Accéder au contenu principal

Memorials - Memorial Waterslides

 

Comment peut-on enchaîner Memorials après Philippe Katerine ? Comment enchaîner après Philippe Katerine tout court ? Memorials est un duo anglais formé par Verity Susman, ancienne chanteuse de Electrelane et Matthew Simms, guitariste tardif des mythiques Wire - il a rejoint le groupe en 2010 seulement. Bien sûr, on n'est pas ici dans la gaudriole. "Memorial Waterslides" est un disque qui gagne en puissance au fil des écoutes. Tour à tour mélodique, expérimental, doux, énergique, il nous emmène loin, pour un voyage régulièrement passionnant. Même si le chemin emprunté n'est pas de tout repos. Ce n'est pas le genre de la maison de choisir l'itinéraire le plus direct et le plus facile. Pas étonnant qu'on ait demandé à ces deux-là de composer pour des films. Cette musique vient forcément avec des images, des sensations, elle fait voyager intérieurement. "Lamplighter" est d'une efficacité redoutable, c'est le titre qui nous fait basculer vraiment. Après un tel morceau de bravoure, tout passe ou presque, même les passages les plus dissonants ("Memorial Waterslide II", "False Landing"). 
Au bout des dix titres denses, tortueux, difficile de revenir aux affaires courantes. Il faudra se repencher plusieurs fois sur l'ouvrage pour en apprécier toutes ses nuances, mais cet album pourrait bien être de ceux qui comptent, qui restent. Portishead, Broadcast, Stereolab et bien sûr Electrelane, pour ne citer que les influences les plus évidentes. "The Politics of whatever" vient clôturer de manière épurée et légère ce disque monde. 2024 est décidément une bien belle année musicale.


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

"Starman : Quand Ziggy éclipsa Bowie" & "Nick Cave : Mercy on Me" de Reinhard Kleist

Deux chroniques pour le prix d'une ! Et des chroniques de bandes dessinées, une fois n'est pas coutume. Mais des bandes dessinées sur la musique et le rock en particulier. Noël est passé, mais il n'est jamais trop tard ou se faire plaisir ou offrir. Voici en tout cas deux bouquins que je recommande fortement pour qui aime l'univers et la musique de ces deux grands artistes : David Bowie et Nick Cave. Mais qui ne les aiment pas ? Reinhard Kleist, l'auteur de ces deux livres, est un dessinateur allemand qui, après avoir déjà réalisé une biographie de Johnny Cash enchaîne donc avec les deux chanteurs susnommés. Il n'a pas réalisé que ce type d'oeuvre, mais c'est quand même ce qui est en train de faire son succès. Il faut dire, comme je l'ai dit précédemment qu'elles sont particulièrement réussies. Si Bowie - paix à son âme - n'est plus en état de valider ou non cette énième biographie, Cave a déjà dit tout le bien qu'il pensait de la sienne ...

Michel Houellebecq & Frédéric Lo - Souvenez-vous de l'homme

On ne présente plus le premier, l’un des écrivains français les plus traduits au monde, controversé, aimant la provocation, jusqu’à flirter avec l’extrême droite ou tourner dans un porno amateur. On l’avait déjà retrouvé sur disque lors d’une collaboration avec Bertrand Burgalat pour le brillant et culte " Présence humaine " en 2000. Ses textes poétiques se marient bien avec la musique, ils ont leur mélodie, même s’ils sont juste déclamés. On connait un peu moins le second. Pourtant, c’est lui qui fut à l’origine du renouveau artistique de deux chanteurs attachants et en perte de vitesse, au bout du rouleau : d’une part, Daniel Darc, l’ex Taxi Girl avec le bien nommé " Crève coeur " en 2004, grand disque de chanson d’ici, et d’autre part, Pete Doherty, l’ex Libertines qui peinait à se renouveler avec un album élégant, à la classe délicieusement désuète. Les deux se seraient mis d’accord à l’écoute du " Psaume 23 " repris par Darc sur l’album susnommé. Houe...