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Dominique A - Tomber Sous Le Charme

Je ne sais plus quand le déclic s'est produit. "Les Hauts Quartiers De Peine" ? Ou "Monochrome" sur un disque de Tiersen ? Je sais seulement que ses écrits sur le site "Comment certains vivent" ont constitué pour beaucoup dans l'admiration que j'ai aujourd'hui pour Dominique A. Il y eut aussi ses chroniques dans le magazine du TGV au moment où je prenais beaucoup ce dernier. Même si je lisais beaucoup moins que lui, je me retrouvais souvent dans ses choix, sa vision des choses et de la vie, Joy Division, Sarah Records (les fabuleux Field Mice). C'est à ce moment-là qu'au-delà de la musique, j'avais scellé un pacte avec le chanteur, étant sûr de le suivre peu importe où il pouvait m'emmener. Je faisais partie intégrante du même "Convoi". Quand est sorti en début d'année, "Tomber sous le charme", livre qui regroupait la quasi exhaustivité de ses chroniques musicales et littéraires, je n'ai pas trouvé d'intérêt à m'y replonger. Je connaissais déjà de quoi il en retournait, ayant lu une grande partie d'entre elles. Puis, je me suis finalement laissé tenter, peut-être avais-je loupé quelque chose d'essentiel ? Qu'il aime JP Nataf ou Babx a juste confirmé qu'on était décidément régulièrement sur la même longueur d'onde. Ses carnets de notes prises en tournée, moins "écrites", évoquent un homme moins posé et plus tourmenté qu'il n'y paraît. La distance se ressert, faisant découvrir au plus près le chanteur et ses faiblesses (l'alcool?). On y perd en amabilité ce qu'on gagne en humanité. Mais ce qui m'a le plus marqué, ce sont ses auto-critiques, cette incroyable faculté de remise en question, cette conscience étroite du chemin parcouru, de ce qu'il reste à parcourir et de ce qui est du domaine de l'inaccessible. Oser dire que sur "Remué", "on s'emmerde un peu". Que "La Mémoire Neuve" - mon préféré - est un disque "un peu sage, un peu raide aussi", sans parler de "Si Je Connais Harry" qui en prend pour son grade.
"Tomber sous le charme", ça pourrait aussi être le titre de ce blog. C'est juste une façon plus formelle de faire le passe-plat. Ci-dessous, quelques uns de ces savoureux mets à partager sans modération...


"C'est pourtant, avant tout, avec une chanson acoustique et lente que le disque emporte le morceau, une mélodie en suspension qui agit comme un baume. Elle s'appelle "Nicole", et il y a peu de choses à en dire, si ce n'est que c'est le type de chanson qui fait le vide autour de soi, et que si elle avait des bras, on viendrait s'y blottir."


"Un diamant, une chanson dix-huit carats, une mélodie céleste portée par une voix ample, et des orchestrations en direct de la stratosphère. A elle seule, une bande-son pour les soires d'été. Si ce dernier vous la refuse, laissez tomber, passez directement à l'automne."


"Pram ne sera jamais un groupe important, mais c'est peut-être, sans que ce soit incompatible, un groupe pour la vie. Un qu'on écoutera une fois l'an, toujours épaté par sa continuelle fraîcheur, ses trouvailles sonores, ses mélodies en colimaçon, et son petit monde enchanteur de série B fantastique."

Il n'en est pas vraiment question dans le livre mais je ne résiste pas à vous mettre "Partir" de Gisor, cet obscur chanteur français de synth-pop du début des années 80. Cette chanson aurait donné à Dominique A une furieuse envie de "Partir" de son Provins natal. Cette voix, mon dieu, oui, partir, je comprends ;-)


Dominique A lui avait rendu hommage - Gisor est mort dans l'anonymat en 2000 - dans la chanson "Gisor" extraite de l'excellent EP "Kick Peplum" sorti juste après "La Musique/La Matière" :

Commentaires

  1. Eh Vince, c'est un joli billet sur DomA et tu sais que je les aime beaucoup. Perso, je n'ai jamais eu les magazines TGV, je me suis donc rué sur ce bouquin pour connaitre ses avis intemporels. Me suis aussi rué sur "Y revenir".. avec le sentiment d'avoir vécu la même non souffrance, le rien, l'inutile de ma jeunesse dans un endroit improbable et vide rempli à ras bord.

    Tu parles de "Monochrome" et "Les hauts quartiers de peine".. j'ai tout remis y'a qq jours. Perso, le déclic, c'est Olympia 95 avec les hauts quartiers..y'avait Françoiz et Vic Chesnutt en 1ere partie. En suis tjrs pas renevu ;D

    Tu as raison, ses billets, ses carnets de bords sont importants, presque indissociables de son œuvre. Merci d'en parler .. en attendant le prochain album.

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    1. Merci, m'sieur Charlu !!! Vivement le nouveau disque même si je trouve qu'en ce moment la chanson de chez nous se porte comme un charme... Dominique A n'est plus seul, tant mieux !!!

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    2. Yes, et tu sais quoi ??le 13 octobre, Murat revient avec derrière Delano Orchestra.. genre Neil Young & Crazy Horse :D

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  2. Sympa ton billet. Je n'ai pas encore lu (ni acheter d'ailleurs) ce livre édité chez une maison à la ligne éditoriale et aux sorties fabuleuses, Le Mot Et Le Reste. Mais je me souviens très bien de ses chroniques pour le magazine du TGV. C'était à une période où je le prenais toutes les semaines (environs 1 ans et demi) pour cause de formation pro. La lecture du papier de Dominique A était toujours un vrai plaisir.
    Le loustic, en plus d'être un super artiste, possède une culture artistique très "indé".
    Et belle sélecta musicale, dont Gravenhurst et l'album que je préfère "Fires and distant buildings".
    A +

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  3. En fait, le seul problème chez Dominique A, c'est qu'il n'aime pas les Beatles. Du moins qu'il s'en fout. Un mystère, pour moi...

    See you :)

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    1. Ce n'est pas un mystère pour moi. D'abord, parce qu'il a dû mal à partager ses goûts musicaux avec le plus grand nombre. Il a besoin d'avoir un rapport intime avec les disques qu'il aime. Il a besoin de se sentir privilégié, de faire partie d'un cercle restreint d'initiés, de gens qui savent. Les Beatles, tout le monde connaît, presque tout le monde aime. Pas grand chose à en dire, non ? Je suis comme lui, en fait. Les Beatles, j'aime bien, mais voilà, je préfère les Kinks par exemple ;)

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