Accéder au contenu principal

Preoccupations - Preoccupations

Ils ont fini par changer de nom. Sous la pression. Américaine surtout. La plaie n'est pas complètement refermée. Les souvenirs non encore enfouis. Mais la colère reste. Preoccupations, pour dire leur vision pessimiste du monde. Et ces guitares toujours abrasives. Cette voix grave, un peu forcée. Les Canadiens, anciens membres de Women et de Viet Cong n'ont pas dit leur dernier mot, malgré les drames - la mort de Christopher Reimer, ancien guitariste de Women -, les reniements - l'abandon du patronyme Viet Cong. La musique ne s'est pas assagie. Ou à peine. On entend presque le U2 ou le Echo and the Bunnymen des débuts sur "Memory". Le son est lourd, l'influence post-punk mâtinée de déflagrations sonores, Preoccupations n'est pas, comme son nom l'indique bien, un groupe fun. Pourtant, ce nouveau disque est peut-être le plus accessible de la carrière de ces canadiens, le plus pop, toute proportion gardée. 
Il marque bien la différence entre la lutte armée - le Viet Cong et son tabassage en règle - et une certaine résignation - Preoccupations et sa charge massive mais souvent inoffensive. Comme si on en était tous là...

Clip de "Anxiety" :

Clip de "Degraded" :

Commentaires

  1. Pour ma part Anxiety bouffe complètement l'album, elle est géniale et le reste ne suit pas, en tous cas pas au même niveau. Mais l'album est bon quand même, un peu obscurci par cette perle

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, le disque de Viet Cong était supérieur mais celui-là est pas mal quand même :-)

      Supprimer
  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

Mark Pritchard & Thom Yorke - Tall Tales

Oui, je sais, je ne suis pas très productif ces derniers temps... Une nouvelle fois, plus le temps, plus l’envie. J’avoue même écouter moins de musique. Heureusement, il y a quelques nouveautés qui me donnent toujours envie d’y revenir. Les productions de Thom Yorke quelqu’elles soient - Radiohead évidemment dont on annonce une sortie d'ici fin de l'année, en solo ou avec The Smile - en font partie. Le voici en duo avec Mark Pritchard, musicien australien de cinquante ans dont j’admets ne rien connaître. Ce n’est pas le genre de musique que j’écoute habituellement, encore que, pas si éloignée de celle de Kraftwerk. Les deux avaient déjà travaillé ensemble, notamment, sur " Beautiful People " extrait de l’album " Under the sun " de l’australien paru en 2016. Cette nouvelle collaboration permet au chanteur de Radiohead de signer son premier diqque sur un label qu’il vénère depuis longtemps, Warp (Aphex Twin, Boards of Canada, Autechre, etc).  Et je dois dire q...

Beak> (+ Litronix) - L'Elysée Montmartre - Paris, le 13 novembre 2024

  9 ans déjà. 9 ans depuis que nous avons côtoyé l'horreur. Si proche, cette fois. Le choc fut donc plus rude. Ce vendredi 13 novembre 2015 a laissé des traces indélébiles pour tous les amateurs de musique live. Pourtant, à la même date, cette année, le nombre de bons concerts à Paris était pléthorique, pour ne pas dire démentiel. Imaginez vous : il y avait le choix entre les irlandais de Fontaines DC, chouchous de la scène rock actuelle au Zénith, les revenants de Mercury Rev à la Maroquinerie, François and the Atlas Mountains, pour une relecture live de leur disque de 2014, " Piano Ombre " à la Philharmonie de Paris, les nouveaux venus de Tapir! Au Pop Up du Label, la troupe suisse de l'Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp à la Marbrerie et enfin Beak>, le groupe de Geoff Barrow, ancien batteur de Portishead. Et encore, je n'ai cité que les concerts intéressants que j'avais repéré. Je suis sûr qu'il y en avait d'autres... Mais pourquoi une telle...