Accéder au contenu principal

Grand Duchy - Petits Fours

S'il y a quelqu'un dont tout le monde se contrefout actuellement, c'est bien de Frank Black, à l'inverse d'un Morrissey par exemple, autre grande figure rock des années 80. Pourtant, je trouve que sur son dernier disque, l'américain s'en sort nettement mieux que l'anglais. En effet, Frank Black abandonne (momentanément?) ici le gros rock qui tâche et revient à ses premières amours, celles de son groupe culte : les Pixies. Son nouveau groupe s'appelle Grand Duchy et il est formé uniquement de sa femme et lui. Un groupe familial en quelque sorte. Et si les chansons n'ont évidemment pas la percution, l'éclat et la fougue de celles de son ancienne formation, elles demeurent d'honnêtes chansons rock. Des Pixies en fin de course en quelque sorte, des Pixies en train de passer à l'âge adulte. Ce qui pourtant ne correspond pas à cette musique, éternellement adolescente. Mais par rapport à ce qui peut s'écouter ici et là, des titres comme "Fort Wayne", "The Long Song" ou "Ermesinde" sont loin d'être ridicules. Bien sûr, il y a quelques emprunts à Frank Black lui-même : l'intro de "Break The Angels" est un copier/coller de celle de "Gigantic", mais comme le dit l'adage, on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même. En bref, il y a parmi ces "Petits Fours" de savoureuses petites amuses bouches.(MySpace)

6/10

Chroniques :
Les Inrocks
Magic
NME

Commentaires

  1. Certes, c'est une réaction normale, c'est comme ça. Quoi que fasse Charles Thompson, on le comparera toujours au travail des Pixies, en gros pour dire : "c'est nul, ça ressemble pas au Pixies" ou "c'est nul, c'est une copie des Pixies mais sans les Pixies" ou dans les meilleurs des cas "ouf, il a recouvré l'esprit, voilà qu'il fait du Pixies de nouveau."
    Seulement moi, j'ai beau cherché, je ne trouve pas du tout que c'est album ressemble aux Pixies. A la limite, "Bluefinger" y ressemblait plus. Cet album est avant tout un projet entre lui et sa femme et je tiens à faire savoir, ce que beaucoup de critiques ignorent superbement, que Violet Clark a autant à voir dans la composition que son mari.
    L'album est très bon sans avoir forcément à ressembler aux Pixies.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Iggy Pop - Post Pop Depression

Après la mort de l'icône Bowie, c'est plus fort que nous, on essaie de faire le point. Que sont devenus nos idoles ? Ces modèles, ces personnages incontournables de l'histoire du rock. Ces artistes qui ont su traverser les générations, en restant aujourd'hui encore des références pour les plus jeunes. Iggy Pop est évidemment de ceux-là. Même si la figure tutélaire du punk, l'iguane, a pris du plomb dans l'aile depuis pas mal d'années, jusqu'à apparaître dans des spots publicitaires, en parodie de l'éternel rebelle. Comme s'il était le seul à parler à tout le monde dans les chanteurs dits un tant soit peu transgressifs. Mais l'époque de "I Wanna Be Your Dog" ou autres "Penetration" est bien révolue. Le monde a changé, plus très apte à s'offusquer à la première chanson un peu trop crue écoutée. Iggy lui même a vieilli, il l'avoue. Il ne se sent pas rivaliser avec la nouvelle génération. D'ailleurs, où est la re…

Gu's Musics - Happening

Dans la série il n'est jamais trop tard pour découvrir la musique d'un "ami" Facebook, voici "Happening" de Gu's Musics. Le chanteur, de son vrai nom Gerald Chiifflot, originaire de Tours n'est pourtant pas né de la dernière pluie mais il a plutôt l'habitude de cirer le banc de touche dans la première division de la chanson-rock d'ici. Le genre de gardien de but invariablement désigné comme doublure, doublure des Bashung ou autres Dominique A, voire Rodolphe Burger avec qui la ressemblance paraît la plus évidente. Dis comme ça, on a connu pire comme situation, sauf qu'il vaut mieux, comme on dit, avoir mauvaise presse que pas de presse du tout. L'ami Gu's, pas rancunier, se dit que cela doit être à cause de ses textes, il avoue que c'est là que ça pêche principalement. Alors, il fait appel à un écrivain, un poète breton, Yan Kouton pour son précédent disque, "Aquaplanning". Malheureusement, à trop vouloir les mettr…

Baxter Dury - Prince of Tears

Revoilà Baxter, fils de, et petit prince d'une pop douce-amère aux intonations cockney. Dès les premières notes de "Miami", on reconnait son style si caractéristique, son côté dandy cynique et passablement misanthrope. Dury est adepte de l'humour British : cacher sous une apparente nonchalance (et sans doute quelques verres d'alcool) une profonde mélancolie. Depuis la terrible "Happy Soup", le chanteur est un habitué de mes tops de fin d'année. Ce "Prince of Tears" ou l'éternel sujet du comment se sortir par la musique d'un douloureux chagrin d'amour, devrait ne pas déroger à la règle. Ce disque n'a finalement qu'un seul défaut, celui d'être trop court. Il s'y dégage cette habituelle impression de facilité, comme si ces mélodies allaient de soi. Un peu comme Gainsbourg, dont l'anglais n'a jamais été aussi proche, en son temps. Les arrangements font régulièrement penser à l'auteur de "Melody Nel…