27 décembre 2010

Mes indispensables : Morrissey - Vauxhall And I (1994)

Manchester encore et toujours avec ... Morrissey, l'unique. Et cette fois-ci, tout seul, sans ses Smiths. Avec ce disque en particulier, mais aussi quelques autres ("Viva Hate", "You're Arsenal" ou "Southpaw Grammar"), il nous avait montré, tout au moins au début de sa carrière solo, qu'il pouvait très bien faire aussi bien sans. La qualité d'écriture est en effet toujours là, plus lumineuse que jamais ("Now My Heart Is Full"); même si, le Moz reste cet éternel cynique ("A world war was announced days ago, but they didn't know, the lazy sunbathers..."), et misanthrope ("Don't feel so ashamed to have friends"). Sur le dernier titre, le formidable "Speedway", il nous offre même un poignant aveu de sincérité et d'intégrité ("In my own strange way, I've  always been true to you"). Car le monsieur, en privé, semble en accord total avec le personnage public. Vivant la plupart du temps, en reclus, chez lui, il ne sort, d'après la légende, que très peu dehors, pour s'enquérir du destin du monde extérieur. D'où, peut-être, ses quelques malheureuses déclarations récentes dans la presse, qui ont beaucoup fait parler outre-Manche, cette dernière n'ayant pas hésité à le taxer d'extrêmiste, voire de raciste. Le problème, c'est que Morrissey, n'aime personne, sans doute jusqu'à lui-même. Je me rappelle à ce sujet, d'un concert à l'Olympia, il y a quelques années, où le chanteur allait régulièrement jusqu'à se moquer de son propre public, de ses fans. Comme si, aller à l'affrontement, même avec ceux qui l'aiment, était pour lui, une manière comme une autre d'exister.
En tout cas, on peut aimer ou pas le personnage, difficile de nier pour les fans, que depuis quelques années, il n'est plus musicalement que l'ombre de lui-même, se transformant petit à petit en espèce de vieux crooner ringard sur le retour. Et si ses textes sont encore très incisifs, les musiciens qui l'entourent sont bien souvent juste d'aimables tâcherons de festival, en regard du Johnny Marr de la grande époque. Alors "The More You Ignore Me, The Closer I Get" ? Oui, sans doute, car moins on écoute ses derniers disques, plus on a envie, finalement, de revenir au meilleur de son inspiration, correspondant, en gros, à tout ce qu'il a fait jusqu'à ce magnifique et définitif "Vauxhall And I". Et s'il avait déjà tout dit à ce moment-là...

Clip de "The More You Ignore Me, The Close" I Get" :

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