Accéder au contenu principal

Anna Meredith - Varmints

J'avoue que j'y avais déjà jeté une oreille, mais cette musique m'avait quelque peu rebutée. Elle ne laisse pas apprivoisée facilement. Et puis, c'est Benjamin Fogel, créateur de l'exigeante Playlist Society qui m'a donné envie de m'y replonger, via une liste d'albums préférés de 2016. Je savais que le chemin serait abrupt, la pente raide, que j'allais en baver, mais j'ai tenté l'expédition. L'écossaise Anna Meredith a une formation classique et ça s'entend. Son premier disque propose une impressionnante palette sonore, chaque titre instrumental est une sorte de mini concertos électroniques, parfois apaisants ("Honeyed Words", "Blackfriars") parfois agressifs et épuisants ("Shill", "R-Type"). On pense même par moments à du Daft Punk avec davantage de percussions ("R-Type", The Vapours"). Les morceaux chantés ("Taken", "Something Helpful", "Dowager", "Last Rose") les plus accessibles, constituent de délicieuses mignardises sonores.
Anna Meredith, à l'image de groupes comme East India Youth ou surtout These New Puritans avec lequel elle a d'ailleurs collaboré, fait partie de ceux qui font encore bougé les lignes, avancé la grande affaire musicale, dont beaucoup se foutent éperdument. Ce n'est pas le genre de musique qu'on réécoutera facilement, il y a sans doute de la prétention dans la démarche (et le résultat), mais c'est un de ces disques à la durée de vie importante, intimidant hier, aujourd'hui comme demain.

Clip de "Taken" :

Clip de "Something Helpful" :

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Nick Cave & Warren Ellis - Carnage

On continue le rattrapage des disques 2021 avec une sacré pointure, puisque j'ai nommé Nick Cave, sans doute le rockeur ultime. Celui qui a commencé punk arty au sein de Birthday Party et produit aujourd'hui parmi les disques plus sombres qui soient. Le décès d'un fils y étant évidemment pour quelque chose. Autant les deux précédents albums, les pourtant acclamés - mais comment attaquer un père inconsolable - " Skeleton Tree " et " Ghosteen " m'avaient laissé étrangement indifférent. Autant ce " Carnage " sorti cette fois sans ses Bad Seeds mais avec le seul Warren Ellis - décidément compagnon de tous les instants depuis quelques années - m'a tout de suite marqué. Par son dépouillement, par sa quasi absence d'effets, juste quelques délicats et déchirants arrangements venant ornés juste ce qu'il faut le spleen du sieur Cave. Il n'est plus question de masquer les faits sous un quelconque décorum mais d'affronter la vérité

Richard Dawson & Circle - Henki

  Qu'il soit seul, au sein de Hen Ogledd ou accompagné du groupe de heavy metal finlandais Circle, la musique de Richard Dawson présente la même singularité. " Henki " est donc le résultat de la drôle de rencontre entre le troubadour anglais à la voix qui n'est pas sans rappeler celle de Robert Wyatt - souvent à la limite de la justesse - et une de ses formations préférée, pourtant assez opposée de son univers folk médiéviste. L'album ne comporte que 7 titres, souvent très longs, histoire d'appuyer un style envoûtant aux influences multiples, à l'exacte jonction des musiques de Circle et de Dawson, et aux nombreuses fulgurances (mention spéciale pour les guitares de " Silphium "). Une fois de plus, il est très difficile de classer un disque de Richard Dawson, toujours à la frontière du kitsch et de l'expérimentation. Chaque titre a un nom de plante dont certaines ont disparu (cooksonia, silphium), comme pour célébrer son attachement à la natu

Baptiste W. Hamon & Barbagallo - Barbaghamon

Quand deux des plus talentueux songwriters français actuels se rencontrent, ça ne peut produire qu'un excellent disque. Baptiste W. Hamon et Julien Barbagallo réussissent l'audacieux pari de réunir leurs deux univers assez différents pour en tirer le meilleur. Le premier s'inscrit à la fois dans une tradition de chanson française (Jean Ferrat) et de country musique américaine (Townes Van Zandt) à l'ancienne. Le second plus "moderne" marrie l'électro d'un Sébastien Tellier et la pop d'un JP Nataf, assez éloigné au final de Tame Impala et d'Aquaserge, deux formations dont il est pourtant à l'occasion batteur. Le disque est construit à l'image d'un diptyque : une partie est l'oeuvre de Baptiste W. Hamon (" J'écoute l'eau ", " Ils fument ", " Maria "), l'autre de Barbagallo (" Le jour viendra ", " Nous nous reverrons ", " Le bleu du ciel "). Qu'ils se retro