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Top albums 2018


10. Montero - Performer
Chez Montero, la musique est avant tout un hobby. Le monsieur est d'abord dessinateur. Du coup, il publie un disque que lorsqu'il en a envie et que le résultat lui convient. "Performer" est donc un album d'amateur, sans prétention, dans l'esprit d'un Ariel Pink. C'est souvent ce genre d'attitude qui est à l'origine des plus belles œuvres. 

9. The Good, the Bad and the Queen - Merrie Land
Depuis plusieurs années, il est difficile de suivre Damon Albarn dans toutes ses pérégrinations, alternant le très bon et le moins. Si les derniers Gorillaz ne m'ont pas tellement convaincu, le retour de son super groupe, The Good, The Bad and The Queen est une belle réussite. Il y revient à ses premiers amours de la pop anglaise, comme à l'époque bénie de "Parklife", y ajoutant une maturité et une vision plus désabusée de la société britannique. Le Brexit est passé par là et s'il est à l'origine d'aussi beaux disques, nous n'aurons pas tout perdu.


8. Arctic Monkeys - Tranquility Base Hotel + Casino

Depuis de nombreux albums, je trouvais la musique des Arctic Monkeys bourrine et sans finesse, mais ce nouveau disque constitue une salvatrice remise en question. Alex Turner y joue au crooner subtil et classe. Du très Libertines premier album sorti en 2006 à ce très Bowie nouveau disque, les Arctic Monkeys démontre une palette impressionnante où la maîtrise reste une constante. 


7. Calvin Johnson - A Wonderful Beast 

Tous les ans, je découvre un artiste jusque là injustement ignoré. Cette année, ce fut donc Calvin Johnson, ex leader de Beat Happening, formation iconoclaste des années 80, à contre courant du style flamboyant de l'époque et précurseur du rock indépendant de la décennie suivante. Johnson revient avec un album solo, façon crooner sur le retour, tranchant et non dénué d'humour. Un album qui fait mouche et plus fin qu'il n'y paraît. 

6. Ty Segall - Freedom's Goblin 
Ty Segall est un génie du rock. "Freedom's Goblin" est son meilleur album à ce jour, le plus varié, le plus barré, capable d'en découdre avec plus de cinquante ans d'histoire du genre, tantôt Black Sabbath, tantôt George Harrison, tantôt Neil Young, tantôt Nirvana. Il parvient même à créer son propre style sur quelques titres ravageurs ("The Main Pretender" et son saxo qui déboîte, "Despoiler of a Cadaver" et sa rythmique discoïde assez irrésistible) dont lui seul a le secret. Le rock n'est pas mort et a encore quelque chose à dire. Il est un des rares à le prouver. 

5. Chevalrex - Anti Slogan 
Rémi Poncet pourrait bien être le nouveau chef de file d'une pop française supérieure, à la tête de son label Objet Disque. Il a convoqué pour son dernier disque, quelques amis, eux aussi fortement recommandables et derrière beaucoup d'albums essentiels de la chanson d'ici, comme Olivier Marguerit ou Mocke Dépret. "Anti Slogan", s'il s'essouffle un peu sur la fin, aligne une impressionnante collection de titres imparables aux mélodies et arrangements divins.




4. Josh T. Pearson - The Straight Hits ! 
C'est quand la plupart de ses fans de la première heure ont été déçus par son nouveau disque et sa nouvelle direction musicale un peu plus fun que j'ai au contraire été emballé. Josh T. Pearson va mieux que lors de son premier album solo, écrit suite à une rupture amoureuse. Il arbore même un look improbable avec sa coupe mulet rasée sur les côtés. "The Straight Hits!", loin d'être une compilation de hits mainstream, constitue un étonnant melting pot musical, charriant toutes les (très bonnes) influences du monsieur, de My Bloody Valentine à Jeff Buckley, en passant par les Beach Boys et la country. 

3. Parquet Courts - Wide Awake! 
Jusqu'à ce "Wide Awake!", la musique de Parquet Courts ne me touchait que par intermittence. Je ne comprenais pas pourquoi certains les comparaient à la crème du rock indépendant américain, des Pixies à Pavement en passant par les Feelies. Mais "Wide Awake!" a balayé toutes mes anciennes certitudes, il n'y a pas un seul titre faible ici. Ces types-là sont effectivement doués et revisitent à leur manière 50 ans de rock. Des américains qui vénèrent le "Total Football" de Cruyff ne peuvent de toute façon pas être foncièrement mauvais. 

2. Spiritualized - And Nothing Hurt 
On a beau attendre 6 ans entre 2 disques, Jason Pierce fait toujours la même musique et c'est très bien ainsi. Il n'y a pas de mauvais disques de Spiritualized. Au fil des ans, le style s'est tout de même quelque peu adouci. "And Nothing Hurt" est sans doute la grande œuvre pop du groupe, clôturant parfaitement plus de 30 ans de carrière. Car après ça, Pierce nous refait le coup du dernier album. Si cette fois-ci, c'est définitif, il ne reste plus qu'une chose à dire : merci pour toute cette belle musique. 

1. Jonathan Bree - Sleepwalking
Voici un disque intrigant, de la pop qui ne se dévoile pas aisément, à l'image des masques portés par le chanteur et son groupe. Jonathan Bree, responsable du label Lil Chief Records depuis de nombreuses années, œuvre en marge, en Nouvelle-Zélande, à l'écart des circuits officiels. Il délivre une musique accessible et délicate où chaque chanson a été confectionnée avec beaucoup de minutie et de soin. Il en ressort une musique semblant tout droit sorti d'un rêve. Un concert de Jonathan Bree procure le même effet, une impression d'irréalité, pas désagréable quand on n'a plus envie de voir la (triste) réalité en face. 

Commentaires

  1. Un top impeccable, qui reflète bien tout ce que tu mets en valeur sur ce blog, bravo et merci :)
    Bonnes fêtes !

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    Réponses
    1. Merci Alexandre, bonnes fêtes de fin d'année à toi aussi !
      Merci aussi pour ta fidélité ici :-)

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Lucie

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