Accéder au contenu principal

Grizzly Bear - Painted Ruins

5 ans sans nouvelles, c'est long. Le précédent "Shields" m'avait d'abord déçu à l'instar de tous ces disques dont l'attente est trop forte, disproportionnée. Puis, comme beaucoup d'albums de 2012 (ceux de Beach House, d'Ariel Punk, etc, à croire que j'étais bien à côté de mes pompes cette année-la), j'ai été bien obligé de réévaluer "Shields". Parce que Grizzly Bear est un des groupes de rock indépendant les plus passionnants de l'époque. Leurs chansons ne se laissent pas facilement apprivoiser. Elles se méritent, tourbillon d'arrangements subtiles, de voix aériennes et de mélodies plus légères qu'il n'y paraît. Pas de révolution comme chez Arcade Fire ici, on ne simplifie toujours pas les choses, on continue le hors pistes, quitte à larguer encore plus de monde. 
La musique de Grizzly Bear est trop cérébrale, diront certains. Sans doute. Il y a un effort à faire. Mais une fois habitué, ces mélodies paraissent évidentes. On pense à l'effet que nous avait fait les chansons de Radiohead au tournant du millénaire. Sûr que ce "Painted Ruins" sera bien classé dans mon panthéon de 2017. Comme l'avait été "Veckatimest". Comme aurait dû l'être "Shields". Comme chaque production de ces quatre garçons.

Commentaires

  1. L'album est magnifique, il demande un peu d'effort, surtout pour ceux qui ne connaissent pas le groupe (je crains qu'il ne leur rapporte pas beaucoup de nouveaux admirateurs mais j'espère me tromper).
    Ils ont bien fait d'attendre 5 ans si c'est pour revenir avec un disque aussi impeccable. Ça fait plaisir ce genres de sorties

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, ça fait plaisir. Il n'y a rien à jeter pour l'instant dans leur discographie.

      Supprimer
  2. Merci d'avoir insisté. Quand même album du mois de UNCUT Septembre. Si ça devait juste leur booster un peu les ventes (rare chez moi, mais je l'ai acheté) pour qu'ils puissent continuer. D'un côté je me disais qu'à une autre époque, celle où internet n'avait pas réduit le temps d'écoute par album, ce genre de disque se serait installé dans les mémoires. De l'autre c'est bien une musique qui ne doit rien à la nostalgie, je vois bien que l'on cherche des filiations avec pas mal "d'anciens" talents comme Robert Wyatt (ça me rappelle la surprise Radiohead) n'empêche quelle fraîcheur! Je suis comblé moi qui adore la pop ambitieuse.Je comprends bien des artistes comme Arcade Fire tentés par nous faciliter l'écoute en été, mais merci à des Grizzly Bear pour compenser.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Nick Cave & Warren Ellis - Carnage

On continue le rattrapage des disques 2021 avec une sacré pointure, puisque j'ai nommé Nick Cave, sans doute le rockeur ultime. Celui qui a commencé punk arty au sein de Birthday Party et produit aujourd'hui parmi les disques plus sombres qui soient. Le décès d'un fils y étant évidemment pour quelque chose. Autant les deux précédents albums, les pourtant acclamés - mais comment attaquer un père inconsolable - " Skeleton Tree " et " Ghosteen " m'avaient laissé étrangement indifférent. Autant ce " Carnage " sorti cette fois sans ses Bad Seeds mais avec le seul Warren Ellis - décidément compagnon de tous les instants depuis quelques années - m'a tout de suite marqué. Par son dépouillement, par sa quasi absence d'effets, juste quelques délicats et déchirants arrangements venant ornés juste ce qu'il faut le spleen du sieur Cave. Il n'est plus question de masquer les faits sous un quelconque décorum mais d'affronter la vérité

Richard Dawson & Circle - Henki

  Qu'il soit seul, au sein de Hen Ogledd ou accompagné du groupe de heavy metal finlandais Circle, la musique de Richard Dawson présente la même singularité. " Henki " est donc le résultat de la drôle de rencontre entre le troubadour anglais à la voix qui n'est pas sans rappeler celle de Robert Wyatt - souvent à la limite de la justesse - et une de ses formations préférée, pourtant assez opposée de son univers folk médiéviste. L'album ne comporte que 7 titres, souvent très longs, histoire d'appuyer un style envoûtant aux influences multiples, à l'exacte jonction des musiques de Circle et de Dawson, et aux nombreuses fulgurances (mention spéciale pour les guitares de " Silphium "). Une fois de plus, il est très difficile de classer un disque de Richard Dawson, toujours à la frontière du kitsch et de l'expérimentation. Chaque titre a un nom de plante dont certaines ont disparu (cooksonia, silphium), comme pour célébrer son attachement à la natu

Baptiste W. Hamon & Barbagallo - Barbaghamon

Quand deux des plus talentueux songwriters français actuels se rencontrent, ça ne peut produire qu'un excellent disque. Baptiste W. Hamon et Julien Barbagallo réussissent l'audacieux pari de réunir leurs deux univers assez différents pour en tirer le meilleur. Le premier s'inscrit à la fois dans une tradition de chanson française (Jean Ferrat) et de country musique américaine (Townes Van Zandt) à l'ancienne. Le second plus "moderne" marrie l'électro d'un Sébastien Tellier et la pop d'un JP Nataf, assez éloigné au final de Tame Impala et d'Aquaserge, deux formations dont il est pourtant à l'occasion batteur. Le disque est construit à l'image d'un diptyque : une partie est l'oeuvre de Baptiste W. Hamon (" J'écoute l'eau ", " Ils fument ", " Maria "), l'autre de Barbagallo (" Le jour viendra ", " Nous nous reverrons ", " Le bleu du ciel "). Qu'ils se retro