On ne change pas une équipe qui gagne. Les américains de Friko sont de retour avec un second disque qui est la copie conforme de leur premier, peut-être en plus direct encore. On pouvait leur reprocher leur musique adolescente, trop simple, jouant facilement sur l’alternance entre les passages calmes et nerveux. Mais les Chicagoans semblent n’en avoir cure, ils enfoncent le clou avec "Something Worth Waiting For", titre un peu pompeux et prétentieux au demeurant. Car il est évident que ceux-là ne révolutionneront rien. On n’en attendait donc pas grand chose. Leur musique n’est pas ambitieuse pour un sou. Elle est physique, mélodique, immédiate, faite pour l’instant présent, idéale pour les festivals. Friko sera d’ailleurs à la prochaine Route du Rock et j’hésite toujours à y prendre une place, les groupes que j’aimerais voir et y sont équitablement répartis entre les trois soirs au Fort Saint Père et prendre un pass pour la totalité du festival est trop pour moi, physiquement et financièrement parlant. Il y a d’ailleurs dans le lot une autre jeune formation originaire de Chicago, Horsegirl, qui a eu la bonne idée de faire appel à la brillante Cate Le Bon, elle aussi de la partie - décidément - pour produire son deuxième disque, les faisant basculer dans une musique plus adulte, mais avec une fantaisie et une grâce toute enfantine.
Friko temporise encore. Accepteront-ils de basculer dans l’inconnu ? Ils sont comme ces étudiants qui refusent de rentrer dans le monde du travail. Pas en variant les plaisirs, non juste en les prolongeant. C’est encore (très) bon pour cette fois-ci, mais la prochaine fois, il va falloir passer aux choses (trop) sérieuses. On ne peut pas vivre indéfiniment aux crochets des plus anciens : les Pixies ou Arcade Fire pour la dynamique, évidemment les Beatles pour la mélodie notamment sur "Seven Degrees". C’est un papa qui vous parle.


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