Accéder au contenu principal

Karen O - Crush Songs

Cette fille a la classe. Pourtant, quand on mentionne les chanteuses rock qui comptent peu la citent encore. Cela devrait changer avec ce premier solo, "Crush Songs" qui prouve si besoin était que les Yeah Yeah Yeahs, c'était uniquement elle ou presque. Aux mauvaises langues qui ne prédisaient pas d'avenir au groupe ou alors un futur en roue libre, reproduisant de manière moins spontanée la recette d'un punk-rock de plus en plus prévisible, se rapprochant par exemple des bourrins de Greenday. C'était sans compter sur le talent à se renouveler de Karen O. De la furie jubilatoire du toujours sémillant "Fever To Tell" à cet intime et sobre "Crush Songs" en passant par des collaborations avec les barjots de Flaming Lips, des plus austères Swans ou encore une nomination aux Oscars, cette fille-là surprend constamment. Des guêpières et tenues fluos des débuts aux robes de soirée distinguées telles qu'elle portait à la cérémonie des Oscars, c'est un grand écart permanent.
Tantôt sûre d'elle, tantôt à fleur de peau, elle sait soit asséner des grosses baffes, soit caresser. Ce n'est pas le genre de femmes faciles à apprivoiser. Constamment en représentation ? Pas si sûr. Les crush songs ont été écrites en 2006, 2007, alors qu'elle vivait une période difficile liée à une séparation. On y retrouve le style intemporel d'une ballade comme "The Moon Song" prolongé sur 15 titres. Pas la moindre pose ou presque, juste de courtes chansons d'amour présentées dans leur plus simple appareil : une guitare sèche jouée à même l'os tout juste rehaussée parfois de quelques feulements, sifflements, craquements ou voix amies. C'est vieux comme le monde mais difficile de ne pas appuyer inlassablement sur Repeat. La vie devrait être aussi simple que ça.

Clip de "Rapt" :

Commentaires

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

Michel Houellebecq & Frédéric Lo - Souvenez-vous de l'homme

On ne présente plus le premier, l’un des écrivains français les plus traduits au monde, controversé, aimant la provocation, jusqu’à flirter avec l’extrême droite ou tourner dans un porno amateur. On l’avait déjà retrouvé sur disque lors d’une collaboration avec Bertrand Burgalat pour le brillant et culte " Présence humaine " en 2000. Ses textes poétiques se marient bien avec la musique, ils ont leur mélodie, même s’ils sont juste déclamés. On connait un peu moins le second. Pourtant, c’est lui qui fut à l’origine du renouveau artistique de deux chanteurs attachants et en perte de vitesse, au bout du rouleau : d’une part, Daniel Darc, l’ex Taxi Girl avec le bien nommé " Crève coeur " en 2004, grand disque de chanson d’ici, et d’autre part, Pete Doherty, l’ex Libertines qui peinait à se renouveler avec un album élégant, à la classe délicieusement désuète. Les deux se seraient mis d’accord à l’écoute du " Psaume 23 " repris par Darc sur l’album susnommé. Houe...

"Starman : Quand Ziggy éclipsa Bowie" & "Nick Cave : Mercy on Me" de Reinhard Kleist

Deux chroniques pour le prix d'une ! Et des chroniques de bandes dessinées, une fois n'est pas coutume. Mais des bandes dessinées sur la musique et le rock en particulier. Noël est passé, mais il n'est jamais trop tard ou se faire plaisir ou offrir. Voici en tout cas deux bouquins que je recommande fortement pour qui aime l'univers et la musique de ces deux grands artistes : David Bowie et Nick Cave. Mais qui ne les aiment pas ? Reinhard Kleist, l'auteur de ces deux livres, est un dessinateur allemand qui, après avoir déjà réalisé une biographie de Johnny Cash enchaîne donc avec les deux chanteurs susnommés. Il n'a pas réalisé que ce type d'oeuvre, mais c'est quand même ce qui est en train de faire son succès. Il faut dire, comme je l'ai dit précédemment qu'elles sont particulièrement réussies. Si Bowie - paix à son âme - n'est plus en état de valider ou non cette énième biographie, Cave a déjà dit tout le bien qu'il pensait de la sienne ...