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Affichage des articles du 2025

Compilation 2025

Déjà la fin de l’année 2025. L’occasion de la célébrer avec mes chansons préférées de ces douze derniers mois etl'habituelle pochette réalisée par ma fille. Je vous laisse avec la playlist qui va avec (j'ai juste dû changer le morceau de Barbara Carlotti. Je ne sais pas pour quelles raisons, il m'est impossible de rajouter le titre " Fantôme Atomique ". Mais " A La Foule " est très bien aussi). Bonne écoute et bonne fin d’année à toutes et tous.

Top concerts 2025

Nous y voilà, à entamer mon bilan de 2025, à commencer par les concerts. J’ai un peu hésité car ils furent au final peu nombreux, surtout si on exclut les festivals de la Route du Rock et de We Love Green . Je retiendrais surtout un nouveau concert mémorable des Flaming Lips, le retour plus nuancé des idoles de Pulp ou la confirmation scénique de Big Special. Pour 2026, je n’ai pas encore beaucoup de certitudes sur les agendas à l’heure où les principaux festivals de l’été annoncent déjà leurs têtes d’affiche, histoire que les billets puissent être glissés sous le sapin. We Love Green est tentant surtout pour Gorillaz mais le système de plus en plus répandu des prix qui augmentent en fonction des places vendues me rebute. Crache, crache. Un festival qui même racheté par Pigasse, ennemi revendiqué de Macron fleure bon le pognon, à l’encontre du message de déconsommation prôné, seule vraie réponse aux problèmes écologiques.  5- Les Innocents - Paris, Studio de l'Ermitage, le 9 décemb...

Les Innocents - Studio de l'Ermitage, Paris le 9 décembre 2025

  On s’attendait naïvement à une relecture intégrale et dans l’ordre de leur album " Post-Partum ", souvent considéré comme leur grande oeuvre. On avait révisé, enfin surtout moi qui connait mieux le précédent, " Fous à lier ", celui qui m’a fait aimer ce groupe, au-delà de ses tubes trop entendus. (" L’Autre Finistère " ou " Un homme extraordinaire "). C’est d’ailleurs un des rares disques que j’écoutais à quinze ans et que j’écoute encore maintenant. J’étais dans ma période Queen, Dire Straits ou Genesis. "Post Partum" était déjà sorti trop tard, en 1995, alors que je m’étais mis à écouter Bernard Lenoir. J’avais trop de retard à rattraper, même si je pouvais retrouver plus tard Les Innocents sur les compilations du magazine des Inrocks, me confortant dans le fait qu’il y avait aussi une logique dans mon parcours musical. Le groupe maintenant duo depuis la reformation surprise il y a une dizaine d’années, a depuis plusieurs mois poser...

Sharp Pins - Balloon, Balloon, Balloon

Il s'appelle Kai Slater, a tout juste vingt ans et vient de publier son deuxième album cette année. J'ai déjà parlé ici de son excellent groupe Lifeguard fortement inspiré par Sonic Youth dont le batteur est acessoirement le frère de la bassiste des moins excellentes Horsegirl. Sharp Pins qui est plutôt un projet solo fait penser à Guided By Voices, voire davantage à des influences nettement plus anciennes, comme The Byrds, toute cette pop psychédélique californienne des années 60, aux guitares carillonnantes et aux choeurs harmonieux. " Balloon, Balloon, Balloon " est déjà le troisième disque de Sharp Pins, en trois années d'existence et force est d'avouer que c'est de mieux en mieux. Dire que Kai Slater a du talent est un doux euphémisme. Cet album est un petit bijou mélodique, un doux enchaînement de mini symphonies pop aux parfums surrannés. Les titres ne dépassent quasi jamais trois minutes, comme au bon vieux temps. Ils vont droit au but, se termina...

