Accéder au contenu principal

Harp - Albion

Voilà un disque que beaucoup vont oublier dans leurs bilans de l'année 2023. Parce qu'il arrive trop tard. Vous vous rendez compte, une sortie le 1er décembre ! Il n'y a plus de culture qui tienne en décembre. On pense déjà à autre chose : aux fêtes de fin d'année, au millésime suivant. Et puis, ça prend du temps de faire son bilan annuel, ça se prépare. Pourtant, ce disque, ça fait longtemps qu'on l'attend. On n'y croirait même plus. Depuis "The Courage of Others" de Midlake paru en 2010. Tim Smith avait quitté le navire de son précédent groupe après cet album, mais surtout du miraculeux "The Trials of Van Occupanther" sorti en 2006 dont on se rappelle le mieux, ce dernier figurant en très bonne place des meilleurs disques de folk de ces vingt dernières années. Smith revient donc aux affaires, cette fois uniquement accompagné de sa femme, Kathi Zung et c'est toujours aussi beau. Sa voix est toujours aussi caressante, ses mélodies aériennes. 
La nouveauté, c'est qu'on y entend des sons new wave. Et oui, le chanteur dit avoir beaucoup écouté le "Faith" de Cure qu'il considère comme son disque de référence. Etonnant, car on pensait l'univers de Midlake à mille lieux de celui de la bande à Robert. D'un coup, je sens certains lecteurs fans invétérés de la trilogie "Seventeen Seconds/Faith/Pornography" retrouver un gain d'intérêt dans ce premier album de Harp. Ils ont bien raison, car même s'il arrive tard dans l'année, cet excellent "Albion" pourrait remporter de larges suffrages.


Commentaires

  1. Encore une fois, l’analyse est fine et brillante !! Merci!

    RépondreSupprimer
  2. Très agréablement surpris par cet album clair, limpide, jolie, presque un peu trop. Sur certaines chansons, on entendrait presque la voie de T Yorke, et c'est pas pour me déplaire. Belle découverte, encore. Merci.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Lucie

L'autre jour, en lisant l'article intitulé « ça rime à quoi de bloguer ? » sur le très bon blog « Words And Sounds » - que vous devez déjà connaître, mais que je vous recommande au cas où cela ne serait pas le cas - je me disais, mais oui, cette fille a raison : « ça rime à quoi la musique à papa? ». Enfin, non, sa réflexion est plutôt typiquement féminine : trouvons un sens derrière chaque chose ! Nous, les hommes, sommes plus instinctifs, moins réfléchis. C'est sans doute pour ça que dans le landernau (je ne sais pas pourquoi, j'aime bien cette expression, sans doute parce que ça fait breton :-) des « indierockblogueurs », il y a surtout des mecs. Un mec est par contre bizarrement plus maniaque de classements en tout genre, surtout de classements complètement inutiles dans la vie de tous les jours. Pour ceux qui ne me croient pas, relisez donc Nick Hornby. Et je dois dire que je n'échappe pas à la règle, même si j'essaie de me soigner. J'ai, par exemple,

Beak - >>>>

A peine remis du magnifique concert de Beth Gibbons, que nous apprenions la sortie surprise d'un nouvel album de Beak, groupe de Geoff Barrow depuis 2009 et la fin (?) de Portishead. Beak a la bonne idée d'intituler ses disques d'un " > " supplémentaire à chaque fois - on en est au quatrième - , comme pour dire que la formation est en constante progression, ce qui est assez vrai, tellement cette nouvelle mouture impressionne d'emblée. Les deux premiers titres, " Strawberry Line " et " The Seal " fixent la barre très haut. La production est toujours impeccable, avec une rythmique bien mise en avant, rappelant bien sûr le krautrock dont on sait que Barrow est amateur depuis " Third " chef d'oeuvre indépassable de Portishead, ce chant distant et ces chansons qui progressent lentement, créant ce climat de tension constante, dans l'attente de ce qui va suivre. La suite, moins immédiatement renversante, plus lancinante, nous

Top albums 2023

2023, fin de la partie. Bonjour 2024 et bonne et heureuse année à toutes et tous ! Je termine cette fois-ci un premier janvier, sur le fil, histoire de bien clôturer l'affaire, sans anticipation. Avant de vous dire qu'il s'annonce plein de bonnes choses musicalement parlant pour la nouvelle année, voici un récapitulatif de l'an dernier en 10 albums. 10 disques choisis le plus subjectivement possible, parce que ce sont ceux qui m'ont le plus emballé, le plus suivi pendant douze mois et qui je pense, me suivront le plus longtemps encore à l'avenir. 10- Young Fathers - Heavy, Heavy Ces jeunes pères de famille inventent une pop futuriste à partir de mixtures de TV On The Radio, Animal Collective ou autre Massive Attack. C'est brillant, novateur, stimulant, mais cela a parfois le défaut de ses qualités : notre cerveau est régulièrement en surchauffe à l'écoute de ces morceaux bien trop denses pour le commun des mortels, incapable de retenir autant de sons, d&