlemen, we are floating in space", on est emporté par un tourbillon de sentiments et d'émotions. La bonne idée a été d'y enchevêtrer une autre grande chanson d'amour, le "Can't Help Falling In Love With You" d'Elvis. Simple et irrésistible.

Ladies and gentlemen we are floating in space
All I want in lifes a little bit of love
To take the pain away
Getting strong today
A giant step each day
Wise men say
Only fools rush in
Only fools rush in
But I, I cant help
I cant help falling
Falling in love with you

I will love you till I die
And I will love you all the time
So please put your sweet hand in mine
And float in space and drift in time



All my time until I die,
Well float in space just you and I
And I will love you till I die
And I will love you all the time
So please put your sweet hand in mine
Well float in space just you and I

Wise men say
Only fools rush in
But I cant help
Falling in love with you

21 octobre 2011

Camille - Ilo Veyou

J'étais pour l'instant resté allergique à l'univers atypique de la chanteuse Camille. A l'instar de ce qu'est devenue Björk, je la trouvais trop prétentieuse et sa musique ennuyeuse. Je ne comprenais pas son succès critique et commercial. Et ce n'est sûrement pas le titre de son nouveau disque, "Ilo Veyou", anagramme tarabiscoté de "I Love You", qui allait changer la donne. Pourtant, dès la première écoute, il est difficile de ne pas être impressionné par le résultat, tellement sa musique semble impossible à résumer, tellement les styles abordés sont multiples, tellement la voix même de Camille est presque méconnaissable d'une chanson à l'autre. C'est parfois drôle, parfois politique, mais toujours inventif. Cette femme est un vrai caméléon et on sent qu'elle n'a pas de limite. Une chanson comme "La France" résume à elle seule son talent iconoclaste.
Elle y critique la culture à la française qui n'est, selon elle, plus que l'ombre d'elle-même ("La France, des photocopies"), le tout avec un chant à la Piaf et des paroles décalées ("Luke Skywalker vote pour les verts"). Au-delà du constat sévère sur lequel on pourra toujours débattre, ce titre est amené à devenir un classique. Me voilà donc réconcilié avec Camille, à croire que la parentalité rapproche. Entre ses deux derniers disques, la chanteuse est devenue maman d'une petite fille...

Clip de "L'étourderie" :

Clip de "She Was" :

Album en écoute sur Deezer.

19 octobre 2011

Real Estate - Days

Encore une belle année musicale chez Domino Records avec la révélation Anna Calvi, les toujours sexys et sémillants The Kills et les brillantes confirmations de Wild Beasts et de Real Estate. Ces derniers viennent de sortir leur deuxième disque, "Days" et plus qu'une confirmation, c'est une véritable bénédiction à laquelle on assiste ici. Les américains orginaires du New Jersey se retrouvent directement propulsés par la grâce de titres aussi élégants que "Out Of Tune", "Easy" ou "It's Real" dans la catégorie des meilleurs groupes du genre (le folk-rock champêtre?), suivant les traces encore fraîches laissées par les Feelies. Le guitariste Matt Mondanile, après l'intermède Ducktails, serait le pendant ensoleillé de Bradford Cox, la musique de Real Estate l'équivalent de celle de Deerhunter en plus ouverte, plus aérée. Car "Days" n'est pas vraiment un disque de saison, c'est plutôt un album d'été, léger, d'une parfaite fluidité. La lumière y est omniprésente et le groupe y impose sa musique sans forcer, sans jamais même hausser le rythme, sans tension apparente ni volonté bruitiste.
Les guitares y sont carillonnantes, à la manière des glorieux ancêtres de Galaxie 500. Bref, Real Estate n'est pas un groupe qui fait de la musique différente des autres, mais qui le fait mieux que la plupart. Une musique à la cool, pour les happy "days", et aussi pour tous les autres.

Album en écoute intégrale sur Deezer.