Michel Cloup - Catharsis en pièces détachées

  Dis donc, ça faisait longtemps que je n’avais écouté vraiment un disque de Michel Cloup. Depuis " Notre silence ", son premier album solo paru en 2011, une éternité. Surtout en regard du paysage politique qui s’est largement obscurci depuis. Alors, forcément, ça donne envie de réentendre où en sont les idéaux de jeunesse de l’ex-Diabologum. Michel Cloup, en comparaison de son ex-acolyte Arnaud Michniak répresentait la version plus rock et moins radicale de l’ancienne formation toulousaine. Quand Diabologum était la version plus abrupte et directe d’un rock francais émminement politique, en comparaison d’un Noir Désir. Puis, l’affaire Cantat-Trintignant a fait voler en éclats les rares modèles d’intégrité qui nous restaient encore. Fauve est venu quelques temps rajeunir le message de Cloup/Michniak en y ajoutant un discours plus personnel à l’heure du développement des réseaux sociaux et de la mise en avant de l’intime. " Catharsis en pièces détachées " porte admir...

Sorry - Cosplay

En 2020, au moment de la sortie de leur premier album intitulé " 925 ", Sorry était annoncé comme "the next big thing" par une partie de la presse anglaise specialisée. Depuis, force est d’avouer que le soufflé est un peu retombé, le groupe faisant dernièrement encore la première partie de Fontaines DC, formation apparue un peu avant et qui elle, a pris une dimension toute autre. Les Londoniens de Sorry sont de retour en 2025, avec " Cosplay ", un troisième album dans la continuité des deux premiers, mélangeant habilement les références et toujours impeccablement produit. Il contient encore quelques titres imparables comme " Echoes ", " Today Might Be The Hit " ou " Jive ", même si tous les morceaux, à leur manière, visent la même efficacité et y parviennent assez bien.  On pense parfois à Porridge Radio, souvent à Blonde Redhead. Mais avec ce côté négligé, plus fun - oh, le gros mot. Parfait pour attirer de jeunes afficionado...

Big Special (+ Gans) - Paris, La Boule Noire - 29 octobre 2025

Il nous fallait une telle soirée pour endurer les toujours pénibles retours de vacances. Big Special en concert, ça fait longtemps que j’en rêvais. Depuis la première fois où j’ai eu la chance d’entendre leur musique. Il y a chez eux une immédiateté assez rare. Big Special, ce sont les Sleaford Mods en plus mélodique, plus lyrique, mais avec malgré tout ce côté punk salvateur qui envoie balader son monde. En première partie et ce fut une surprise, nous eûmes droit à Gans, le duo de Birmingham déjà vus à la précédente Route du Rock . Ce groupe, c’est de l’énergie brute. Un concert pied au plancher comme on n’en fait plus. Tout plein de "motherfucker" et autres "fucking" machin chose. Je ne sais pas à quoi carburent ces deux là, mais c’est impressionnant. Tremplin impeccable pour les Big Special qui viennent d’ailleurs épauler dans tous les sens du terme leurs potes - le chanteur de Big Special prend sur ses épaules le batteur de Gans. Gans leur rendra la pareille, hi...

Andrea Laszlo De Simone - Una Lunghissima Ombra

Me voilà, à écouter de la musique italienne comme l’immense majorité de la critique musicale française, encensant comme les autres le nouvel album très attendu d’Andrea Laszlo de Simone. J’ai l’impression d’être parfois un imposteur à parler d’une musique dont je ne connais rien ou si peu. Comme si je donnais mon avis sur la musique classique, le jazz, le metal, le rap ou que sais-je. Ce sont des musiques que je n’écoute pas. Oui, vous avez pu le constater, je ne suis pas très éclectique. Mais d’un autre côté, il faut relativiser, pourquoi je serais plus crédible à parler de rock indépendant. L’écoute prononcée de disques dans ce genre ne fait pas de moi pour autant quelqu'un dont les choix feraient autorité en la matière. Dieu m’en garde. Alors, oui, je trouve le dernier album d’Andrea Laszlo de Simone magnifique. C’est une petite gourmandise pop, merveilleusement arrangée, entre symphonie de chambre et son en cinémascope. Et longue en bouche de surcroît avec ses 17 morceaux. Une ...

