Accéder au contenu principal

Zaho de Sagazan - La Symphonie des éclairs

Ça y est, je sens que je vais perdre quelques lecteurs en route. Les quelques qu'il me reste encore, après près de 15 ans d'existence de La Musique à Papa. Parce qu'à l'image d'une Clara Luciani, Zaho de Sagazan divise le petit monde de la musique indépendante, celle qui se veut à l'écart des modes mainstream, au-dessus de la masse. Or, cette jeune chanteuse originaire de Saint-Nazaire, est justement, comme son aînée, au milieu du gué, à cheval entre un Stromae et un Flavien Berger. D'aucuns diront qu'il faut choisir. Je dirais au contraire que non. Les premières écoutes, comme prévu, j'ai résisté, bêtement, refusant la hype coûte que coûte, car je ne me sentais pas dupe, genre on ne me l'a fait pas à moi. Cette musique devait être facile, forcément à portée de tous et donc inintéressante, car manquant de profondeur. Et puis, écoutant la jeune femme en interview, je l'ai trouvé étonnamment attachante, à mille lieux de la prétention d'une Christine and the Queens par exemple. Alors, je me suis plongé dernièrement dans son premier album sorti fin mars dernier, "La symphonie des éclairs" - contenant parmi d'autres, l'admirable chanson éponyme. Et j'ai cédé assez rapidement. 
Ces arrangements sont autrement plus travaillés et subtils que ceux d'un Stromae. Ces paroles plus directes, émouvantes, sans effets de styles. Cette voix aussi, plus naturelle et simple. Et ça fait toute la différence. Dans ces détails qui changent tout. Brel qui rencontre Kraftwerk pour les plus anciens. Évidemment pas à ce niveau, mais une sacrée révélation tout de même et tant mieux si c'est largement partagé. Pour une fois, on ne s'en plaindra pas. 
 


Commentaires

  1. Tu vas peut être en gagner plus que tu ne vas en perdre 😉

    RépondreSupprimer
  2. Hey Papa, tu écoutes qui tu veux

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

Michel Houellebecq & Frédéric Lo - Souvenez-vous de l'homme

On ne présente plus le premier, l’un des écrivains français les plus traduits au monde, controversé, aimant la provocation, jusqu’à flirter avec l’extrême droite ou tourner dans un porno amateur. On l’avait déjà retrouvé sur disque lors d’une collaboration avec Bertrand Burgalat pour le brillant et culte " Présence humaine " en 2000. Ses textes poétiques se marient bien avec la musique, ils ont leur mélodie, même s’ils sont juste déclamés. On connait un peu moins le second. Pourtant, c’est lui qui fut à l’origine du renouveau artistique de deux chanteurs attachants et en perte de vitesse, au bout du rouleau : d’une part, Daniel Darc, l’ex Taxi Girl avec le bien nommé " Crève coeur " en 2004, grand disque de chanson d’ici, et d’autre part, Pete Doherty, l’ex Libertines qui peinait à se renouveler avec un album élégant, à la classe délicieusement désuète. Les deux se seraient mis d’accord à l’écoute du " Psaume 23 " repris par Darc sur l’album susnommé. Houe...

"Starman : Quand Ziggy éclipsa Bowie" & "Nick Cave : Mercy on Me" de Reinhard Kleist

Deux chroniques pour le prix d'une ! Et des chroniques de bandes dessinées, une fois n'est pas coutume. Mais des bandes dessinées sur la musique et le rock en particulier. Noël est passé, mais il n'est jamais trop tard ou se faire plaisir ou offrir. Voici en tout cas deux bouquins que je recommande fortement pour qui aime l'univers et la musique de ces deux grands artistes : David Bowie et Nick Cave. Mais qui ne les aiment pas ? Reinhard Kleist, l'auteur de ces deux livres, est un dessinateur allemand qui, après avoir déjà réalisé une biographie de Johnny Cash enchaîne donc avec les deux chanteurs susnommés. Il n'a pas réalisé que ce type d'oeuvre, mais c'est quand même ce qui est en train de faire son succès. Il faut dire, comme je l'ai dit précédemment qu'elles sont particulièrement réussies. Si Bowie - paix à son âme - n'est plus en état de valider ou non cette énième biographie, Cave a déjà dit tout le bien qu'il pensait de la sienne ...