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Geese + Westside Cowboy - La Cigale, Paris, le 7 mars 2026

La musique à papa s’inscrit un peu en mode vacances en ce moment. Mais je n’ai pas pour autant fait l’impasse sur le concert - ou plutôt les concerts puisqu’au regard du remplissage rapide une date et un lieu supplémentaire ont dû être rajoutés - des bobos New-Yorkais de Geese, annoncés presque partout comme l’avenir du rock. En première partie, on eût droit aux mancuniens de Westside Cowboy. On est arrivés un peu tard, loupant quelques minutes et pour une fois, je dois dire que j’ai regretté. Ça fait belle lurette que je n’avais pas vu et entendu une telle première partie, les 4 jeunes anglais dégagent une énergie et une maîtrise bluffantes. Une partie du public a l’air d’être venus aussi pour eux, à moins que ça soit simplement parce qu’en l’espace de quelques minutes, ils ont réussi l’exploit d’embarquer l’audience parisienne souvent réputée comme blasée. C’est évident que ce groupe va faire parler de lui, on n’assiste pas à une telle révélation tous les jours. Lors du dernier morceau, les quatre membres de Westside Cowboy chantent tous à capella, faisant preuve d’une belle unité. Avant cela, le chant se répartissait équitablement entre les deux guitaristes et la bassiste. Et puis, chacun des titres propose une dynamique et un climat différents. Ils n’ont pour l’instant sorti que 2 EP qui ne restituent qu’en partie les qualités de cette formation. C’est un euphémisme de dire qu’on attend la suite avec impatience. 
Alors que nous montons à l’étage de la Cigale pour mieux voir la scène pour Geese, nous assistons à l’arrivée du carré VIP, une première pour nous, lors d'un concert de rock. Nous reconnaissons uniquement l’acteur Vincent Lacoste. Ces places réservées ont eu pour mérite d’être couplées à un agent de la sécurité s’assurant également pour les non invités comme nous que personne ne se mettait debout devant notre champ de vision. La classe. Geese fut ensuite à la hauteur des attentes voire plus encore, délivrant un set impeccable et presque parfait de bout en bout. Ils ont joué tous les titres de "Getting Killed" appelé à devenir un classique de son époque. La voix de Winter est impressionnante, bien plus que sur disque où elle pourrait agacer. Les autres musiciens moins mis en avant sont pourtant au diapason, planqués derrière leurs instruments et bien souvent plongés dans la pénombre. La scène rend également admirablement la complexité de ces morceaux. En rapport, les 3 autres chansons jouées non extraites de leur dernier album paraissent l’oeuvre d’une bande d’adolescents n’ayant pas encore trouvé leur voie. Finir par les dantesques "Long Island City Here I Come" avant rappel et "Trinidad" après rappel nous a aussi laissés pantois, ébahis devant le déluge sonore et la maîtrise technique. Je ne sais pas si Geese est l’avenir du rock et je m’en fiche mais si leur avenir s’écrit avec cette qualité et cette exigence, leur écoute ne pourra qu’améliorer notre futur. Pas étonnant qu’une partie du public, jeunes comme plus âgés - première fois aussi depuis longtemps qu’un concert auquel nous assistons rassemblait autant les générations - en sortant s’est jeté sur le stand merchandising, voulant immortaliser ce moment, pour eux et les générations futures. 


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