Heartworms - Glutton For Punishment

Mais comment j'ai pu attendre aussi longtemps pour parler de ce disque ? " Glutton For Punishment ", le premier disque de Josephine Orme alias Heartworms est sorti en février dernier et c'est une sacrée claque, avec un son gros comme ça. Mais alors, pourquoi une telle attente ? Je cherchais la petite bête, je voyais trop de références, l'évidente imagerie gothique très appuyée et ce buzz annoncé paru sur Speedy Wunderground, le label de Dan Carey, producteur en grande partie responsable du renouveau du post-punk britannique (Squid, Black Midi, Fontaines D.C., PVA, Wet Leg, etc). Ajouter à cela le fait que la chanteuse a des origines diverses et variées (afghanes, pakistaines, danoises et chinoises - rien que ça !), qu'elle a surtout une voix, un charisme et une présence scénique hors du commun. L'inspiration est à aller chercher chez les Cure, Siouxsie and The Banshees, Killing Joke ou Sisters of Mercy. Bref, Heartworms validait trop de critères pour être ...

"Freaks qui peut !" de Luke Haines

Qu’est-ce qu’un freak ? Vous êtes-vous déjà posé la question ? La réponse vous intéresse-t-elle ? C’est le thème du nouveau livre de Luke Haines, le chanteur de feu The Auteurs qui se définit lui-même comme un freak, un inadapté et plutôt fier de l’être. Le freak ne doit jamais rencontrer le succès véritable. Il doit rester aimé d’une minorité, généralement d’autres freaks. Ce livre décrit le parcours musical de Haines, de son enfance à aujourd'hui. Il y parle de ses coups de cœur, de ses convictions parfois légèrement changeantes au fil des années, bref de la construction de sa personnalité. Si certains pourraient lui reprocher un trop fort parti pris, triant de manière souvent péremptoire le bon grain de l’ivraie, c’est aussi ce qui fait l’attrait, l’intérêt de la démarche, cette subjectivité revendiquée. S’il y a l’évident chapitre sur les Beatles, tout anglais a forcément un rapport particulier avec les Fab Four, il y a surtout des pistes musicales à rebours du tout venant et d...

Bertrand Belin - Watt

Mine de rien, ça faisait un petit moment qu’on n’avait pas eu de nouvelles discographiques de Bertrand Belin, depuis " Tambour Vision ", paru il y a 3 ans et qui fut suivi d’une interminable tournée. Si le chanteur délaissait alors pour la première fois de manière aussi appuyée la guitare, son instrument de prédilection, il persiste et signe sur ce nouveau " Watt ". Encore une fois également, le premier single " L’inconnu en personne ", qui en est extrait, est une chanson directe, efficace, qui marque d’emblée, bien dans le style du bonhomme. Comme " Que dalle tout ", " Choses nouvelles ", " Je parle en fou ", " Le déluge " ou " Hypernuit " avant. Mais, depuis un sketch réalisé par l’humoriste Gérémy Crédeville , entendu sur France Inter, où ce dernier imitait habilement Belin - même si sur un rythme un poil trop rapide et des paroles trop explicites - il est difficile de ne pas entendre maintenant une cert...

Ariel Pink - With You Every Night

Ariel Pink est officiellement un artiste non recommandable. Depuis un triste 6 janvier 2021 où la démocratie américaine a été piétinée par plusieurs milliers de manifestants venus contester le résultat des élections présidentielles. En effet, pour eux, Donald Trump avait gagné. Ils ont dû patienter quatre ans d’un mandat démocrate sous pilote automatique pour avoir enfin gain de cause, de manière légale cette fois. Ariel Pink, lui, le freak, chantre de la pop lo-fi depuis de nombreuses années était de cette marche vers le Capitole avec son ami, le non moins barré John Maus. Ce fut une terrible révélation pour le petit milieu du rock indépendant, plutôt porté vers la gauche de l’échiquier politique. Comment Pink pouvait-il avoir des idées aussi nauséabondes et soutenir l’insoutenable ? Sa maison de disques décida rapidement de se débarrasser de l’encombrant chanteur. Depuis, ce dernier navigue encore plus à la marge, tout à coup ignoré de tous, "cancellé" comme on dit aujourd...

