Accéder au contenu principal

Dominique A - La Fragilité

Celui-là, j'avoue que je n'ai pas su tout de suite comment l'aborder. Ça ne me parlait pas. Ça ne me parlait plus. Triste de constater que la flamme avec un artiste autrefois adoré était en train de s'éteindre petit à petit, inexorablement. Comme si cela relevait de la fatalité. Que ni lui, ni moi, n'y pouvions plus rien. La distance était devenue inéluctable. Depuis "Eleor" et même un peu avant, le lien s'est quelque peu défait. Un nouveau disque de Dominique A n'était plus un événement. Puis, il m'a suffi de tomber sur une interview du chanteur pour ressentir quelque chose. Comprendre à nouveau. Comprendre où ça se jouait maintenant. Sur un autre terrain. Alors que beaucoup lui reprochent d'être au contraire plus lisible, à travers les paroles de ses nouvelles chansons plus directes, mais aussi à travers ses explications de textes comme dans son dernier livre "Ma vie en morceaux". "La fragilité, ce terme n’est pas forcément quelque chose de beau, mais c’est notre fragilité, notre finitude qui nous relie tous. La plupart des problèmes de cette planète vient du fait que des personnes nient cette fragilité et cette finitude." A la lumière de cette "fragilité", les titres prennent un nouveau sens. A cinquante ans tout juste sonnés, le chanteur se pose des questions sur sa vie passée et sa vie future. Voilà un âge où tout artifice et posture semblent dérisoires. Dominique A se livre donc, de plus en plus, que cela plaise ou non. Sa musique gagne en limpidité, en fluidité.
"La fragilité" est à ce titre, le versant pop et lumineux - dans sa forme moins dans son fond, toujours aussi mélancolique, on ne se refait pas - de "Toute Latitude" sorti en début d'année. On y entend un très bel hommage à Leonard Cohen sur "La poésie", une chanson d'amour au kitsch assumé sur "J'avais oublié que tu m'aimais tant". "La fragilité", c'est un peu le "Pink Moon" de Dominique A, quelque chose de simple et beau. C'est tellement difficile à faire. Une telle simplicité. Une telle beauté. Une telle épure. La fragilité, c'est quelque chose à côté de laquelle on pourrait passer aisément et ça serait bien dommage.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Compil 2018

Vous l'attendiez tous - hein, dites, hein ? - voici mon bilan musical de l'année 2018 qui commence aujourd'hui avec la compilation. Comme une vraie compilation, elle tient sur un CD de 78 minutes et comprend 19 morceaux. Mes enfants ne s'en lassent pas et me la réclament régulièrement. Le morceau préféré de mon fils, c'est Ty Segall, celui de ma fille, Barbara Carlotti. Je vous laisse découvrir le tracklisting : Et pour l'écoute c'est par ici :

The Walkmen - In The New Year (2008)

A chaque fois, je me demande quelle chanson conviendrait le mieux pour débuter l'année. Chaque année, c'est pourtant la même qui revient comme une évidence. Parce qu'elle a tout : l'efficacité, l'immédiateté et le thème adéquat (et accessoirement un très joli clip). "It's gonna be a good year", voilà ce qu'on souhaite tous. "I'm just like you. I never hear the bad news.", voilà ce qu'on essaie tous, ne garder que le meilleur. The Walkmen fait partie de ces éternels groupes de seconde zone, parce qu'ils n'ont pas eu le bon timing, le renouveau rock initié par les Strokes, les White Stripes ou Interpol était déjà en perte de vitesse au moment où les "marcheurs" ont débarqué vers 2004 avec leur "tube" "The Rat". Même lorsque leur musique est utilisée comme bande son d'une série à succès ("Heaven" pour le dernier épisode de "How I Met Your Mother"), The Walkmen reste cett…

Snapped Ankles - Stunning Luxury

Les anglais de Snapped Ankles sont de retour avec toujours leur discours sur le retour à l'état de nature, d'où leur étrange déguisement de monstres plantes, en référence au dessin animé Jayce et les conquérants de la lumière ? Ils seraient pourtant devenus des agents infiltrés pour empêcher des promoteurs immobiliers - d'où la nouveauté de la cravate - de détruire la nature en promettant aux futurs acquéreurs un luxe étourdissant ("Stunning Luxury"). Même lorsque le "système" semble avoir gagné - fini de jouer avec les arbres, comme sur leur premier disque "Come Play The Trees" - on peut toujours essayer de le détruire de l'intérieur. Le post punk est un mouvement qui est régulièrement associé à la critique de la société de consommation. Les Snapped Ankles ne seraient donc que les descendants d'une longue filiation.  Car le style musical ne change pas non plus, sorte de mariage entre Gang of Four, Can ou The Fall, avec une pointe de …