Accéder au contenu principal

Owen Pallett - Heartland

Celui-là, j'avoue que s'il n'avait pas changé de nom, je n'aurais sans doute jamais jeté une oreille dessus. Parce que, franchement, Final Fantasy, ce ne fait pas vraiment envie, non ? Donc, voilà, deux albums, sans que j'y prenne gare et puis soudain, la révélation. Ce type est canadien (encore ?), il est responsable des arrangements de cordes sur de nombreux disques que j'apprécie : au hasard Arcade Fire et Grizzly Bear ont fait appel à lui. Et je n'y avais jamais prêté attention : qui regarde cela ? Owen Pallett, donc, (pas forcément super non plus, Pallett, comme nom...) et un talent indéniable. Une sorte d'Andrew Bird, en plus jeune, plus doué, plus subtil. Je sais, ça fait beaucoup pour le pauvre Andrew - par contre, Andrew siffle beaucoup mieux, normal, vous me direz, pour un "Bird" ;-). Mais Pallett est un surdoué du violon et si ça ne savait encore que dans les milieux autorisés, cela risque bientôt d'éclater au grand jour. Pourtant, je n'ai pas accroché tout de suite à "Heartland" : trop d'arrangements tue l'arrangement, m'étais-je d'abord dit. Ce gaillard en fait trop, il est dans la surenchère, voulant à tout prix combler l'espace.
Et puis, ayant écouté les autres sorties de la semaine, j'y suis finalement revenu. Parce qu'en comparaison, ce "Heartland" est nettement plus intéressant, plus long en bouche. Passionnant en quelque sorte. Mais surtout à la fin. Finalement. Oui, je trouve que les meilleurs titres sont en toute fin du disque et c'est pourquoi, au début, je n'avais même pas pris la peine d'y aller. Jusqu'au bout. A partir de "Lewis Takes Off His Shirt", c'est même carrément excellent. Le disque décolle réellement. On a trouvé un sérieux concurrent à Sufjan Stevens. Premier grand disque de 2010, assurément.
Clip de "Lewis Takes Off His Shirt" :

Commentaires

  1. Je crois que pour l'instant c'est le seul disque de ce début d'année à faire l'unanimité. On sentait un potentiel énorme sur les deux premiers albums, mais il manquait un truc. Là tout y est, c'est grand!
    (en fait les deux Eps sortis en 2008 annonçaient déjà un album énorme)

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Iggy Pop - Post Pop Depression

Après la mort de l'icône Bowie, c'est plus fort que nous, on essaie de faire le point. Que sont devenus nos idoles ? Ces modèles, ces personnages incontournables de l'histoire du rock. Ces artistes qui ont su traverser les générations, en restant aujourd'hui encore des références pour les plus jeunes. Iggy Pop est évidemment de ceux-là. Même si la figure tutélaire du punk, l'iguane, a pris du plomb dans l'aile depuis pas mal d'années, jusqu'à apparaître dans des spots publicitaires, en parodie de l'éternel rebelle. Comme s'il était le seul à parler à tout le monde dans les chanteurs dits un tant soit peu transgressifs. Mais l'époque de "I Wanna Be Your Dog" ou autres "Penetration" est bien révolue. Le monde a changé, plus très apte à s'offusquer à la première chanson un peu trop crue écoutée. Iggy lui même a vieilli, il l'avoue. Il ne se sent pas rivaliser avec la nouvelle génération. D'ailleurs, où est la re…

Gu's Musics - Happening

Dans la série il n'est jamais trop tard pour découvrir la musique d'un "ami" Facebook, voici "Happening" de Gu's Musics. Le chanteur, de son vrai nom Gerald Chiifflot, originaire de Tours n'est pourtant pas né de la dernière pluie mais il a plutôt l'habitude de cirer le banc de touche dans la première division de la chanson-rock d'ici. Le genre de gardien de but invariablement désigné comme doublure, doublure des Bashung ou autres Dominique A, voire Rodolphe Burger avec qui la ressemblance paraît la plus évidente. Dis comme ça, on a connu pire comme situation, sauf qu'il vaut mieux, comme on dit, avoir mauvaise presse que pas de presse du tout. L'ami Gu's, pas rancunier, se dit que cela doit être à cause de ses textes, il avoue que c'est là que ça pêche principalement. Alors, il fait appel à un écrivain, un poète breton, Yan Kouton pour son précédent disque, "Aquaplanning". Malheureusement, à trop vouloir les mettr…

Baxter Dury - Prince of Tears

Revoilà Baxter, fils de, et petit prince d'une pop douce-amère aux intonations cockney. Dès les premières notes de "Miami", on reconnait son style si caractéristique, son côté dandy cynique et passablement misanthrope. Dury est adepte de l'humour British : cacher sous une apparente nonchalance (et sans doute quelques verres d'alcool) une profonde mélancolie. Depuis la terrible "Happy Soup", le chanteur est un habitué de mes tops de fin d'année. Ce "Prince of Tears" ou l'éternel sujet du comment se sortir par la musique d'un douloureux chagrin d'amour, devrait ne pas déroger à la règle. Ce disque n'a finalement qu'un seul défaut, celui d'être trop court. Il s'y dégage cette habituelle impression de facilité, comme si ces mélodies allaient de soi. Un peu comme Gainsbourg, dont l'anglais n'a jamais été aussi proche, en son temps. Les arrangements font régulièrement penser à l'auteur de "Melody Nel…