Cate Le Bon - Michelangelo Dying

Depuis le splendide " Reward " sorti en 2019, tout ce qu’elle touche se transforme en or ou à minima en métal précieux. Si ses albums se suivent et se ressemblent. Ce nouveau, " Michelangelo dying ", pourrait constituer le dernier d’un trio d’album parfait ou presque en tout point, à l’image de la trilogie berlinoise d’un certain David Bowie dont on entend l’évidente influence. Une fois de plus, des titres touchent directement, les singles, " Is it worth is ? (Happy birthday) ", " About time " , " Heaven is no feeling ". La production est toujours remarquable, ce qui lui vaut depuis quelques années d’être beaucoup demandé par ses pairs : Deerhunter, John Grant, H. Hawkline, Wilco, Devendra Banhart, Horsegirl et bientôt Dry Cleaning pour un prochain album à paraître début 2026. Le tableau de chasse commence à avoir de la gueule, d’autant qu’on ne peut pas dire que les collaborations en question se soient soldées par des échecs artistique...

Geese - Getting Killed

" Getting Killed ", voilà ce que procure ce troisième album des américains de Geese. Au sens figuré s'entend. Si la pertinence du groupe m'avait jusque là laissé plutôt perplexe : encore une énième formation qui s'essaie, plus ou moins habilement, au post-punk de ses ainés. Et puis, il y a eût en fin d'année dernière le premier album solo de leur leader, Cameron Winter, crooner bancal mais à la voix puissante, unaniment salué par la presse et par le milieu du rock dont le pourtant très difficile à satisfaire Nick Cave. Ce nouveau disque de Geese est un ovni musical. On sait dès la première écoute qu'il nous en faudra de nombreuses autres avant d'en faire le tour. Le style est assez indéfinissable, les chansons labyrinthiques, toutes différentes, avec de multiples changements de rythme et la voix de Winter plus émouvante que jamais.  Bref, " Getting Killed " est impressionnant et ça fait longtemps que je n'avais pas mis un telle chose entr...

The Divine Comedy - Rainy Sunday Afternoon

  Ce " Rainy Sunday Afternoon " est-il la réponse actuelle et plus réaliste quant à la météo habituelle au Royaume-Uni au " Sunny Afternoon " des Kinks, sorti il y a une éternité, pendant la période bénie des sixties ? Connaissant l'ironie et les références de Neil Hannon, ce n'est pas impossible. En tout cas, ce nouveau disque est marqué du sceau de la mélancolie. Il faut dire que la cinquantaine passée, la musique du petit irlandais n'a plus la légereté de ses débuts et c'est normal. C'est le moment où on commence généralement à se réinterroger sur la vie, le temps qui passe inlassablement, entre la disparition des parents (" The Last Time I Saw The Old Man "), le départ des enfants de la maison. On pense également à sa santé, le chanteur le dit même ouvertement dans une récente interview à Télérama : " Si le disque marche, je me referai les dents ". Et si je m'étais quelque peu désintéressé de la carrière de ce songwrit...

Baxter Dury - Allbarone

  Mais que cherche Baxter Dury avec ce nouveau disque, " Allbarone ", en référence à une chaîne de bars à cocktails anglaise  ? Dès l'excellent premier titre éponyme, nous voilà directement sur le dance floor. Le chanteur à l'accent cockney ne nous avait pas habitué à de telles rythmiques si immédiates, même si on l'a déjà retrouvé sur un titre de Fred Again il y a quelques années. Cette fois-ci, la production est signée par Paul Epworth, rencontré au festival de Glastonbury en 2024. Le gars est connu pour avoir travaillé avec de nombreux artistes nettement plus mainstream que Dury : Adèle, Lana Del Rey, Florence and The Machine ou U2. La prochaine tournée va également passer par de plus grandes salles. A Paris, ça sera par exemple la salle Pleyel , le 4 décembre prochain. Deux ans auparavant, c'était la Cigale. Deux fois plus de capacité déjà presque remplie à l'heure où j'écris ces lignes. Baxter Dury deviendrait-il plus populaire ? Il faut dire que...

