Accéder au contenu principal

Jackie Lynn - Jacqueline

En voilà une qui savait, qui s'y était préparée. Jackie Lynn, autre nom de scène de Haley Fohr, qui est plus connue sous le pseudonyme de Circuit des Yeux, apparaît toujours masquée. Ses masques ne sont pas chirurgicaux, ils sont bien souvent en dentelle, pour le mystère, pour le charme vénéneux de cette musique atypique. Jusqu'ici, j'y étais resté assez insensible. Puis, je suis tombé sur "Shugar Water" avec sa mélodie directe, sa folie contenue, bien partie pour figurer sur ma compilation annuelle. Le deuxième disque de Jackie Lynn, il y en a déjà eu six pour Circuit des Yeux, se prénomme malicieusement "Jacqueline".
Il raconte la vie solitaire d'une camionneuse. Les premiers titres sont, à l'image de "Shugar Water", particulièrement accrocheurs, enlevés, la suite demeure plus expérimentale, proche de l'ambient, même si on peut entendre sur une chanson comme "Odessa" des réminiscences de Django Django sous Temesta. On suit donc cette Jacqueline, sur son trajet de nuit, de la "Casino Queen" à cette dernière tentative de garder le "Control" malgré la fatigue en passant ces "Dream Street". Son voyage s'avère toujours intrigant, souvent passionnant, on navigue tantôt en terrain connu et bien balisé, tantôt dans des recoins obscurs et peu rassurants. Malgré cela, Haley Fohr vient tout de même de réaliser son album le plus accessible. Il était prévu de la retrouver à Paris, le 20 mai prochain, à la Boule Noire. Si elle pouvait nous trouver suffisamment de ses masques, cela pourrait suffire à maintenir l'événement. Nous sommes tous des Jacqueline en puissance...

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

"Starman : Quand Ziggy éclipsa Bowie" & "Nick Cave : Mercy on Me" de Reinhard Kleist

Deux chroniques pour le prix d'une ! Et des chroniques de bandes dessinées, une fois n'est pas coutume. Mais des bandes dessinées sur la musique et le rock en particulier. Noël est passé, mais il n'est jamais trop tard ou se faire plaisir ou offrir. Voici en tout cas deux bouquins que je recommande fortement pour qui aime l'univers et la musique de ces deux grands artistes : David Bowie et Nick Cave. Mais qui ne les aiment pas ? Reinhard Kleist, l'auteur de ces deux livres, est un dessinateur allemand qui, après avoir déjà réalisé une biographie de Johnny Cash enchaîne donc avec les deux chanteurs susnommés. Il n'a pas réalisé que ce type d'oeuvre, mais c'est quand même ce qui est en train de faire son succès. Il faut dire, comme je l'ai dit précédemment qu'elles sont particulièrement réussies. Si Bowie - paix à son âme - n'est plus en état de valider ou non cette énième biographie, Cave a déjà dit tout le bien qu'il pensait de la sienne ...

Michel Houellebecq & Frédéric Lo - Souvenez-vous de l'homme

On ne présente plus le premier, l’un des écrivains français les plus traduits au monde, controversé, aimant la provocation, jusqu’à flirter avec l’extrême droite ou tourner dans un porno amateur. On l’avait déjà retrouvé sur disque lors d’une collaboration avec Bertrand Burgalat pour le brillant et culte " Présence humaine " en 2000. Ses textes poétiques se marient bien avec la musique, ils ont leur mélodie, même s’ils sont juste déclamés. On connait un peu moins le second. Pourtant, c’est lui qui fut à l’origine du renouveau artistique de deux chanteurs attachants et en perte de vitesse, au bout du rouleau : d’une part, Daniel Darc, l’ex Taxi Girl avec le bien nommé " Crève coeur " en 2004, grand disque de chanson d’ici, et d’autre part, Pete Doherty, l’ex Libertines qui peinait à se renouveler avec un album élégant, à la classe délicieusement désuète. Les deux se seraient mis d’accord à l’écoute du " Psaume 23 " repris par Darc sur l’album susnommé. Houe...