Accéder au contenu principal

The Monochrome Set (+ Jaromil Sabor) - Paris, Supersonic, le 25 février 2018

Avec maman, on entame, à peine rentrés de vacances, une semaine de concerts (= semaine sans enfants). Celle-ci commence dès le dimanche avec la venue à Paris des anciens de The Monochrome Set dont je viens au passage de parler du dernier disque sorti vendredi dernier. C'est la première fois que nous avions l'occasion de voir sur scène ce groupe mythique de la pop indépendante britannique des années 80. C'est la première fois aussi que nous assistions à un concert dans la salle du Supersonic, pourtant proche de chez nous. Elle a l'avantage d'être petite, provoquant une relation privilégiée et intime avec les artistes. Elle a aussi le désavantage d'être un peu mal fichue avec la présence d'un gros poteau en plein milieu du public, bouchant la vue de la scène. La première partie est assurée par les français de Jaromil Sabor. On arrive avec un peu de retard, au moment de leur reprise de "Sink to the bottom" des oubliés Fountains of Wayne. Ça commence donc bien, parce qu'en plus c'est joué impeccablement, dans l'esprit de l'original. La suite tient aussi la route même si les titres sont des compositions personnelles. Bref, voilà une formation méritante, proposant une indie pop très référencée mais plutôt efficace. Première partie idéale donc.

Arrivent donc les "vieux" de The Monochrome Set avec leur quarante ans de carrière (ils ont commencé en 1978!). La musique est assez différente de celle qu'ils ont l'habitude de jouer sur disque : elle gagne en puissance ce qu'elle perd en subtilité, ce qui arrive souvent en live. Le clavier est aussi nettement plus présent que la guitare. Il faut dire que leur claviériste semble avoir une sacrée personnalité, avec ses longs cheveux, sa longue barbe, sa robe de fillette et ses collants, dignes d'un déguisement du carnaval de Dunkerque. On pense alors plus aux Doors qu'aux Smiths, voire parfois au synthé façon fête foraine d'un Charlie Oleg. Le groupe joue des morceaux de toutes les époques avec bien sûr une préférence pour les dernières. Il n'oublie pas non plus nos préférés : les magnifiques "Eine Symphonie Des Grauens" et "The Jet Set Junta". Le rappel n'en est pas vraiment un, puisque les musiciens restent sur scène. Le Supersonic ne se prête pas vraiment à retourner "backstage", puisque les loges se trouvent plutôt "frontstage", il faut "traverser" le public. Tant pis, Bid, le chanteur indique qu'ils attendront un peu le moment où d'habitude, "they have a fag and take a piss". Bref, le concert de The Monochrome Set constitue une belle entrée en matière d'une semaine qui s'annonce riche en prestations live en tous genres.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Top albums 2017

Vous l'attendiez tous - si, si, ne dites pas le contraire - mon top albums 2017 ! Ce ne fut une fois de plus pas chose aisée, même aux toutes premières places, car aucun disque ne se dégageait facilement du lot. Pas de grande révélation pour moi cette année, on retrouve donc dans ce classement, des habitués. La principale déception, même si toute relative car l'album est quand même très bon, reste le retour de LCD Soundsystem. Le groupe devait normalement écraser la concurrence, il n'en fut rien. Leur musique est devenue plus réfléchie et moins dansante. Moins marquante donc pour moi. Sinon, dans ceux qui sont restés à la porte de ce top 10 et qui n'ont pas démérité, il y a Babx, Destroyer, Alex Cameron, Xiu Xiu ou Feist. Mais trève de discours, voici donc, en toute subjectivité, mes 10 disques préférés de l'année écoulée.

10. Snapped Ankles - Come Play The Trees
Les anglais de Snapped Ankles pratiquent une sorte de musique hybride, mélange de post-punk, d'élect…

Gu's Musics - Happening

Dans la série il n'est jamais trop tard pour découvrir la musique d'un "ami" Facebook, voici "Happening" de Gu's Musics. Le chanteur, de son vrai nom Gerald Chiifflot, originaire de Tours n'est pourtant pas né de la dernière pluie mais il a plutôt l'habitude de cirer le banc de touche dans la première division de la chanson-rock d'ici. Le genre de gardien de but invariablement désigné comme doublure, doublure des Bashung ou autres Dominique A, voire Rodolphe Burger avec qui la ressemblance paraît la plus évidente. Dis comme ça, on a connu pire comme situation, sauf qu'il vaut mieux, comme on dit, avoir mauvaise presse que pas de presse du tout. L'ami Gu's, pas rancunier, se dit que cela doit être à cause de ses textes, il avoue que c'est là que ça pêche principalement. Alors, il fait appel à un écrivain, un poète breton, Yan Kouton pour son précédent disque, "Aquaplanning". Malheureusement, à trop vouloir les mettr…

Montero - Performer

"Performer" est le deuxième album de Bjenny Montero, australien d'une quarantaine d'années, plus connu dans le milieu du rock indépendant pour ses talents de dessinateur que ceux de chanteur ou musicien. Il a notamment travaillé pour des artistes comme Mac Demarco - dont il a aussi fait la première partie - Ariel Pink ou Pond, soit pour les pochettes de disques soit pour des tee-shirts. Le gars avait même presque tiré un trait sur sa carrière musicale, d'une part parce qu'il avoue préférer le dessin, d'autre part parce qu'il sait qu'il ne rencontrera jamais le succès dans ce domaine. Dis comme ça, on ne peut s'empêcher d'avoir un peu d'affection pour le bonhomme, sorte de loser revendiqué, un brin fantaisiste et jemenfoutiste.
Surtout que "Performer" est un excellent disque de soft-rock, quelque part entre MGMT pour le côté mélodique et psychédélique et Ariel Pink pour le côté kitsch assumé et bricolé et l'inspiration ne…