Accéder au contenu principal

The Innocence Mission - Hello I Feel The Same

Voilà un nouveau groupe que j'ai longtemps et injustement ignoré. Les américains de The Innocence Mission officient pourtant depuis le début des années 80, avec un premier disque paru seulement en 1989. C'est donc seulement 26 ans et une bonne moitié d'albums plus tard que je les découvre vraiment. Bien sûr, je les avais déjà écouté, mais de manière distraite, pas dans les conditions adéquates. Une écoute au calme et au casque, ça change tout. La subtilité et le talent de Karen et Don Peris, en couple à la ville comme à la scène, sautent alors immédiatement aux oreilles. Je pense bien sûr aux premiers Belle & Sebastian, la maturité musicale en plus, une certaine fraîcheur en moins, même si la voix de la chanteuse a gardé ce charme si particulier propre à l'enfance, malgré la cinquantaine. Comme si cette mission de l'innocence ne pouvait pas vieillir. "Hello I Feel The Same" : again and again, a-t-on envie de rajouter. Tant mieux pour moi, je découvre le groupe, inconscient d'une quelconque redite. 
Ce disque comme unique et précieux messager d'une innocence quelque peu délaissée par l'époque, trop occupée pour venir s'asseoir à cette table-là. Voici une musique pour ceux qui ont encore le temps - oui, vous avez dû remarquer que "La musique à papa" a ralenti le rythme depuis quelques semaines. Le temps de découvrir encore ce genre de trésors intimes d'une indescriptible délicatesse.

Clip de "Washington Field Trip" :

Commentaires

  1. Prendre le temps aujourd'hui est très important.. merci pour ce groupe à côté duquel je suis aussi passée...

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Nick Cave & Warren Ellis - Carnage

On continue le rattrapage des disques 2021 avec une sacré pointure, puisque j'ai nommé Nick Cave, sans doute le rockeur ultime. Celui qui a commencé punk arty au sein de Birthday Party et produit aujourd'hui parmi les disques plus sombres qui soient. Le décès d'un fils y étant évidemment pour quelque chose. Autant les deux précédents albums, les pourtant acclamés - mais comment attaquer un père inconsolable - " Skeleton Tree " et " Ghosteen " m'avaient laissé étrangement indifférent. Autant ce " Carnage " sorti cette fois sans ses Bad Seeds mais avec le seul Warren Ellis - décidément compagnon de tous les instants depuis quelques années - m'a tout de suite marqué. Par son dépouillement, par sa quasi absence d'effets, juste quelques délicats et déchirants arrangements venant ornés juste ce qu'il faut le spleen du sieur Cave. Il n'est plus question de masquer les faits sous un quelconque décorum mais d'affronter la vérité

Richard Dawson & Circle - Henki

  Qu'il soit seul, au sein de Hen Ogledd ou accompagné du groupe de heavy metal finlandais Circle, la musique de Richard Dawson présente la même singularité. " Henki " est donc le résultat de la drôle de rencontre entre le troubadour anglais à la voix qui n'est pas sans rappeler celle de Robert Wyatt - souvent à la limite de la justesse - et une de ses formations préférée, pourtant assez opposée de son univers folk médiéviste. L'album ne comporte que 7 titres, souvent très longs, histoire d'appuyer un style envoûtant aux influences multiples, à l'exacte jonction des musiques de Circle et de Dawson, et aux nombreuses fulgurances (mention spéciale pour les guitares de " Silphium "). Une fois de plus, il est très difficile de classer un disque de Richard Dawson, toujours à la frontière du kitsch et de l'expérimentation. Chaque titre a un nom de plante dont certaines ont disparu (cooksonia, silphium), comme pour célébrer son attachement à la natu

Baptiste W. Hamon & Barbagallo - Barbaghamon

Quand deux des plus talentueux songwriters français actuels se rencontrent, ça ne peut produire qu'un excellent disque. Baptiste W. Hamon et Julien Barbagallo réussissent l'audacieux pari de réunir leurs deux univers assez différents pour en tirer le meilleur. Le premier s'inscrit à la fois dans une tradition de chanson française (Jean Ferrat) et de country musique américaine (Townes Van Zandt) à l'ancienne. Le second plus "moderne" marrie l'électro d'un Sébastien Tellier et la pop d'un JP Nataf, assez éloigné au final de Tame Impala et d'Aquaserge, deux formations dont il est pourtant à l'occasion batteur. Le disque est construit à l'image d'un diptyque : une partie est l'oeuvre de Baptiste W. Hamon (" J'écoute l'eau ", " Ils fument ", " Maria "), l'autre de Barbagallo (" Le jour viendra ", " Nous nous reverrons ", " Le bleu du ciel "). Qu'ils se retro