Voilà, après Angine de Poitrine, l’autre buzz du moment, beaucoup plus confidentiel j’en conviens, eu égard à la musique moins tapageuse - doux euphémisme. Mais quand même, la quasi intégralité de la presse "spécialisée" (Télérama, Section 26, Pitchfork ou Les Inrocks) ne tarit pas d’éloges sur cette mystérieuse jeune artiste américaine d’origine nicaraguayenne. Il faut dire que sa musique envoûte immédiatement. Ce premier album est apparu en janvier 2025, dans un profond anonymat sur Bandcamp mais ce n’est qu’en avril 2026 qu’il sort en physique sur le label londonien AD 93. Phil Elverum, le chanteur et unique membre des cultes et trop méconnus Microphones et Mount Eerie, sous le charme, l’avait prise rapidement sous son aile, en première partie de sa tournée. L’influence entre les deux artistes est effectivement évidente. On pense aussi à une Vashti Bunyan, version lofi.
Le bouche à oreille faisant son oeuvre, Dagmar Zuniga sort enfin de l’ombre. Ces chansons sont de jolies petites comptines fantomatiques, iréelles, sorties tout droit d’un rêve qu’on voudrait ne jamais s’arrêter. Ce sont de bribes de mélodies, des versions de morceaux en cours d’élaboration, qui ne semblent pas aboutis, pas définitifs. Certains d’ailleurs s’arrêtent net alors qu’ils avaient réussi à nous embarquer l’espace d’une minute à peine. Ce disque au nom cryptique, à rallonge est comme une compilation de la vie, remplie de petits moments naturels, savoureux, bancals, souvent mélancoliques et toujours trop courts. Une compilation belle à pleurer.


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