Water From Your Eyes - It's a Beautiful Place

Il m’a fallu attendre ce deuxième disque pour valider la pertinence de ce groupe originaire de Brooklyn, quartier bobo new-yorkais, parfois adepte de hypes démesurées. J'étais méfiant." It’s a beautiful place " a la pochette plus modeste et sobre et le son plus direct que son prédécesseur. " Life signs " et " Playing classics " sont de ces chansons qui percutent immédiatement, imposant un style libre aux influences diverses et variées. Pour la deuxième chanson susnommée, on pourrait les rapprocher d’un autre duo new-yorkais Fcukers, dont on attend encore le premier album.  Ce qui fait l’attrait de Water From Your Eyes, c’est ce mélange des genres, ces morceaux régulièrement surprenants et pourtant cohérents. Comme sur " Life signs ", où à de grosses guitares limite "metal" succèdent un couplet calme mi chanté mi parlé et un refrain à la mélodie doucement entêtante. Et tout le morceau est ainsi intelligemment construit sur l’enchaîne...

Big Special - National Average

  Le duo de Birmingham, Big Special, à ne pas confondre avec Sleaford Mods, celui plus célèbre de Nottingham, est déjà de retour un an après la claque que fut leur premier album " Post Industrial Hometown Blues ", en très bonne position dans le classement de mes disques préférés de 2024 . On retrouve leur style percutant, mélangeant rythmiques martiales, gouaille populaire alternant le "parlé-chanté" quand il s’agit de décrire le quotidien de manière décalée et un chant de crooner quand les sujets se veulent plus sérieux. D’ailleurs, la différence des pochettes entre les deux albums est révélatrice : sérieuse pour le premier montrant une envie d’en démordre,  drôle pour le second, histoire de signaler que finalement il vaut peut être mieux en rire. Bien sûr, l’effet de surprise n’y est plus. Il n’y a aussi pas de morceaux aussi mémorables que " Shithouse ", " This Here Ain’t Water " ou " Trees " et ça s’essouffle un peu sur la fin. Le g...

Pulp, Yard Act, Porridge Radio, Gans, Tropical Fuck Storm - La Route du Rock, Saint-Malo - le vendredi 15 août 2025

  Je m’étais promis de profiter de l’été pour écouter plus de musique et de rattraper mon retard de l’année écoulée. C’est une fois de plus raté. La période estivale n’est décidément pas propice aux bonnes résolutions mais plutôt à la procrastination.  Heureusement, il reste les festivals et notamment la Route du Rock, près de Saint-Malo qu’on avait délaissé depuis quelques années. En 2025, impossible pour nous d’y faire l’impasse avec le retour tant espéré de Pulp. Si les anglais ont fait la fête aux frères Gallagher, en France, nous n’avions que l’unique venue de Jarvis Cocker et de sa bande en Bretagne pour se rappeler au bon souvenir de la brit pop des années 90. Entre les deux, il n’y avait pour nous pas photo, Pulp gagnait haut la main le duel avec les célèbres mancuniens un peu bas du front. Tout a commencé avec un peu de retard pour cause de léger embouteillage à l’entrée sur le site du Fort Saint-Père. Tant pis pour Biche , le groupe du fils de Michel Fugain, pourtant...

