Accéder au contenu principal

Top albums 2017

Vous l'attendiez tous - si, si, ne dites pas le contraire - mon top albums 2017 ! Ce ne fut une fois de plus pas chose aisée, même aux toutes premières places, car aucun disque ne se dégageait facilement du lot. Pas de grande révélation pour moi cette année, on retrouve donc dans ce classement, des habitués. La principale déception, même si toute relative car l'album est quand même très bon, reste le retour de LCD Soundsystem. Le groupe devait normalement écraser la concurrence, il n'en fut rien. Leur musique est devenue plus réfléchie et moins dansante. Moins marquante donc pour moi. Sinon, dans ceux qui sont restés à la porte de ce top 10 et qui n'ont pas démérité, il y a Babx, Destroyer, Alex Cameron, Xiu Xiu ou Feist. Mais trève de discours, voici donc, en toute subjectivité, mes 10 disques préférés de l'année écoulée.


10. Snapped Ankles - Come Play The Trees
Les anglais de Snapped Ankles pratiquent une sorte de musique hybride, mélange de post-punk, d'électro et de krautrock. Le disque, à l'image de ceux de Animal Collective, peut sembler de prime abord assez indigeste : trop de sons et une énergie débridée sans véritable pause. "Come Play The Trees" n'en reste pas moins un des disques les plus euphorisants de l'année.




9. John Maus - Screen Memories
Le gars aime toujours autant bidouiller des sons synthétiques sur ses machines, créant des sortes de mini messes noires et symphoniques. Les textes pourraient paraître simplistes, le gars n'en est pas moins diplômé de philosophie à ses heures perdues, avec des idées assez proches d'un Alain Badiou - c'est-à-dire très à gauche. Ses concerts sont de drôles d'expérience où le chanteur se donne comme personne, se frappant la tête dans les mains sur de la musique pré-enregistrée. Ariel Pink serait la version joyeuse et John Maus la version sombre d'une seule et même idée de la pop musique. Indispensable.


8. Baxter Dury - Prince of Tears 
Revoilà Baxter, fils de, et petit prince d'une pop douce-amère aux intonations cockney. Dès les premières notes de "Miami", on reconnait son style si caractéristique, son côté dandy cynique et passablement misanthrope. Dury est adepte de l'humour British : cacher sous une apparente nonchalance (et sans doute quelques verres d'alcool) une profonde mélancolie. Ce disque n'a finalement qu'un seul défaut, celui d'être trop court.



7. Temples - Volcano
Ça semble parfois facile, un peu putassier mais il faut avoir un sacré talent pour tenir ainsi la distance sans faiblir, tant au niveau des arrangements que des mélodies. Les Temples, c'est un peu ce groupe pop capable de faire partout l'unanimité. De la pop dans son sens le plus noble en quelque sorte : "Mystery of pop". Mystère d'un groupe aux influences variées et savamment assimilées, capable d'évincer tous les profiteurs, tous ces marchands du temple de la pop. Eux ne sont assurément pas là pour l'argent mais pour la postérité. Allez donc prêcher la bonne nouvelle.


6. Chad VanGaalen - Light Information 
Dès le premier titre, "Mind Hijacker's Curse", difficile de résister. Il y a déjà tout : une mélodie qui file tout droit, comme une évidence et vous laisse scotché. Elle n'est pas facile pourtant, il n'y a pas de simples couplets, ponts, refrains, non c'est une chanson plus tordue qu'il n'y paraît, mais qui, mine de rien, vous amène où elle veut jusqu'à vous faire succomber, un peu malgré vous. Un type capable d'un tel exploit a forcément un potentiel supérieur à la moyenne. Et là, on se dit que le gars ne réussira pas à rééditer de sitôt la performance. Mais on se rend rapidement compte que le dénommé Chad n'en a cure, il part tout de suite ailleurs. Il fait ce qu'il veut, ce qu'il aime, trace sa route, et nous embarque avec, parce que même quand la mélodie se fait moins facile, plus insidieuse, c'est fait avec un tel naturel qu'on a confiance. Forcément. L'album passe ainsi, d'une trombe.  



5. Timber Timbre - Sincerely, Future Pollution
Ce nouvel album étonne d'abord par ces arrangements synthétiques inhabituels puis subjugue une fois de plus car Timber Timbre a beau changer sensiblement de forme, quand on possède une telle classe, peu importe le flacon, l'ivresse surgit toujours à un moment ou un autre comme sur le sublime "Western Questions". Les canadiens se paient même le luxe de finir par le kitsch assumé de "Floating Cathedral"- titre qui porte au passage admirablement bien son nom et résume ce que représente la musique du groupe - comme si au fond, ils savaient qu'ils pouvaient tout se permettre.


