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The Strokes - Reality Awaits

 

Je crois que je file un mauvais coton : me voilà en train d’aimer un disque bourré jusqu’à la gueule d’auto-tune, ce logiciel qui permet de corriger toute erreur de justesse dans la voix mais qui produit alors un effet très perceptible et asceptisant. L’auto-tune, c’est le propre de la musique baclée, faite à la chaine. Pourtant, il a fallu six ans au célèbre groupe New-Yorkais pour sortir ce "Reality Awaits" après le dernier succès "The New Abnormal". Six ans pour ça diront les mauvaises langues et ceux pour qui l’utilisation de ce logiciel est un "red flag", quelque chose de définitivement rédhibitoire. Si le précédent m’avait laissé quelque peu de marbre, hormis les excellents "The Adults Are Talking" et "Ode To The Mets", ne goûtant que très peu à l’unanimité qui voulait que les sauveurs du rock étaient bien de retour aux affaires renouant presque avec l’excellence de l’indépassable "Is This It" de 2001. Je dois bien aimer être à contre-courant, parce que passée la première écoute légèrement déceptive, comme celle des singles annonciateurs un peu fades, je dois avouer que ce "Reality Awaits" est un "grower", un disque dont l’importance grandit au fil des écoutes, un disque qui s’apprécie aussi d’un bloc, à l’inverse du précédent dont les meilleurs titres sortaient trop évidemment du lot. Et j’en viendrais presqu’à regretter ne pas m’être jetté outre mesure sur les places de leur concert à l’Accor Arena lorsque la billetterie a été ouverte. C’est bien sûr trop tard maintenant. 
La bande de Julian Casablancas, si elle n’est sans doute pas la meilleure formation rock actuelle - mais qui s’en soucie ? -, reste 25 ans après des débuts en fanfare encore sacrément pertinente, embarquant même dans ses nombreux fans la nouvelle génération. Qui l’aurait cru ? Non, le rock n’est pas mort et les Strokes y participent activement. Trop mainstream ? Sans doute mais chaque mouvement a besoin de leaders plus charismatiques et consensuels pour perdurer. De plus; derrière les mélodies et guitares toujours addictives se cache une noirceur de plus en plus évidente.

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