Accéder au contenu principal

Trailer Trash Tracys - Ester

Un rouge-gorge. Une aciérie aux longues cheminées fumantes. Les lettres du générique qui apparaissent dans une couleur verdâtre, façon Windows 3.1. Un panneau de bienvenue et les montagnes au lointain. Une cascade. Un torrent. Une rivière. Cela ne vous rappelle rien ? Ce climat apaisant est idéal pour rentrer de plein pied dans un univers onirique et fantasmagorique. C'est l'effet produit par le premier disque de 2012 chroniqué ici-même : "Ester" des londoniens de Trailer Trash Tracys. A son écoute, on pense aussi à la musique planante et envoûtante de Mazzy Star, même si la jeune chanteuse Suzanne Aztoria ne possède pas le timbre de voix vaporeux et sensuel de Hope Sandoval, à My Bloody Valentine même ("Strangling Good Guys"). A l'image de sa pochette, "Ester" est un disque polymorphe, mutant, variant habilement les atmosphères.
Oui, je sais, toute cette accumulation de références donne plutôt envie et c'est fait pour, car "Ester" est un bon album. Pourtant, la musique de Trailer Trash Tracys y paraît trop maîtrisée. Comme si les rêves pouvaient être totalement contrôlables, les films de David Lynch totalement compréhensibles... 

Clip de "You Wish We Were Red" :

Album en écoute intégrale via ce player proposé par leur label Domino Records :

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Lucie

L'autre jour, en lisant l'article intitulé « ça rime à quoi de bloguer ? » sur le très bon blog « Words And Sounds » - que vous devez déjà connaître, mais que je vous recommande au cas où cela ne serait pas le cas - je me disais, mais oui, cette fille a raison : « ça rime à quoi la musique à papa? ». Enfin, non, sa réflexion est plutôt typiquement féminine : trouvons un sens derrière chaque chose ! Nous, les hommes, sommes plus instinctifs, moins réfléchis. C'est sans doute pour ça que dans le landernau (je ne sais pas pourquoi, j'aime bien cette expression, sans doute parce que ça fait breton :-) des « indierockblogueurs », il y a surtout des mecs. Un mec est par contre bizarrement plus maniaque de classements en tout genre, surtout de classements complètement inutiles dans la vie de tous les jours. Pour ceux qui ne me croient pas, relisez donc Nick Hornby. Et je dois dire que je n'échappe pas à la règle, même si j'essaie de me soigner. J'ai, par exemple,

Top albums 2023

2023, fin de la partie. Bonjour 2024 et bonne et heureuse année à toutes et tous ! Je termine cette fois-ci un premier janvier, sur le fil, histoire de bien clôturer l'affaire, sans anticipation. Avant de vous dire qu'il s'annonce plein de bonnes choses musicalement parlant pour la nouvelle année, voici un récapitulatif de l'an dernier en 10 albums. 10 disques choisis le plus subjectivement possible, parce que ce sont ceux qui m'ont le plus emballé, le plus suivi pendant douze mois et qui je pense, me suivront le plus longtemps encore à l'avenir. 10- Young Fathers - Heavy, Heavy Ces jeunes pères de famille inventent une pop futuriste à partir de mixtures de TV On The Radio, Animal Collective ou autre Massive Attack. C'est brillant, novateur, stimulant, mais cela a parfois le défaut de ses qualités : notre cerveau est régulièrement en surchauffe à l'écoute de ces morceaux bien trop denses pour le commun des mortels, incapable de retenir autant de sons, d&

Beak - >>>>

A peine remis du magnifique concert de Beth Gibbons, que nous apprenions la sortie surprise d'un nouvel album de Beak, groupe de Geoff Barrow depuis 2009 et la fin (?) de Portishead. Beak a la bonne idée d'intituler ses disques d'un " > " supplémentaire à chaque fois - on en est au quatrième - , comme pour dire que la formation est en constante progression, ce qui est assez vrai, tellement cette nouvelle mouture impressionne d'emblée. Les deux premiers titres, " Strawberry Line " et " The Seal " fixent la barre très haut. La production est toujours impeccable, avec une rythmique bien mise en avant, rappelant bien sûr le krautrock dont on sait que Barrow est amateur depuis " Third " chef d'oeuvre indépassable de Portishead, ce chant distant et ces chansons qui progressent lentement, créant ce climat de tension constante, dans l'attente de ce qui va suivre. La suite, moins immédiatement renversante, plus lancinante, nous