17 octobre 2011

Outkast - Hey Ya ! (2003)

Le NME, équivalent anglais des Inrockuptibles mais exclusivement centré sur la musique, est décidément adepte des classements en tous genres, à croire que, depuis Nick Hornby et son livre culte "High Fidelity", le phénomène est surtout une tare britannique. Le dernier en date est un top des 150 meilleures chansons des 15 dernières années. Pourquoi ? Il y a une toujours une bonne occasion et cette fois-ci, c'est pour le 15ème anniversaire de leur site internet NME.com.  Pas beaucoup de surprises à signaler quand on connaît déjà les goûts du magazine : 1er Radiohead, 2ème Arcade Fire et 3ème Outkast et leur multi-platiné "Hey Ya!". Un tube ultra entendu (trop?) dont le gimmick est même devenu une des sonneries de téléphone portable les plus téléchargées. Pourquoi en parler alors ? Parce que pour une fois, un groupe de rap ou tout du moins assimilé réussit l'exploit de faire une unanimité quasi générale, même chez les amateurs de rock. Je ne pense avoir parlé souvent de ce genre de musique et ça risque sans doute de ne pas se reproduire de sitôt mais force est de constater que ce "Hey Ya!", lorsqu'il est sorti au milieu du revival rock à grosses guitares et groupes en "The" (The Strokes, The Libertines, The White Stripes, etc) a tout emporté sur son passage. Pour une fois, des "rappeurs" - le terme étant trop restrictif les concernant - ne se prennent pas au sérieux et proposent un univers chamarré et à l'inspiration rétro à l'opposé du bling-bling plutôt monnaie courante dans le milieu. "Hey Ya!" restera comme un des tubes de ces années-là sur lequel on n'aura pas honte de chanter et de danser : "Shake it, shake it like a Polaroid picture"... "Hey Ya !" comme un cri de ralliement, deux mots tout simples qui ne revendiquent rien et filent une pêche d'enfer. Rien de tel pour commencer une nouvelle semaine !

[Intro]
One two three uh!

[Verse One - Andre 3000]
My baby don't mess around
Because she loves me so
And this I know for shooo..
Uh, But does she really wanna
But can't stand to see me
Walk out the dooor..
Don't try to fight the feelin'
Because the thought alone is killing me right nooww..
Uh, thank god for mom and dad
For sticking two together
'Cause we don't know hooowww...
UH!

[Chorus:]
Heeeyyy... Yaaaaaaa..
Heeyy Yaaaaaaaa..
Heeeyyy... Yaaaaaaa..
Heeyy Yaaaaaaaa..
Heeeyyy... Yaaaaaaa..
Heeyy Yaaaaaaaa..
Heeeyyy... Yaaaaaaa..
Heeyy Yaaaaaaaa..

[Verse Two - Andre 3000]
You think you've got it
Ohh, you think you've got it
But got it just don't get it
Till' there's nothing at
AaaaaaaaAAAAAAAaaaaaaAAAAAAaaaaaallllll..
We get together
Ohh, we get together
But seperate's always better when there's feelings
InvooooooOOOOOOOoooooooOOOOOOooooooOOOOOlved
If what they say is "Nothing is forever"
Then what makes, Then what makes, Then what makes
Then what makes, Then what makes LOOVVEEE?
(Love exception) So why you, why you
Why you, why you, why you are we so in denial
When we know we're not happy heeeerrreeee...
Y'all don't want me here you just wanna dance

[Chorus]
Heeeyyy... Yaaaaaaa.. (OHH OH)
Heeyy Yaaaaaaaa.. (OHH OH)
Heeeyyy... Yaaaaaaa.. (Don't want to meet your daddy, OHH OH)
Heeyy Yaaaaaaaa.. (Just want you in my Caddy OHH OH)
Heeeyyy... Yaaaaaaa.. (OHH OH, don't want to meet yo' mama OHH OH)
Heeyy Yaaaaaaaa.. (Just wan't to make you cumma OHH OH)
Heeeyyy... Yaaaaaaa.. (I'm, OHH OH I'm, OHH OH)
Heeyy Yaaaaaaaa.. (I'm just being honest OHH OH, I'm just being honest)


