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Angine de Poitrine - Vol. II

C’est le buzz du moment. Deux canadiens aux accoutrements aussi improbables que leur nom de scène. Angine de Poitrine est composé du duo KHN de Poitrine et Klek de Poitrine. Ils viennent de sortir leur second disque qui est quasi instrumental hormis quelques rares borborygmes et une langue qu'ils ont eux-mêmes inventés - regardez pour cela leur interview sur une chaîne canadienne ci-dessous. Leurs vidéos sont devenues en quelques semaines complètement virales ce qui fait que leur concert à l’Elysée Montmartre s’est rempli en seulement quelques heures. Leur style musical est assez inclassable, on parle de math rock, d'influences proches de ce que peut faire les frappadingues australiens de King Gizzard and The Lizard Wizard, par exemple. Depuis qu'ils sont passés aux Transmusicales - non, ce n'est pas un festival focalisé sur les musiciens transgenres, n'en déplaise à un certain député RN - en décembre dernier, les canadiens ne cessent de faire parler d'eux. Décidement le festival rennais reste toujours au fil des années aussi défricheur. Angine de Poitrine, en plus du mystère derrière le nom, les déguisements, il y a une musique qui en plus d'être expérimentale n'en demeure pas moins incroyablement accrocheuse, dansante. J'espère qu'ils rajouteront rapidement une date supplémentaire à Paris en octobre prochain. Tant pis, je décalerais mes vacances de Toussaint s'il le faut. Il faut se dépêcher car le duo risque d’avoir du mal à prolonger longtemps une telle attention et une telle envie. En tout cas, aujourd'hui elle est pour moi assez irrépressible. C'est du fun, du son dément et une fantaisie salvatrice. 
Bien loin du conformisme qui entoure, dans le même temps, le retour de la sympathique mais très crispante Céline Dion. Neuf millions de pré-réservations pour quelques centaines de milliers de places disponibles pour ses concerts parisiens. Il y aura forcément des déçus. Pas moi, en tout cas, même gratuitement, je n'aurais pas été. Il y a des limites au sacrifice. Alors que pour Angine de Poitrine, c'est autre chose. Comme quoi, le Québec n'est pas uniquement un réservoir à chanteurs et chanteuses à voix pénibles. "J'ai compris tous les mots, j'ai bien compris merci." Quand ils se taisent, je les écoute plus volontiers. Jetez-vous sur ce "Vol. II" et aussi le précédent sorti en 2024. C'est un formidable remède contre tous les mots et les maux de notre société. Une tempête contre le morosité ambiance. Quitte à chopper une bonne angine, autant que l'expérience soit agréable...


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