Voilà l'été qui arrive. Ce disque a été écrit par Jess Sylvester, alias Marinero en référence à l'ancienne profession de son père, - marin - , en quittant son San Francisco natal. Il est emprunt de nostalgie, de douceur, de farniente, d'été donc. Les sons sont très référencés : musiques de films, tropicalisme, bossa nova, pop Gainsbourgienne ou Hazlewoodienne. Tout fait penser à l'insouciance des années 60. Voilà un disque à la cool qui passe crème, comme un Mojito au bord de la piscine, comme ceux de Chris Cohen, surtout le sublime "Overgrown Path" sorti il y a bientôt dix ans déjà, avec une pointe brésilienne en plus. Un disque fait sur mesure pour la sélection FIP ou la playlist France Inter - le côté sud-américain, ça fait plus ouvert que la seule pop californienne de blancs-becs. Un disque pour profiter au maximum des terrasses, mode plus répandue que jamais actuellement en France. Un disque qui devrait rencontrer le succès donc. Et pourtant, on sait bien que non. Les musiques d'ambiance n'ont jamais fait exploser les chiffres de vente. Surtout celles qu'on réécoute volontiers à la maison, celles qui nécessitent d'y revenir souvent, parce qu'elles ne sont pas si simples que ça et qu'elles recèlent de nombreuses subtilités cachées et une grande variété de styles. Vous l'aurez compris, "Hella Love" fait partie de ces disques-là, ce qui devrait lui permettre, mine de rien, de dépasser largement l'été à venir.
On ne présente plus le premier, l’un des écrivains français les plus traduits au monde, controversé, aimant la provocation, jusqu’à flirter avec l’extrême droite ou tourner dans un porno amateur. On l’avait déjà retrouvé sur disque lors d’une collaboration avec Bertrand Burgalat pour le brillant et culte " Présence humaine " en 2000. Ses textes poétiques se marient bien avec la musique, ils ont leur mélodie, même s’ils sont juste déclamés. On connait un peu moins le second. Pourtant, c’est lui qui fut à l’origine du renouveau artistique de deux chanteurs attachants et en perte de vitesse, au bout du rouleau : d’une part, Daniel Darc, l’ex Taxi Girl avec le bien nommé " Crève coeur " en 2004, grand disque de chanson d’ici, et d’autre part, Pete Doherty, l’ex Libertines qui peinait à se renouveler avec un album élégant, à la classe délicieusement désuète. Les deux se seraient mis d’accord à l’écoute du " Psaume 23 " repris par Darc sur l’album susnommé. Houe...


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