[Bridge - Andre 3000]
Hey, alright now
Alright now fellas, (YEAH!)
Now what's cooler than bein' cool?
(ICE COLD!) I can't hear ya'
I say what's cooler than bein' cool?
(ICE COLD!) whooo...
Alright, alright, alright, alright
Alright, alright, alright, alright
Alright, alright, alright, alright
Alright, alright, Ok now ladies, (YEAH!)
And we gon' break this thing down in just a few seconds
Now don't have me break this thang down for nothin'
Now I wanna see y'all on y'all baddest behavior
Lend me some suga', I am your neighbor ahh here we go!
Shake it, shake, shake it, shake it (OHH OH)
Shake it, shake it, shake, shake it, shake it, shake it (OHH OH)
Shake it, shake it like a Polaroid Picture, shake it, shake it
Shh you got to, shake it, shh shake it, shake it, got to shake it
(Shake it Suga') shake it like a Polaroid Picture

[Chorus]
Heeeyyy... Yaaaaaaa.. (OHH OH)
Heeyy Yaaaaaaaa.. (OHH OH)
Heeeyyy... Yaaaaaaa.. (OHH OH)
Heeyy Yaaaaaaaa.. (Uh oh, Hey Ya)
Heeeyyy... Yaaaaaaa.. (OHH OH)
Heeyy Yaaaaaaaa.. (Uh, uh, OHH OH)
Heeeyyy... Yaaaaaaa.. (OHH OH)
Heeyy Yaaaaaaaa.. (OHH OH)

[Chorus continues until fade]

14 octobre 2011

Maison Neuve - Joan

Il aura fallu un tour par l'indispensable laboratoire des Inrocks (anciennement CQFD) puis de l'appui de l'excellent label bordelais, Talitres, pour que le groupe Maison Neuve réussisse enfin à sortir un premier disque. Talitres, c'est souvent synonyme de folk, mais de folk lumineux, puissamment mélodique, comme chez Flotation Toy Warning ou The Apartments et ces français se situent idéalement dans cette lignée là. "Joan" est un disque paisible, agréable, même si le propos, notamment sur les deux titres chantés en français, y est assez sombre ("nos fils sont magnifiques et moi, je vais les noyer"). En tout cas, le départ des régionaux François And The Atlas Mountains, partis conquérir le grand public sur Domino Records, ne semble pas avoir pesé outre mesure sur la santé de Talitres. Stranded Horse fait désormais des tournées internationales et commence à acquérir une certaine renommée. On attend aussi avec impatience un nouvel album des anglais de Flotation Toy Warning.
Ceux-ci tournent d'ailleurs avec Maison Neuve en première partie : même maison de disques, même mélodies inspirées, même façon de fabriquer des chansons au rythme ample avec si peu d'effets. Le ciel est toujours aussi bleu à Bordeaux...

Clip de "Under Skies Of Fire" :
Album en écoute intégrale sur Deezer.

12 octobre 2011

Future Islands - On The Water

Encore un groupe que je découvre avec pas mal de retard. "On The Water" est déjà le troisième album des américains de Future Islands. Mais depuis le jour où j'ai jeté une oreille sur le premier extrait de ce nouveau disque, le génial "Before The Bridge", il m'était impossible de ne pas en parler ici même. "On The Water" est ainsi rapidement devenu mon disque le plus attendu de la rentrée. Après plusieurs écoutes répétées et comme souvent quand l'attente est trop forte, un constat s'impose : la déception. Je ne retrouve pas dans le reste de l'album, le même mélange d'énergie, de fraîcheur et d'originalité. Il y a bien quelques titres efficaces, comme le deuxième single, le très new-orderien "Balance", mais aussi d'autres plus mollassons.
Bref, un disque au final mi-figue, mi-raisin, quelque part entre les Wild Beasts pour la voix assez maniérée et John Maus (qu'on a au passage hâte de voir avec maman fin novembre à la Maroquinerie) pour l'influence disco / new-wave empruntée aux années 80. Le groupe possède, parait-il, une solide réputation scénique, ce qui vaudra sans doute le coup d'aller vérifier lors d'une tournée européenne qu'on imagine pour le début de l'année prochaine... D'ici là, on se repassera en boucle "Before The Bridge"...