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

Babx - Amour Colosse

Je ne sais pas pourquoi je n'en ai pas parlé plutôt de celui-là. Babx produit par JP Nataf, quand même ! C’était une évidence. Sans doute parce que, connaissant le coleader des Innocents, j’y attendais de la guitare et que force est de constater qu’elle ne s’entend que très peu. C’est le piano qui reste la pièce maîtresse en tant qu’instrument de prédilection de Babx. Mais au-delà des instruments et de l’indéniable qualité musicale de l’ensemble, c’est une nouvelle fois la poésie des textes, l’émotion qui se dégage de ces 9 nouvelles œuvres qui marque instantanément. Quand certains perdent toute subtilité et maniement de l’implicite quand il s’agit de leurs enfants, David Babin, c’est son vrai nom, au contraire, semble élargir son champ des possibles. Sa fille Alma - est-ce elle sur la pochette ? - y est présente en filigrane, venant apporter la respiration qui pouvait manquer parfois, par exemple, au pourtant magnifique " Ascensions ". Il faut dire que ce dernier avait é...

Panda Bear - Sinister Grift

Il m’en a fallu du temps pour vous parler du dernier album de Panda Bear. " Sinister Grift " est sorti fin février, en plein cœur de l’hiver. Et ce n’était évidemment pas la bonne période pour une musique aussi lumineuse. Je n’étais alors pas prêt à entendre un tel déluge de soleil. Noah Lennox, avec l’âge, semble purger davantage sa musique de tous effets inutiles, ne gardant que ceux pouvant donner encore plus de couleurs à ces mélodies déjà brillantes. Les chaleurs s’installant depuis plusieurs semaines, il était temps de sentir si ce disque pouvait avoir chez moi un autre résultat que quatre mois plutôt. Et ce dernier ne s’est pas fait attendre : " Sinister Grift " est bien sûr un grand disque, car il faut dire que Lennox est coutumier du genre. On retrouve quelques invités habitués : les amis de Animal Collective, Deakin à la coproduction, et les contributions de Geologist et Avey Tare. C’est Nadja, sa fille, que l’on entend chanter en portugais sur " Anyw...

BC Camplight - A Sober Conservation

BC Camplight, alias l’américain Brian Christinzio qui vit depuis plusieurs années en Angleterre, à Manchester, est devenu en quelques albums un des meilleurs songwriters pop de sa génération. On pourrait comparer sa musique à celle de Neil Hannon ou de Damon Gough. The Divine Comedy pour les années 90, Badly Drawn Boy pour les années 2000. BC Camplight pour la suite. Avec " A Sober Conversation ", Christinzio frappe juste une fois de plus avec ce qu’il faut de mélodies à tiroirs, qui vous filent subrepticement entre les doigts quand on pense être capable de les retenir. Cet album, comme son nom l’indique, marque une volonté vers plus de sobriété. Dans sa vie surtout, car la musique est toujours brillamment orchestrée, avec toujours ce penchant pour un kitsch assumé. Le chanteur a été abusé durant son enfance lors d’une colonie de vacances. Ce "Camplight" dans son pseudo est-elle en rapport avec cette terrible expérience ? S’en est suivie une thérapie par la musique ...

Little Simz - Lotus

Non, ce n’est pas pour faire jeune, d’ailleurs, je ne sais même pas si les jeunes écoutent Little Simz. Et je m’en fous, même si au fond de moi, j’aimerais bien. Ça voudrait dire qu’ à la fois la musique à papa n’est pas que synonyme de musique pour vieux darons et aussi que les jeunes ont plutôt bons goûts. Simbi Ajikawo, de son vrai nom, est en train de se bâtir une carrière exemplaire. " Lotus " est déjà son sixième album alors qu’elle n’a que 31 ans. J’avoue être plutôt allergique au rap mais il y a des exceptions et Little Simz en fait évidemment partie, sinon, je ne serai pas là à écrire sur son nouvel album, après avoir déjà parlé de l’excellent " Sometimes I Might Be Introvert ". Pourtant, cela s’annonçait mal. La rappeuse s’est brouillée avec Inflo pour une histoire de gros sous, son producteur depuis trois disques. L’homme est particulièrement influent et connu pour être un metteur en son très recherché. On le retrouve aussi derrière l’entité Sault . Mais ...