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Greg Freeman - All Set The Bone

Greg Freeman est un jeune musicien de country. Dis comme ça, ça ne donne pas envie. Enfin, ça ne me donne pas envie surtout. La country, comme toutes les musiques folkloriques me gonfle. Oui, même la musique bretonne malgré mes origines. Pourtant, certains me diront - oui, j’entends des voix - que tout vient de là. Que toutes les musiques se sont créées à partir de traditions plus ou moins locales. Mais ce qu’il y a de bien avec le troisième album de Freeman, c’est que je n’y entends pas vraiment de country, à moins de considérer que Pavement est de la country - ce qui pourrait peut-être se défendre. Oui, l’influence de la bande à Malkmus est ici omniprésente, jusqu'à la voix souvent à la limite de la justesse. On retrouve aussi le même talent pour faire croire que c’est facile. "All Set The Bone" est son troisième album, c'est aussi le mieux produit. On reconnaît au passage le style John Congleton, producteur chez qui est passé tout le rock indépendant américain, voire au-delà. "I Looked Out", un peu râpeux et mal dégrossi, était passé quelque peu inaperçu de la critique. Cette dernière s'est ensuite bien rattrapée, encensant assez unanimement, le suivant et déjà plus aimable "Burnover", sorti l'an passé. C'était donc l'heure de la confirmation et celle-ci sonne immédiatement comme une évidence. Les treize titres de ce nouveau disque défilent aisément, tous pareils, tous différents, avec une efficacité redoutable. 
Greg Freeman fait de la musique de vieux, comme on en faisait dans les années 90, alors qu'il y était à peine né, avec un tel naturel que le monsieur a forcément été biberonné à ce rock US là. En plus de Pavement, on pourrait y rajouter des formations comme Built To Spill ou Modest Mouse moins connues par chez nous mais dont le succès et l'influence aux Etats-Unis n'en sont pas moindres. Une fois de plus, j'ai loupé le coche de son passage au Supersonic, le 27 août dernier. Il faut dire que le disque n'était pas encore sorti. Allez, ce n'est que partie remise. Etant donné la qualité croissante de ses productions, le chanteur américain originaire du Vermont ne semble pas avoir dit son dernier mot, loin s'en faut.


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