Clip de "Before The Bridge" :

Clip de "Balance" :

Album en écoute intégrale sur NPR.

10 octobre 2011

Jean-Louis Murat - Le Lien Défait (1991)

C'était un autre temps, celui où Jean-Louis Murat ne sillonnait pas encore les plateaux télé avec son franc-parler, son esprit bourru d'indécrottable Auvergnat mais aussi sa sensibilité à fleur de peau, si atypiques et "vendeurs" pour les médias parisiens. Non, il venait à peine de se faire un nom, tout d'abord avec un premier album, "Cheyenne Autumn" délicat et sensuel et surtout grâce à un duo avec la très populaire Mylène Farmer. Dans la foulée, était sorti ce qui reste sans doute pour moi comme son meilleur disque, le plus abouti, "Manteau de Pluie", dont est extraite cette superbe chanson, "Le Lien Défait". Le titre a d'ailleurs été repris par un fan, comme site non officiel du chanteur. Un signe. C'était encore le temps du synthétiseur, la new wave ayant fait son effet. Depuis 1999 et "Mustango", album charnière dans sa carrière, Murat a basculé dans un folk rural à la française, devenant une sorte de Neil Young - artiste qu'il vénère - du Massif Central. En plus drôle toutefois. Même si son dernier essai en date, "Grand Lièvre" est fortement recommandable, j'avoue que je préférais le versant plus romantique et plus pop du chanteur (j'ai aussi un faible pour le très gainsbourgien "A Bird On A Poire"...). Murat reste malgré tout une valeur sûre de la musique hexagonale, rarement décevant. Et au bout du compte, il n'en reste pas beaucoup...

Ci-après, deux versions de la chanson : le clip, présentant la version "single" plus connotée "variété" et l'autre, celle du disque, plus rock, est bien sûr ma "préférée" ;)

comme l'ange blond
noyé dans la Durance
comme un démon
tu déferas le tien

comme l'oiseau borgne
comme Jeanne de France
dans ta démence
tu déferas le tien

on se croit d'amour
on se croit féroce enraciné
mais revient toujours
le temps du lien défait

on se croit d'amour
on se sent épris d'éternité
mais revient toujours
le temps du lien défait

comme la vipère
comme la reine des près
morte terre
tu déferas le tien

comme la femme douce
comme l'homme léger
au moment d'oublier
tu déferas le tien



on se croit d'amour
on se croit féroce enraciné
mais revient toujours
le temps du lien défait

on se croit d'amour
on se sent épris d'éternité
mais revient toujours
le temps du lien défait

7 octobre 2011

Connan Mockasin - Forever Dolphin Love

Cela fait déjà un moment que ce disque me trotte dans la tête. "Forever Dolphin Love" n'est pas un album qui s'apprivoise facilement. Il constitue sans aucun doute un des ovnis musicaux de l'année. Connan Mockasin est néo-zélandais et son univers est pour le moins atypique. Son concert aux Transmusicales de Rennes de l'année dernière a semble-t-il marqué les esprits. Depuis lorsqu'il s'agit de parler de sons nouveaux, son nom est régulièrement avancé. Il faut dire que le loustic ne s'embarrasse pas de facilité et n'a cure du qu'en-dira-t-on, "Forever Dolphin Love", un des singles extraits de son album est un morceau de plus de dix minutes dans lequel il faut attendre près de la moitié pour y entendre un semblant de mélodie. On pense un peu, comme pour ses compatriotes de Unknown Mortal Orchestra, au Pink Floyd de Syd Barrett pour le psychédélisme emprunt de jazz, au dernier MGMT aussi pour la pop bariolée, mais rien qui n'approche complètement du phénomène.
Car Mockasin en est un. Sa voix que d'aucuns comparent à celle de Flipper le Dauphin est à nulle autre semblable. Ses clips aussi avec leur fantaisie particulièrement mélancolique, ressemblent à une fin de carnaval, une fois la fête terminée. Quand le déguisement reste, que le maquillage a coulé et que la bonne humeur s'en est allée, fatigue oblige. Attention à la gueule de bois du lendemain ! Entre les deux, il y a ces moments dont on ne sait plus s'ils ont réellement existé ou s'ils sont le fruit de notre imagination. La musique de Mockasin se situe là, entre rêve et réalité...  

