Accéder au contenu principal

Articles

Boogarins - Hard Club, Porto - 22 octobre 2018

Maman et moi étions en weekend prolongé à Porto du 20 au 23 octobre dernier. En plus de profiter des derniers rayons de soleil pour 2018, de la cuisine - morue bien sûr mais aussi francesinha, pasteis de nata, etc - et du vin local, nous nous sommes aussi décidés pour un concert. Au départ, nous ne connaissions pas Boogarins, groupe de rock psychédélique brésilien, mais après quelques écoutes sur Youtube, nous nous sommes laissé convaincre. La salle s'appelle Hard Club et se situe dans les halles d'un ancien marché. L'architecture rappelle assez celle des halles de la Villette, en plus petit. Comme son nom l'indique, les photos de groupe affichées dans le couloir séparant les 2 salles de concert montrent essentiellement des formations de heavy metal. Pourtant, la programmation est plus calme : Anna Calvi vient de s'y produire et on attend très prochainement Kurt Vile ou Unknown Mortal Orchestra. En résumé, rien de très violent pour les oreilles. On est dans les p...

Calvin Johnson - A Wonderful Beast

Voilà le retour plutôt inattendu d'un vieux briscard de la scène rock indépendante américaine. Calvin Johnson fut un des précurseurs du genre au début des années 80 avec son groupe Beat Happening et son label K Records. Kurt Cobain, lui-même, s'était fait tatouer un "K" en référence à son admiration pour la musique et le style de Johnson. " A Wonderful Beast ", l'album, a été produit par Patrick Carney, membre éminent de The Black Keys. On retrouve ainsi les mêmes guitares teigneuses, les mêmes percussions qui claquent et des synthés brinquebalants. Et la compagne de Carney, Michelle Branch, modeste pop star américaine, sur l'excellent " (I've still got) sand in my shoes ".Et bien sûr la voix de parfait crooner de Johnson au phrasé détaché à la Lou Reed, référence incontournable.  Les paroles particulièrement décalées peuvent rappeler celles de Half Japanese par exemple. C'est bien simple, plus on l'écoute, plus on a envi...

Dominique A - La Fragilité

Celui-là, j'avoue que je n'ai pas su tout de suite comment l'aborder. Ça ne me parlait pas. Ça ne me parlait plus. Triste de constater que la flamme avec un artiste autrefois adoré était en train de s'éteindre petit à petit, inexorablement. Comme si cela relevait de la fatalité. Que ni lui, ni moi, n'y pouvions plus rien. La distance était devenue inéluctable. Depuis " Eleor " et même un peu avant, le lien s'est quelque peu défait. Un nouveau disque de Dominique A n'était plus un événement. Puis, il m'a suffi de tomber sur une interview du chanteur pour ressentir quelque chose. Comprendre à nouveau. Comprendre où ça se jouait maintenant. Sur un autre terrain. Alors que beaucoup lui reprochent d'être au contraire plus lisible, à travers les paroles de ses nouvelles chansons plus directes, mais aussi à travers ses explications de textes comme dans son dernier livre " Ma vie en morceaux ". " La fragilité, ce terme n’est pas ...

Connan Mockasin - Jassbusters

Après un décevant et sirupeux " Caramel ", l'atypique Connan Mockasin est de retour avec un troisième album, " Jassbusters ". Le Néo-Zélandais redevient cet oiseau rare, proposant une musique que lui seul peut produire : une pop matinée de soul, envoûtante, aux arrangements simples et délicats, avec une voix incroyablement élastique - il semble y avoir plusieurs personnes en lui - qui rappelle tantôt celle de Dan Bejar, le chanteur de Destroyer, tantôt celle de Jeff Buckley (" Momo's "). Ce nouveau disque est un concept album basé sur un film réalisé par l'artiste lui-même. Il raconte l'histoire d'amour entre Bostyn, un professeur de musique, joué par Mockasin et de Dobsyn, un de ses étudiants, joué par un ami d'enfance. A la vue du premier clip " Con Conn Was Impatient " et des perruques improbables portées par les acteurs, on se demande si tout cela est bien sérieux. Si oui, le gars est toujours aussi allumé. Si ...

Thousand - Le Tunnel Végétal

Je sais, j'ai mis du temps à me décider pour ce disque sorti il y a déjà plusieurs mois. Il faut dire que je l'ai longtemps trouvé trop prétentieux. Les paroles surtout, tantôt drôles et décalées (" j'ai lu l'avenir du monde dans ton regard. je jure sur la tête de Robert Ménard "), tantôt volontairement crues (" il était pompier dans un boulard italien "), un brin provocatrices, ou aux références obscures pour beaucoup (" souviens-toi Michniak, tous les disques sont de la merde "), et cette façon nonchalante de chanter, l'air de ne pas y croire tout à fait. Mais de l'autre côté, il y a la musique, impeccable, qui a fini par faire pencher la balance. Il faut dire que Thousand, alias Stéphane Milochevitch est très bien entouré avec entre autres, Syd Matters au clavier ou O à la basse. On pense par moments à Bashung pour les textes imagés, mais en version pop, new wave.  Après plusieurs excellents disques de pop psychédélique c...

The Holydrug Couple - Hyper Super Mega

Ils sont deux, ils sont chiliens - et oui, qui aurait cru que je chroniquerai un jour un disque de pop chilienne - " Hyper Super Mega " est leur cinquième disque en une dizaine d'années de carrière. Pourquoi leur musique est-elle enfin parvenue à mes oreilles ? N'étais-je jusque là pas assez curieux pour oser aller écouter attentivement ce qui se pratiquait comme rock indépendant dans le continent sud-américain, mise à part quelques trucs brésiliens ? Ou était-ce simplement dû au fait que la promotion de leur pop psychédélique n'était pas assez forte ou ciblée ? Sans doute un peu des deux, car les deux compères n'ont rien changé, étant toujours pour moitié signés, comme ici, sur l'excellent label new-yorkais Sacred Bones (Crystal Stilts, Marissa Nadler ou The Soft Moon), moitié auto-produits sur leur propre label BYM Records (Follakzoid, autre groupe de rock chilien, un tant soit peu connu). Leur nouvel album mêle habilement titres chantés et quelq...

The Goon Sax - We're Not Talking

The Goon Sax, c'est une jeunesse - ils n'ont pas vingt ans - de plus en plus rare, une jeunesse qui aime encore l'indie rock, devenue au fil du temps un repère de trentenaires voire quadragénaires un peu aigris. Certains pour rester jeunes s'obligent à écouter de la musique de la génération suivante : le rap, le r'n'b, Pro Tools et les voix passées au vocoder, persuadés que l'époque a forcément raison. A l'inverse, il y a bien sûr ceux qui pensent, adeptes indécrottables du "c'était mieux avant", qu'elle a tort, en éternels nostalgiques de leur jeunesse. Et puis, il y a ceux qui s'en moquent - les plus nombreux ? - parce qu'ils ont juste envie d'écouter ce qui leur plaît et tant pis si ça sonne vieux ou jeune. The Goon Sax ont été biberonnés au rock indépendant australien, surtout aux Go-Betweens - un des membres est d'ailleurs le fils de Robert Forster - et au "Dunedin Sound" des voisins néo-zélandais et po...