4. The New Year - Snow 
Les mélodies qui, de prime abord, pourraient paraître ennuyeuses - on ne se refait pas, la modestie des effets demeurent -, gagnent en accroche au fil des écoutes. Elles finissent par nous envelopper, comme sur "The Beast", au lent final hypnotique et magnifique. Toujours pareil. Jamais pareil. Voilà le credo des frères Kadane. "Snow" n'est sans doute pas un disque à la mode. Tant mieux, il nous suivra plus longtemps.


3. Grizzly Bear - Painted Ruins
Grizzly Bear est un des groupes de rock indépendant les plus passionnants de l'époque. Leurs chansons ne se laissent pas facilement apprivoiser. Elles se méritent, tourbillon d'arrangements subtiles, de voix aériennes et de mélodies légères. Leur musique est trop cérébrale, diront certains. Sans doute. Il y a un effort à faire. Mais une fois habitué, ces mélodies paraissent évidentes. On pense à l'effet que nous avait fait les chansons de Radiohead au tournant du millénaire.


2. Albin de la Simone - L'un de nous
Ils sont peu nombreux, les chanteurs qui bonifient ainsi avec l'âge. La musique de Albin de la Simone gagne invariablement en subtilité et en délicatesse au fil des disques. "L'un de nous" est son meilleur, le plus précieux. L'homme semble à l'image de sa musique : modeste et classe. Accessible mais intimidant. Comme l'ami qu'on aimerait tous avoir, un modèle à suivre. Si c'était "l'un de nous", ça serait lui, forcément.




1. Ariel Pink - Dedicated to Bobby Jameson 
Ariel Pink montre une fois de plus son indéniable talent pour composer de petites vignettes pop lo-fi doucement décalées. Ce nouvel album enfile les perles mélodiques, notamment la belle triplette composée du titre éponyme, "Time to live" et "Another weekend", comme un brillant résumé de son savoir-faire. Il n'y a pour une fois pas de titres en retrait, de légères fautes de parcours, ce qui était souvent le défaut de ses précédents disques.

Commentaires

  1. Super pour Pink, Timber Timbre, Dury, Maus et Grizzly Bear qui font partie de mon panthéon personnel également.
    Faut que je me remette complètement le Temples en tête, je l'avais aimé mais pas autant que ça, à retenter à froid.
    J'avais déjà noté la plupart de tes autres noms suite à tes chroniques, j'écouterai ça !
    Merci pour ton boulot de cette année et bravo, et mention spéciale pour l'esprit de synthèse admirable, 10 disques c'est si peu, les dernières places ont du être un déchirement. Beau top que j'attendais en effet comme chaque année avec impatience ;)
    Bonnes fêtes à toi, et bonne fin d'année !

    Alex

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, 10 disques pour 2017, c'est peu. Mais quand on remet en perspective, est-ce que dans 10 ans, on aura forcément envie d'écouter régulièrement plus que 10 disques de cette année-là ? Pas sûr. Sinon, je reconnais que le Temples est le disque le plus facile de ce top, il n'en reste pas moins particulièrement efficace. Merci de ta fidélité ici et bonnes fêtes à toi aussi.
      A+

      Supprimer
    2. D'accord avec toi sur le nombre, on verra le temps nous le dira ! Ceci dit y'a largement plus de 10 disques de -au hasard- 1968 ou 1980 que je réécoute souvent, tout espoir n'est pas perdu sur une année grand cru (mais là encore tu as raison ça on ne le saura que dans 10 ans).
      D'accord aussi que le Temples est un très bon disque, facile ou pas peu importe il est très réussi. j'ai un peu moins accroché, subjectivement, qu'au précédent mais ça n'enlève rien au talent et à l'envie du groupe.
      À+

      Supprimer
  2. Merci pour ce top annuel toujours très intéressant. J'ai beaucoup aimé le lien que tu as fait entre Ariel Pink et John Maus, dont les albums sont par ailleurs tous deux magnifiques ! Quelques belels découvertes à creuser dans ton top, Snapped Ankles notamment. Un peu moins accroché à ce Tempels par contre. Le Timber Timbre, même si m'a été moins marquant que leur anthologique Hot Dreams, me tient particulièrement à coeur, puisque nous les avons vu cette année sur scène avec Alexandre et ils sont bluffants !

