Accéder au contenu principal

François and The Atlas Mountains - Banane Bleue

A la première écoute du single "Coucou", je me disais que ce nouveau disque de François and The Atlas Mountains allait pour une fois me décevoir. Le clip comme la chanson m'énervaient un peu pour leur préciosité un peu vaine. François Marry me paraissait faire du Julien Doré, se regardant chanter et se trouvant beau. Et puis, pour me convaincre entièrement de la superficialité du truc, je me suis quand même plongé dans "Banane Bleue".  Là encore, le titre de l'album improbable comme la pochette un poil narcissique ne me disent rien qui vaille. Et puis, la musique a fini à force d'écoute par me faire changer définitivement d'avis. Oui, François and the Atlas Mountains mérite son succès critique comme d'être toujours le seul français signé sur l'excellent label anglais Domino Records. J'en parle au singulier car pour une fois on sent un disque écrit par François Marry, sans ses montagnes de l'Atlas. Un disque plus pop, mélodique, personnel. Un disque d'un homme curieux, aux influences diverses - il chante ici dans de multiples langues, notamment sur l'introductif et bien nommé "The Foreigner" - du Finlandais Jaakko Eino Kalevi qui est venu ici apporter sa patte sensible et son électro élégante au Néo-Zélandais Connan Mockasin, présent ici par le biais de son producteur Renaud Letang. 
N'en déplaise aux fans de la première heure, cette "Banane Bleue" pourrait bien être au final son plus beau disque, son plus immédiat - "Julie" est un heureux mariage du Dominique A des débuts avec le son de Sarah Records -, court et sans fausse note, sans une seule baisse de régime. Et bizarrement aussi son plus modeste, tant dans la forme que dans le fond. Comme quoi, ne pas se fiez aux apparences trompeuses. Voilà définitivement un des meilleurs représentants de la pop hexagonale. 



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

Mark Pritchard & Thom Yorke - Tall Tales

Oui, je sais, je ne suis pas très productif ces derniers temps... Une nouvelle fois, plus le temps, plus l’envie. J’avoue même écouter moins de musique. Heureusement, il y a quelques nouveautés qui me donnent toujours envie d’y revenir. Les productions de Thom Yorke quelqu’elles soient - Radiohead évidemment dont on annonce une sortie d'ici fin de l'année, en solo ou avec The Smile - en font partie. Le voici en duo avec Mark Pritchard, musicien australien de cinquante ans dont j’admets ne rien connaître. Ce n’est pas le genre de musique que j’écoute habituellement, encore que, pas si éloignée de celle de Kraftwerk. Les deux avaient déjà travaillé ensemble, notamment, sur " Beautiful People " extrait de l’album " Under the sun " de l’australien paru en 2016. Cette nouvelle collaboration permet au chanteur de Radiohead de signer son premier diqque sur un label qu’il vénère depuis longtemps, Warp (Aphex Twin, Boards of Canada, Autechre, etc).  Et je dois dire q...

Beak> (+ Litronix) - L'Elysée Montmartre - Paris, le 13 novembre 2024

  9 ans déjà. 9 ans depuis que nous avons côtoyé l'horreur. Si proche, cette fois. Le choc fut donc plus rude. Ce vendredi 13 novembre 2015 a laissé des traces indélébiles pour tous les amateurs de musique live. Pourtant, à la même date, cette année, le nombre de bons concerts à Paris était pléthorique, pour ne pas dire démentiel. Imaginez vous : il y avait le choix entre les irlandais de Fontaines DC, chouchous de la scène rock actuelle au Zénith, les revenants de Mercury Rev à la Maroquinerie, François and the Atlas Mountains, pour une relecture live de leur disque de 2014, " Piano Ombre " à la Philharmonie de Paris, les nouveaux venus de Tapir! Au Pop Up du Label, la troupe suisse de l'Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp à la Marbrerie et enfin Beak>, le groupe de Geoff Barrow, ancien batteur de Portishead. Et encore, je n'ai cité que les concerts intéressants que j'avais repéré. Je suis sûr qu'il y en avait d'autres... Mais pourquoi une telle...