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Nirosta Steel - My Skyscraper

Derrière le pseudo Nirosta Steel, se cache un homme fait en acier inoxydable, Steven Hall, écossais de naissance mais américain d’adoption. Il a fait ses armes dans le New-York interlope et queer du début des années 80, ayant pour voisin Alen Ginsberg ou Arthur Russell. La relation artistique avec ce dernier durera d’ailleurs 12 ans de 1980 à 1992, année de la disparition prématurée de Russell, victime du SIDA. "My Skyscraper" ressemble à l’album d’une vie, loin des sentiers balisés, plus de quarante ans d’expérimentations tout azimut mais qui n’en demeurent pas moins passionnantes. C’est donc une nouveauté sans en être vraiment une. "English Party", premier morceau avait été initialement écrit pour Madonna au début des années 80. On entend sur plusieurs titres la voix de Russell. Les chansons apparaissent souvent encore non entièrement abouties. Comme la vie, la musique de Nirosta Steel est constamment en mouvement. On imagine que c’est le genre de personne qui a du mal à entériner les choses, à remettre sans cesse l’ouvrage sur le métier. "My Skyscraper" est une photo arrêtée en 2026, à bientôt 70 ans, histoire de laisser malgré tout une trace bien à lui, pas uniquement sous couvert d’autres personnes plus connues et reconnues. C’est Pitchfork qui m’a fait me pencher sur cet album, preuve que le célèbre webzine américain a encore des pistes différentes à me faire découvrir, même s’il n’a plus pour moi la même influence qu’il y a bientôt vingt ans quand je commençais ce blog.
"My Skyscraper", comme pour dire que Nirosta Steel n’aura sans doute pas mieux à nous proposer. Mais ces plus de 80 minutes de musique sont déjà beaucoup et on sait rapidement qu’on n’est pas prêt d’en avoir fait le tour. Le style est assez inimitable : sorte de disco un peu psychédélique jouée au ralenti. Ce n’est pas forcément un disque pour l’été, mais le gars n’est pas le genre à s’occuper du bon timing. Quand on sort un tel album rétrospectif de toute une vie, on n’est pas à s’attarder à ce type de détails. "My Skyscraper" a l’urgence d’une attente de près de 50 ans. 

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