    Bonens fêtes de fins d'année !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Décidément, le Temples ne fait pas l'unanimité semble-t-il... Mais ça ne m'étonne pas, il est sans doute trop évident/trop facile pour des fans de rock indépendant. Pour moi, ça reste un alignement de tubes pop, très bien fichus. Bonnes fêtes de fin d'année à toi aussi.

      Supprimer
  3. Ce que j’aime dans ces tops, forcément c’est d’en tirer un fil pour aller chercher « l’inconnu ». Donc Pink en premier ? Pourquoi je n’ai pas insisté alors que « pom pom » m’avait bien plu ? tu me pousses à interrompre ce que j’écoute pour tenter au moins de comprendre. Pas question de ne pas suivre un numéro UN.
    Ce qui m’a fait plaisir c’est le Albin en 2, et quand je vois la place de Timber, de Baxter, ça y est je décide de faire le plein de ceux que je ne connais pas.
    Conclusion additionnel : Un PINK juste avant 2018 et peut-être TEMPLE…

    RépondreSupprimer
  4. Merci pour Albin de la Simone, qui me donne envie de réécouter "Le LA" de Julien Baer.

    RépondreSupprimer

Publier un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Lucie

L'autre jour, en lisant l'article intitulé « ça rime à quoi de bloguer ? » sur le très bon blog « Words And Sounds » - que vous devez déjà connaître, mais que je vous recommande au cas où cela ne serait pas le cas - je me disais, mais oui, cette fille a raison : « ça rime à quoi la musique à papa? ». Enfin, non, sa réflexion est plutôt typiquement féminine : trouvons un sens derrière chaque chose ! Nous, les hommes, sommes plus instinctifs, moins réfléchis. C'est sans doute pour ça que dans le landernau (je ne sais pas pourquoi, j'aime bien cette expression, sans doute parce que ça fait breton :-) des « indierockblogueurs », il y a surtout des mecs. Un mec est par contre bizarrement plus maniaque de classements en tout genre, surtout de classements complètement inutiles dans la vie de tous les jours. Pour ceux qui ne me croient pas, relisez donc Nick Hornby. Et je dois dire que je n'échappe pas à la règle, même si j'essaie de me soigner. J'ai, par exemple,

Top albums 2020

Nous y voici, le dernier post de l'année pour clôturer un millésime qui restera forcément dans les mémoires. Pas pour des raisons très réjouissantes, car l'actualité ne m'a jamais semblé aussi déprimante qu'en 2020. Pourtant, les disques ici ne sont pas tous pleurnichards, loin s'en faut. Au contraire, même, ils essaient de maintenir l'espoir en des jours meilleurs, par leur fantaisie, leur enthousiasme à toute épreuve. Dan Deacon, l'éternel adolescent, en est l'emblème. " Mystic Familiar " est son meilleur disque, le plus accessible, le plus mélodique. Avec celui des Australiens de The Avalanches, ils auront admirablement encadré l'année 2020 pour lui apporter un peu de cette fraîcheur plus indispensable que jamais. Et malgré tout, joyeuses fêtes de fin d'année à toutes et tous et à l'année prochaine ! 10- The Jacques - The Four Five Three ( Modern Sky UK ) Le résultat, ce sont des titres très pop, à l'image de " Do M

Top albums 1966

Je vous avais promis le retour à plus d'activités malgré le ou la covid-19 (bizarre, cette volonté de féminiser un mot une fois que celui-ci a perdu toute attractivité), malgré les grandes vacances. Voici donc le grand retour de mes tops annuels, à l'arrêt depuis de nombreux mois (années) et bloqués sur le fabuleux millésime 1967, un des meilleurs qui soit. 1966, ce n'était pas la même histoire, même si Barbara Carlotti en a fait un beau spectacle intitulé " 1966 révolution pop " et Judas Warsky une excellente playlist . A un an près, la musique semble avoir bizarrement moins bien vieillie : pas de Velvet, " Forever Changes " ou Doors, à l'horizon. Heureusement, il reste quelques monuments pop comme le " Revolver " des Fab Four sévèrement concurrencé et même dépassé pour l'unique fois par la grande œuvre de Brian Wilson, le mirifique " Pet Sounds " unanimement salué comme un classique indémodable.  10- Frank Zappa &