Encore une formation que je ne découvre que sur le tard. Le groupe australien EXEK existe depuis douze ans et a déjà sorti moults albums quand DFA Records, le label de James Murphy décide de les signer chez eux. Je m’attends donc au style maison, c'est-à-dire à une sorte d’électro matinée de post-punk, un truc fait pour les danseurs azimutés et contrariés. Mais que nenni, ici, la musique est retenue, atmosphérique. La filiation, s’il faut en trouver une avec LCD Soundsystem est plutôt à aller chercher dans un amour commun pour le Brian Eno des années 70, celui de "Another Green World" ou de "Before and after science". Si le premier titre, "Sidestepping" est sans doute le meilleur, le plus immédiat, le plus mélodique, le reste de l’album révèle au fil des écoutes une complexité sonore qui n'était pas évidente au premier abord. Cela fait qu’on se surprend à vouloir réécouter ce "Prove The Mountains Move" avec plaisir.
Le plaisir de découvrir inlassablement un nouveau son caché qu’on n’avait pas entendu précédemment. On n’aurait pas misé grand chose sur ce groupe australien. On peut aisément passer à côté. C’est ce que j’ai fait d’ailleurs pendant des années. A tort, car EXEK, à défaut de déplacer des montagnes - mais qui aujourd'hui peut se targuer de le faire dans le monde de plus en plus circonscrit du rock indépendant ? -, est un groupe qui a réussi progressivement à se forger une identité forte, en dehors des sentiers battus. Ajouter à cela la qualité intrinsèque des morceaux et vous avez une formation qui pourrait vous accompagner un moment.


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