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"Starman : Quand Ziggy éclipsa Bowie" & "Nick Cave : Mercy on Me" de Reinhard Kleist

Deux chroniques pour le prix d'une ! Et des chroniques de bandes dessinées, une fois n'est pas coutume. Mais des bandes dessinées sur la musique et le rock en particulier. Noël est passé, mais il n'est jamais trop tard ou se faire plaisir ou offrir. Voici en tout cas deux bouquins que je recommande fortement pour qui aime l'univers et la musique de ces deux grands artistes : David Bowie et Nick Cave. Mais qui ne les aiment pas ? Reinhard Kleist, l'auteur de ces deux livres, est un dessinateur allemand qui, après avoir déjà réalisé une biographie de Johnny Cash enchaîne donc avec les deux chanteurs susnommés. Il n'a pas réalisé que ce type d'oeuvre, mais c'est quand même ce qui est en train de faire son succès. Il faut dire, comme je l'ai dit précédemment qu'elles sont particulièrement réussies. Si Bowie - paix à son âme - n'est plus en état de valider ou non cette énième biographie, Cave a déjà dit tout le bien qu'il pensait de la sienne et connaissant la faible appétence du monsieur pour les compliments, il faut les prendre comme un véritable adoubement pour le travail de Kleist. Voici ce que le grand Nick en dit en quatrième de couverture "Richard Kleist, maître du roman graphique et créateur de mythes a, une fois de plus, repoussé les conventions de la bande dessinée en élaborant un terrifiant mélange de chansons, de demi-vérités biographiques et de totales affabulations. Il a ainsi tracé un voyage étrange et complexe à vous glacer le sang dans l'univers de Cave, plus proche de la réalité qu'aucune autre biographie, c'est évident ! Enfin, pour info : je n'ai jamais tué Elisa Day."
Tout est dit ou presque. Cave, tranquille, ironise, parle de lui à la troisième personne. On connaît l'aura et la prétention du bonhomme, mais il faut de la confiance en soi démesurée pour mener ce type de carrière. C'est ce que disent ces deux livres, car Bowie n'était pas en reste dans le domaine. Surtout du temps de Ziggy Stardust, période évidemment - titre oblige - la plus relatée de "Starman". Les deux artistes semblent ne jamais avoir réellement douté de leurs talents respectifs. Envers et contre tout et tous. C'est leur entourage qui en a payé les pots cassés. Anita Lane, son premier grand amour - le seul véritable ? - pour l'un, Angie pour l'autre. La bande dessinée sur Cave est dans un majestueux en noir et blanc, à l'image du rock gothique de son personnage principal quand celle sur Bowie inonde de couleurs chatoyantes, là aussi raccord avec l'univers chamarré de Ziggy, ce super héros venu des étoiles pour nous sauver de nos petites vies étriquées. Mais "Starman" s'attarde aussi beaucoup sur la période Berlinoise du Thin White Duke, prouvant que The Fall Of Ziggy Stardust n'était pas que la fin d'une de ses nombreuses vies. Bowie, tel un chat, était capable de rebondir facilement, provoquant lui-même la mort de ses nombreux personnages. Cave, lui, est resté fidèle à lui-même, traqué par ses démons. Même si musicalement et financièrement, il n'a plus rien à prouver et à craindre, la vie, avec la perte récente d'un de ses fils, l'a rattrapée, lui trouvant malgré lui, de nouveaux thèmes mélancoliques et déchirants à ses chansons. En résumé, voici deux livres relatant brièvement et magnifiquement la vie et l'oeuvre de deux artistes majeurs de notre époque - oui, Bowie est toujours vivant -, prouvant si besoin était que leur empreinte respective dans nos vies va bien au-delà de leur seule musique.



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