Clip de "Forever Dolphin Love" :

Clip de "It's Choade My Dear" :

5 octobre 2011

Hanni El Khatib - Will The Guns Come Out

Après une petite accalmie, retour sur les disques de 2011, avec du rock, du pur. Contrairement à ce que son ancien métier - il était styliste - pourrait nous faire croire, l'américain Hanni El Khatib, d'origine moitié palestinienne moitié philippine, ne fait pas vraiment dans la dentelle. A l'image de sa pochette, ce premier album "Will The Guns Come Out" est un carambolage de punk, rock garage, blues sauvage avec tout de même une pointe de soul. Un retour à l'essence de cette musique-là. Des White Stripes en plus sale, des Kills en moins glamour, Dirty Beaches en plus violent, mais un même son vintage. Un truc primaire, primitif, un peu crâneur, qui vient même quelque fois marcher sur les plates bandes d'un Tom Waits ("Heartbreak Hotel") ou d'un Devendra Banhart ("Wait Wait Wait"). Un disque qui fait du bien quand un besoin de défoulement (et de simplicité) se fait sentir. 
Reste à voir ce que cette petite bombe peut bien donner sur scène. Pour les amateurs, il sera au prochain festival des Inrockuptibles au début du mois de novembre et à la Flèche d'Or dès mardi. Dans tous les cas, pas sûr que cela améliore la réputation de terroristes des palestiniens...

Clip de "Loved One" :

Clip de "Dead Wrong" :

Clip de "Come Alive" :

Album en écoute intégrale sur Deezer.

3 octobre 2011

The Undertones - Teenage Kicks (1978)

L'événement rock du moment est la réédition du mythique "Nevermind" de Nirvana pour les vingts ans de sa parution. Même si ce dernier a davantage marqué ma jeunesse, j'ai plutôt envie de revenir sur un autre disque, plus ancien et moins célèbre. Et pourtant... Plus encore que "Smells Like Teen Spirit" (je persiste à croire que le groupe de Cobain reste très surestimé..), le "Teenage Kicks" des modestes Irlandais de The Undertones demeure une des plus belles chansons rock parlant de l'adolescence. Un "tube" que John Peel, le "Bernard Lenoir" anglais considérait comme sa chanson préférée de l'histoire, rien de moins. Un titre d'une évidence rare, qui marque, dès sa première écoute. C'est la première chanson écrite par le tandem Sharkey/O'Neill, l'un des meilleurs qu'aient engendré l'Irlande du Nord, il y en aura bien d'autres ensuite, tout aussi excellentes, notamment sur leur premier album éponyme, dans l'esprit des plus grands groupes de l'époque, des Jam aux Buzzcocks en passant par les inévitables Sex Pistols. Commencée avec le punk, la carrière de la formation de Londonderry se poursuivera vers une pop plus mature et teintée de soul, notamment avec un très bon troisième disque "Positive Touch". Puis, les Undertones disparaîtront presque aussi rapidement qu'ils étaient apparus, confirmant ainsi l'adage comme quoi le rock et la sagesse ne font souvent pas bon ménage. Ils resteront donc injustement considérés comme le groupe d'une unique chanson.

Are teenage dreams so hard to beat
Everytime she walks down the street
Another girl in the neighbourhood
Wish she was mine, she looks so good

I wanna hold her wanna hold her tight
Get teenage kicks right through the night


I'm gonna call her on the telephone
Have her over cos i'm all alone
I need exitement oh i need it bad
And its the best, i've ever had

I wanna hold her wanna hold her tight
Get teenage kicks right through the night

I wanna hold her wanna hold her tight
Get teenage kicks right through the night